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Air france -klm : Janaillac entre paix sociale et réformes urgentes chez AF-KLM

Janaillac entre paix sociale et réformes urgentes chez AF-KLMJanaillac entre paix sociale et réformes urgentes chez AF-KLM

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Dès son arrivée à la tête d'Air France-KLM ce lundi, Jean-Marc Janaillac va devoir éviter de nouvelles grèves chez Air France tout en continuant à réduire les coûts dans un contexte de baisse des recettes et de remontée des cours du pétrole, estiment des analystes et des observateurs.

L'ex-patron du spécialiste du transport multimodal Transdev fera ses premiers pas sous l'oeil attentif de l'Etat français, actionnaire à 17,6%, juste après la grève de quatre jours des pilotes en juin au tout début de l'Euro de football en France.

"Il est pris entre le marteau et l'enclume d'une pression des syndicats qui ne va sans doute pas se ralentir et la nécessité de faire progresser la productivité d'Air France", résume un analyste.

Avant même d'être nommé, le successeur d'Alexandre de Juniac a évité de justesse une deuxième grève de quatre jours des pilotes, en proposant à leurs syndicats une trêve jusqu'au 1er novembre en échange du gel des nouvelles mesures qui les avaient conduits à cesser le travail.

"Un bon accord avec les pilotes d'Air France, c'est un accord qui permet d'arriver à une situation où il n'y a plus de grèves mais où la compagnie poursuit les améliorations de productivité dont elle a désespérément besoin", estime Gerald Khoo, analyste chez Liberum.

Outre l'épée de Damoclès d'un conflit en suspens avec les pilotes, Jean-Marc Janaillac devra en outre désamorcer, dès son arrivée, le préavis de grève de sept jours reconductible lancé par les syndicats d'hôtesses et stewards SNPNC et Unsa du 27 juillet au 2 août, en plein chassé-croisé estival.

Le PDG d'Air France Frédéric Gagey et le directeur des ressources humaines, Gilles Gateau, ex-directeur de cabinet de Manuel Valls arrivé début janvier, ont proposé vendredi au SNPNC et à l'Unsa un nouvel accord collectif ne remettant pas fondamentalement en cause leurs conditions de travail.

Pour éviter de nouveaux conflits à moins d'un an de la présidentielle, Jean-Marc Janaillac va devoir appliquer chez Air France son "management interne très apprécié des personnels" de Transdev, comme l'a qualifié dans une déclaration transmise à Reuters Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse des dépôts, coactionnaire du groupe avec Veolia.

"Arbitrer la paix sociale dans une entreprise qui a une structure de coûts élevée (...) met en danger Air France à terme et un jour Air France aura un problème d'équation économique", observe un bon connaisseur du groupe.

Car le temps presse : le redressement financier d'Air France-KLM en 2015 est menacé par le remontée des cours du pétrole et la baisse de l'ordre de 5% des recettes unitaires d'Air France-KLM en mai, notamment en raison de la désaffection des passagers asiatiques à la suite des attentats de Paris.

Les cours du pétrole ont bondi de plus de 25% au deuxième trimestre, ce qui devrait alourdir la facture en kérosène du groupe.

Jean-Marc Janaillac ne tardera probablement pas à imprimer sa marque en remaniant le plan "Perform 2020", a estimé Christian Magne, administrateur salarié d'Air France-KLM.

"On va avoir (...) un plan dynamique qui va mettre l'entreprise dans une perspective de croissance, mais une croissance conditionnée à une performance économique qu'elle n'est pas encore capable d'atteindre", a-t-il dit, y voyant là une occasion de confronter les salariés aux nécessaires améliorations de sa compétitivité.

CROISSANCE DU SECTEUR AÉRIEN

Déjà concurrencée par les compagnies du Golfe sur le long-courrier et easyJet sur le court-courrier, Air France-KLM doit en outre faire face aux ambitions de Turkish Airlines et aux vols low-cost de Norwegian vers l'Atlantique nord, un marché très lucratif.

D'où l'importance de partenariats avec des compagnies asiatiques, chinoises notamment, qu'Alexandre de Juniac a tenté de conclure, estiment les analystes, qui soulignent que ce processus prend par nature du temps.

L'arrivée de Jean-Marc Janaillac coïncide également avec le Brexit, dont les conséquences sur le transport aérien en Europe restent encore incertaines.

Pour Michael Kuhn, analyste à la Société générale, d'éventuels déménagements d'entreprises de Londres à Paris ne devraient pas avoir un effet positif notable sur Air France.

"L'économie européenne dans son ensemble va traverser une période d'incertitude et il est trop tôt pour dire qui seront les gagnants et les perdants", ajoute-t-il.

Aucune compagnie ne va bénéficier du Brexit, tranche de son côté Gerald Khoo, chez Liberum, soulignant la forte hausse des risques pesant sur la croissance économique.

L'Association internationale du transport aérien (Iata) a prévu début juin que la croissance de 4,9% de la demande pour les compagnies européennes devrait être inférieure à la hausse de leurs capacités (+5,8%), soulignant la concurrence aiguë sur le Vieux continent.

Le groupe n'a pas souhaité faire de commentaire.

L'action a perdu 15,3% depuis le début de l'année, soit deux fois plus que l'indice SBF120.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2016 Thomson Reuters


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