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Marché : Zadig & voltaire n'est pas à vendre

Zadig & voltaire n'est pas à vendreZadig & voltaire n'est pas à vendre

par Pascale Denis et Astrid Wendlandt

PARIS (Reuters) - Zadig et Voltaire n'est pas à vendre. Assaillie de propositions de rachat émanant de fonds d'investissement, la marque de mode en pleine expansion n'entend pas se soumettre aux règles du LBO mais n'exclut pas une éventuelle introduction en Bourse.

Véritable "success story" des années 2000, la griffe connue pour ses pulls en cachemire arborant têtes de mort ou noms de chanteurs de rock, a été approchée à maintes reprises par des fonds, notamment Goldmans Sachs et Towerbrook Capital, il y a quatre ans.

"Ils m'ont fait des propositions très intéressantes, mais je n'étais pas vendeur et je ne le suis toujours pas", a déclaré Thierry Gillier, fondateur et propriétaire à 100% de la marque, à l'occasion du sommet du luxe et de la mode organisé par Reuters du 23 ou 25 mai.

La griffe continue de recevoir des propositions visant une opération de LBO (rachat avec effet de levier), a-t-il ajouté.

"Il faut du temps pour bâtir une maison solide, c'est ce que je fais", a observé Thierry Gillier, qui n'a cependant pas exclu une introduction en Bourse.

A la question de savoir s'il envisageait une telle opération, il a répondu : "Rien n'est exclu, tant que cela conforte une maison encore en construction".

Pour financer le développement accéléré de son réseau de magasins, Thierry Gillier assure disposer du cash flow nécessaire et ne pas être endetté.

À PROXIMITÉ DES GRIFFES DE LUXE

Créée il y a seulement une quinzaine d'années, Zadig & Voltaire a rapidement connu le succès, proposant une allure à la fois chic et rock qui associe pulls de cachemire frappés d'ailes cloutées dans le dos, t-shirt de soie, jeans et blousons de cuir.

Devenue la marque branchée des années 2000, ses couleurs sont elles aussi très reconnaissables. Le vert amande, le parme ou le beige éclairent les noirs et les gris toujours présents.

La fabrication est entièrement réalisée à l'étranger. Les cachemires viennent de Chine, la maille d'Italie et du Portugal, les jeans de Tunisie ou du Maroc, les cuirs d'Italie et de Chine, les vestes d'Europe de l'Est.

Zadig & Voltaire, qui dit vouloir offrir un luxe "accessible", construit aussi son image en choisissant d'ouvrir ses boutiques à côté des grandes griffes de luxe, comme à Paris rue François 1er, dans le triangle d'or du 8e arrondissement, ou dans des quartiers branchés comme le Meatpacking District de New York.

La société, qui compte aujourd'hui 120 boutiques dans le monde - ouvertes pour la plupart avec des partenaires locaux - et environ 50 "corners" dans les grands magasins, prévoit d'ouvrir pas moins d'une trentaine de magasins cette année, notamment à Rome, Pékin et Shanghai. Elle va aussi acheter des concessions dans les grands magasins américains Bloomingdales et Nordstrom.

DEVENIR UNE "MARQUE MONDIALE"

"Nous voulons très vite devenir une marque mondiale", a déclaré Thierry Gillier.

Le chiffre d'affaires devrait atteindre 180 à 190 millions d'euros en 2011, contre 145 millions en 2010, pour une marge opérationnelle d'environ 22%.

Arrière petit-fils d'André Gillier, co-fondateur de Lacoste, la célèbre griffe au crocodile, Thierry Gillier est issu d'une famille de fabricants de maille de Troyes. Après la faillite de l'usine textile familiale, le diplômé de la Parson School of design de New York crée sa griffe en 1995.

Plus rentables que le prêt-à-porter, les accessoires - sacs, chaussures, montres ou lunettes - devraient, à terme, atteindre 50% du chiffre d'affaires, contre seulement 15% aujourd'hui.

Rançon du succès, le style Zadig & Voltaire est massivement copié depuis plusieurs années. La société dont les dépenses publicitaires représentent 4% du chiffre d'affaires, a aussi fait des émules dans ses choix de support, comme ses campagnes d'affichage sur les bus de Londres ou les taxis jaunes new-yorkais.

La marque a aussi bénéficié d'un coup de publicité gratuit et involontaire de la part de Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au Commerce, qui a récemment déclaré que "Zadig & Voltaire" était son livre de chevet.

Edité par Matthieu Protard

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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