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Wall Street : Wall Street et le marché obligataire en désaccord

Wall Street : Wall Street et le marché obligataire en désaccordWall Street : Wall Street et le marché obligataire en désaccord

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - Wall Street près de ses records historiques et les rendements de la dette du Trésor américain à des plus bas de plusieurs années reflètent les divergences entre les investisseurs en actions et en obligations concernant l'avenir de l'économie américaine.

L'indice S&P 500 est à moins de 1% de son plus haut niveau historique. Après un premier trimestre paralysé par le froid, les intervenants à Wall Street s'appuient sur la tendance à l'augmentation des dépenses de consommation et des commandes à l'industrie pour parier sur une reprise de la croissance.

"Les statistiques laissent penser que cette année pourrait marquer un tournant", estime Quincy Krosby, responsable de la stratégie chez Prudential Financial à Newark dans le New Jersey.

Mais les investisseurs sur le marché obligataire voient les choses autrement. Les rendements à 10 ans ont touché leur plus bas en cinq mois et les rendements à 30 ans sont tombés à leur plus bas depuis juin vendredi, en réaction à la stagnation des salaires et à la contraction de la population active révélées dans le rapport sur l'emploi américain au mois d'avril.

Ces données suggèrent, selon les analystes obligataires, que la demande restera morose aux Etats-Unis et l'inflation faible, alors que la Réserve fédérale continue à réduire son programme d'injections de liquidités (assouplissement quantitatif).

"Les investisseurs sur le marché des taux commencent à se rendre compte qu'il n'y a aucun signe d'inflation, alors même que la Fed réduit son plan d'assouplissement quantitatif", écrit dans une note de recherche Andrew Wilkinson, analyste chez Interactive Brokers à Greenwich, dans le Connecticut.

Les cours des obligations profitent aussi de l'inquiétude face à la montée de tensions dans la crise ukrainienne.

A Wall Street, la hausse des cours s'est concentrée jusqu'à présent sur les secteurs défensifs comme les services collectifs qui ont pris 14% depuis le début de l'année, tandis que les valeurs cycliques de consommation comme Amazon.com sont en baisse de 4,2%, plus forte baisse sectorielle de l'année.

Mais cette tendance pourrait être en train de changer. Selon les dernières statistiques, la rotation des portefeuilles d'actions penche en faveur du secteur cyclique de l'énergie.

De même, le taux d'utilisation des capacités de production a atteint le mois dernier son plus haut niveau en près de six ans et devrait encore augmenter au mois d'avril.

De surcroît, les données de la Fed ont montré la semaine dernière que le crédit aux secteurs du commerce et de l'industrie ont augmenté à un rythme soutenu le mois dernier.

Tout ceci pourrait bien signifier que le marché obligataire, généralement le plus raisonnable des deux, se trompe peut-être.

"Nous pensons que la valorisation du marché des obligations du Trésor n'a pas suffisamment pris en compte le potentiel d'explosion de la croissance du PIB", estime Millan Mulraine, chez TD Securities USA à New York dans une note de stratégie.

Warren Buffet, PDG de Berkshire Hathaway, s'est montré de cet avis dans une interview accordé à Reuters Insider en marge de l'assemblée générale des actionnaires du conglomérat.

"Je ne crois pas qu'il y ait un bon investissement sur le marché des taux, non", a-t-il déclaré.

(Juliette Rouillon pour le service français)

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