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Wall Street : Wall Street espère beaucoup des distributeurs après l'emploi

Wall Street : Wall Street espère beaucoup des distributeurs après l'emploiWall Street : Wall Street espère beaucoup des distributeurs après l'emploi

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - A la Bourse de New York, les prochaines séances devraient être animées entre autres par les résultats de nombreuses enseignes de la grande distribution, ce qui pourrait permettre au secteur de la consommation de refaire son retard sur celui des hautes technologies, en vedette ces derniers mois.

Au sein des distributeurs, la capacité à imposer des hausses de prix tout en s'adaptant à l'augmentation des coûts salariaux sera primordiale, soulignent des analystes.

Plusieurs facteurs suggèrent que le compartiment devrait afficher des performances solides à l'orée de la saison cruciale des achats de fin d'année : les hausses de salaires ont rempli les poches des consommateurs, le mois d'octobre a été le meilleur en terme de créations d'emploi depuis décembre 2014 et les prix à la pompe restent bas.

"Le consommateur devrait aborder les derniers mois de l'année dans de bonnes conditions", estime Sean Lynch, co-responsable de la stratégie actions de Wells Fargo Investment Institute. "On pourrait assister à un petit rally d'ici la fin de l'année."

Parmi la quarantaine de sociétés du secteur de la distribution qui publieront leurs résultats d'ici vendredi figurent des enseignes comme Macy's, Kohl's, Nordstrom et J.C. Penney.

Les statistiques des ventes au détail d'octobre, attendues vendredi, devraient par ailleurs montrer une hausse de 0,3% des achats, après celle de 0,1% enregistrée en septembre.

A l'exception d'Amazon, qui figure parmi les meilleures performances de Wall Street cette année, les valeurs liées à la consommation ont raté en partie le rally qui a débuté fin août. Le secteur des hautes technologies et celui de l'énergie ont le plus contribué à la progression de l'indice Standard & Poor's depuis.

Malgré cela, le compartiment des biens de consommation non contrainte affiche encore la meilleure performance sectorielle depuis le 1er janvier, avec un gain de près de 13%. Celui de la distribution, lui, a progressé de 27%.

La perspective d'une saison de fin d'année solide pourrait permettre au S&P-500 de battre son plus haut historique inscrit en mai à 2.134,72 points. L'indice phare new-yorkais a fini vendredi à 2.099,20, soit à 1,7% de ce pic.

PRESSION EN VUE SUR LES MARGES

La hausse des dernières semaines (+12,4% depuis le 25 août pour le S&P-500) "a été critiquée pour son caractère étroit", note Steve Chiavarone, gérant de Federated Investors. Le rally "a désormais la capacité de se propager et on pourrait assister à une hausse des valeurs de consommation non contrainte", ajoute-t-il.

Mais si l'amélioration du pouvoir d'achat des Américains est avant tout un avantage pour les distributeurs, elle pourrait aussi pénaliser certains d'entre eux.

Longtemps stagnant, le salaire horaire aux Etats-Unis a enregistré en octobre une augmentation de 2,5% sur un an, la plus forte depuis juillet 2009. Ce chiffre va dans le sens d'autres statistiques récentes montrant une accélération de la hausse des coûts du travail au troisième trimestre.

Cette hausse des salaires pourrait peser sur les marges de certaines enseignes qui ont bénéficié pendant des années de l'abondance d'une main-d'oeuvre très bon marché. Le mois dernier, le numéro un mondial de la grande distribution, Wal-Mart a déjà averti que la hausse de ses coûts salariaux était l'un des facteurs clés qui l'avaient conduit réduire sa prévision de bénéfice par action.

"On pourrait constater pendant un ou deux trimestres que la hausse des coûts salariaux grignote vraiment les profits de certains distributeurs", estime Jared Woodard, responsable de la stratégie dérivés actions de BGC Partners. "Les plus vulnérables sont ceux dont les magasins ne vendent pas des produits à fortes marges, comme les marques de vêtements discount, T.J. Maxx, Ross Stores et d'autres, qui sont vraiment dépendants des volumes et ont besoin de beaucoup de personnel."

TJX Companies, maison mère de T.J. Maxx, et Ross Stores figurent parmi les distributeurs dont le chiffre d'affaires par salarié est le plus bas selon les données Thomson Reuters, à environ 150.000 et 160.000 dollars respectivement sur les 12 derniers mois.

Parmi les entreprises qui publieront au cours de la semaine à venir, J.C. Penney affiche un chiffre d'affaires par salarié encore plus faible à 110.000 dollars, contre un peu moins de 170.000 pour Macy's.

A titre de comparaison, Amazon a réalisé un peu plus de 650.000 dollars de ventes par salarié l'an dernier.

(Marc Angrand pour le service français)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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