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Wall Street : Wall Street peine à évaluer le risque d'une correction

Wall Street : Wall Street peine à évaluer le risque d'une correctionWall Street : Wall Street peine à évaluer le risque d'une correction

par Luciana Lopez

NEW YORK (Reuters) - La semaine à venir permettra peut-être de savoir enfin si Wall Street prend le chemin d'une correction en bonne et due forme ou si, au contraire, ses pertes récentes n'étaient que passagères.

Il y a plus de trois ans que l'indice phare Standard & Poor's-500 n'a plus perdu 10% ou plus. Mais il a subi cinq séances de baisse consécutive entre le 8 et le 15 janvier, abandonnant au passage plus de 3%. Par rapport à son pic de clôture du 29 décembre, il accusait vendredi soir un repli de 3,4%.

Reste à savoir ce que signifie ce repli, qui a eu le mérite de ramener la valorisation du S&P-500 à un niveau plus raisonnable, de l'ordre de 16 vendredi contre 20 fin décembre.

La baisse récente s'explique en grande partie par la déstabilisation qu'a provoquée la chute des cours de nombreuses matières premières, que les investisseurs hésitent à interpréter comme un signal d'achat.

Le prix du pétrole a baissé de plus de moitié en sept mois, tombant sous 50 dollars le baril. La baisse des prix à la pompe qui en résulte a déjà des effets bénéfiques sur le moral des ménages américains, au plus haut depuis 11 ans en janvier selon l'enquête du Michigan.

Mais l'effondrement du baril traduit aussi la faiblesse de la demande mondiale, qui risque de priver les entreprises américaines des débouchés internationaux dont elles ont besoin pour augmenter leurs profits.

Et le cours du cuivre, considéré comme un bon baromètre de l'activité économique globale en raison de ses multiples utilisations dans la construction et les télécommunications, a cédé 8% sur la semaine écoulé, tombant à son plus bas niveau depuis cinq ans et demi.

La Banque nationale suisse (BNS) a ajouté à l'incertitude ambiante jeudi en annonçant l'abandon du cours plancher du franc face à l'euro. Une décision inattendue qui a favorisé l'appréciation du dollar, en hausse de 16% depuis juin face à un panier de devises de référence.

DES ATTENTES PLUS MODESTES POUR LES RÉSULTATS

Cette hausse du billet vert est à double tranchant: elle risque de pénaliser les exportateurs américains mais elle limite le risque d'inflation, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale à retarder le relèvement de ses taux d'intérêt afin de soutenir la croissance.

Les résultats des sociétés cotées pourraient ne pas suffire à rassurer les investisseurs. Sur les 40 entreprises du S&P-500 qui ont publié leurs comptes trimestriels, 55% ont dépassé les attentes des analystes pour ce qui est du chiffre d'affaires, et 77,5% pour les bénéfices, mais les estimations ont été revues en forte baisse ces dernières semaines selon les données Thomson Reuters.

Parmi les principaux résultats attendus au cours de la semaine à venir figurent ceux de la banque Morgan Stanley et de plusieurs valeurs du Dow Jones, comme IBM, American Express et Johnson & Johnson.

Wall Street table sur une hausse de 3,5% des profits du S&P-500 au quatrième trimestre, loin de celle de 11% attendue début octobre.

Pour certains investisseurs, la baisse récente du marché américain est une opportunité d'achat après les multiples records inscrits fin 2014.

"Nous sommes en mode acheteur en ce moment et nous sommes très contents de pouvoir mettre la main sur certaines valeurs dont nous attendons beaucoup alors que certains investisseurs les vendent", dit Lamar Villere, gérant de Villere & Co.

D'autres acheteurs pourraient revenir sur le marché au cours des prochaines séances, en choisissant de laisser de côté les facteurs qui ont alimenté la baisse des derniers jours.

"Je crois plus probable qu'il s'agisse d'un bruit passager plutôt que d'une correction large", dit Ed Keon, gérant de Quantitative Management Associates, filiale de Prudential Financial.

Les marchés américains sont fermés lundi, férié aux Etats-Unis.

(avec Linda Stern et Caroline Valetkevitch; Marc Angrand pour le service français)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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