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Wall Street : Wall Street craint plus le "mur budgétaire" que l'élection

Wall Street : Wall Street craint plus le Wall Street : Wall Street craint plus le

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - Obama ou Romney, Romney ou Obama: Wall Street fait assez peu de cas de l'élection présidentielle de mardi et s'inquiète surtout du "mur budgétaire" qui menace de faire dérailler la reprise américaine si la Maison blanche et le Congrès ne parviennent pas à s'entendre lors de la prochaine législature.

Du point de vue de la Bourse américaine, l'occupant de la Maison blanche lors des quatre prochaines années, quel qu'il soit, aura du mal à faire aussi bien que Barack Obama. L'indice Standard & Poor's 500 Index a en effet gagné 66% depuis l'investiture du président démocrate en janvier 2009, une performance difficile à égaler mais qui tient surtout au calendrier puisque le S&P avait touché son plus bas en mars 2009, quand l'économie était en récession.

Les enquêtes d'opinion laissent prévoir un scrutin serré, avec un léger avantage pour le président sortant. Le site de paris en ligne InTrade, lui, voit la probabilité d'une réélection de Barack Obama à 67%.

"Le marché pourrait apprécier une victoire d'Obama dans la mesure où cela signifierait moins d'incertitudes", reconnaît Ryan Detrick, analyste chez Schaeffer's Investment Research à Cincinnati.

La tradition voudrait pourtant que la victoire d'un républicain, qui plus est ancien homme d'affaires, soit plus favorable au marché boursier, compte tenu de son penchant naturel pour la déréglementation et les baisses d'impôts.

Mais dans tous les cas, les experts n'attendent qu'un effet de courte durée.

"Je pense que le marché a intégré dans les cours une victoire d'Obama, mais quoi qu'il arrive toute réaction épidermique ne durera pas plus de quelques jours", prédit Joseph Tanious, chez J.P. Morgan Funds à New York.

"En fait, ce qui préoccupe surtout les Américains, c'est le mur budgétaire et là, on entrera dans le vif du sujet après l'élection".

Les analystes de LPL Financial ont suivi deux paniers de valeurs pour voir quel candidat a la préférence de Wall Street. Leur "panier Obama" comprend les valeurs des prestataires de services de santé, les fabricants de produits de grande consommation, les entreprises de services publics, les groupes de construction et fabricants de maisons. Le "panier Romney" regroupe les valeurs financières, les groupes miniers, les compagnies de pétrole et de gaz, les télécoms et la distribution spécialisée.

L'indice Obama a atteint un pic au début octobre, avant le premier débat télévisé remporté par Mitt Romney. Mais en termes de performance relative, il reste en tête.

QUI À LA FED ?

A l'arrivée de Barack Obama à la Maison blanche, l'économie américaine commençait à se relever de sa plus grave récession depuis la Grande Dépression déclenchée par la crise de 1929.

Pour soutenir la reprise et maintenir des taux d'intérêt bas, la Réserve fédérale a lancé trois programmes de rachats d'actifs, dont l'un a toujours cours, mais le redressement reste fragile et lent.

Mitt Romney a critiqué l'attitude de la banque centrale et pourrait bien, s'il est élu, remplacer son président Ben Bernanke, en poste depuis huit ans, par un partisan d'un durcissement de la politique monétaire.

"Romney pourrait être tenté de mettre fin à la politique accommodante de la Fed. C'est en ce sens qu'il y aurait davantage d'incertitudes qu'avec Obama", précise Ryan Detrick.

La politique actuelle de la Fed fait les affaires du président sortant. Selon les derniers indicateurs, l'indice de confiance du consommateur est remonté à son meilleur niveau depuis quatre ans et les prix immobiliers repartent à la hausse. Mais le taux de chômage, à 7,9% au niveau national, demeure préoccupant.

Une fois l'incertitude de l'élection levée, il s'en profilera une autre, bien plus inquiétante pour les marchés financiers : le "fiscal cliff" (mur budgétaire). Faute d'accord entre le Congrès et la Maison blanche, 600 milliards de dollars de réductions de dépenses et de hausses d'impôts entreront automatiquement en vigueur au début 2013, menaçant l'économie d'une rechute sécessionniste.

La gravité de la menace fait que la plupart des analystes s'attendent à un accord, mais dont les termes dépendront du résultat du scrutin de mardi. De ce point de vue-là, un statu quo à la Maison blanche pourrait signifier plus de volatilité à la Bourse, estime Brian Jacobsen, chez Wells Fargo Funds Management à Menomonee Falls, dans le Wisconsin.

"En tant qu'investisseur, ma principale préoccupation est d'avoir d'ici la fin de l'année un accord qui permette d'éviter les hausses d'impôts et réductions de dépenses", dit-il.

Véronique Tison pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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