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Wall Street : Wall Street commence à voir au-delà des soubresauts du Brexit

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par Noel Randewich

NEW YORK (Reuters) - Après les incertitudes provoquées par la décision des électeurs britanniques de sortir de l'Union européenne à l'occasion du référendum organisé le 23 juin, Wall Street a repris pied, confortée par le sentiment que les taux d'intérêt aux Etats-Unis ne seront pas relevés de sitôt.

Le résultat du référendum du 23 juin a donné naissance à beaucoup d'incertitudes concernant l'avenir de la Grande-Bretagne, de l'Union européenne et de l'économie mondiale.

Mais comme il faudra beaucoup de temps pour régler toutes les questions soulevées par le Brexit, les investisseurs se concentrent sur ce qu'ils considèrent comme un acquis pour le futur proche : que la Réserve fédérale n'est pas prête dans l'immédiat de relever ses taux.

Le niveau extrêmement bas des taux depuis la crise financière de 2007-2009 a été le moteur des gains de Wall Street ces dernières années, avec un niveau actuel du S&P 500, à nouveau en vue de son record historique de 2.134,72 points inscrit le 20 mai 2015, qui représente une hausse de quelque 133% par rapport à son cours de clôture du 31 décembre 2008.

Après avoir plongé de 5,3% au cours des deux séances, celles du vendredi 24 juin et du lundi 27 juin, qui ont suivi les résultats du référendum britannique, le S&P 500 a regagné 5,1% sur les quatre séances suivantes, pour terminer à 2.102,95 points vendredi.

A ce niveau, l'indice de référence des gérants de fonds est en hausse de 2,89% depuis le début de l'année et à quelque 1,5% de son record historique.

Wall Street et les autres marchés financiers américains resteront fermés lundi pour cause d'Independence Day.

"La Fed est un gorille de plus de 350 kilos, mais un gorille (...) qui a été repoussé dans sa cage et qui ne va pas bouger. A mon avis, ce biais va continuer d'avoir un effet positif sur le marché actions", a noté Ted Weisberg, courtier chez Seaport Securities.

Les incertitudes créées par le Brexit ont conduit la plupart des courtiers à tabler désormais sur une nouvelle hausse des taux américains dans le courant de l'année prochaine alors que, avant le vote, ils voyaient un tour de vis monétaire avant la fin de 2016.

NOUVELLE SAISON DES RÉSULTATS EN VUE

Tout en gardant un oeil sur les implications du vote britannique, les investisseurs seront surtout attentifs cette semaine aux chiffres de l'emploi du mois de juin, dont la publication est prévue vendredi.

Les économistes tablent à ce stade à 175.000 créations d'emplois en juin. Même si le chiffre se révèle supérieur aux attentes, il ne devrait pas pour autant redonner naissance à des anticipations d'une hausse des taux imminente.

En revanche, s'il est aussi faible que celui du mois de mai - 38.000 créations d'emplois contre 164.000 attendues - les acteurs de marché pourraient se poser des questions sur la solidité de la croissance américaine.

"S'il y a un nouveau choc, les gens vont commencer à penser qu'il s'agit d'une tendance et il y aura des craintes de récession", a déclaré Aaron Jett, vice-président chez Bel Air Investment Advisors.

"Même si les chiffres de l'emploi sont bons, nous pensons que la Fed utilisera le Brexit comme prétexte pour ne pas relever ses taux."

La Réserve fédérale publiera mercredi le compte-rendu de sa dernière réunion de politique monétaire, organisée les 14 et 15 juin, soit plus d'une semaine avant le référendum du 23 juin.

Mais il est probable que ce document attestera d'une prudence en matière de politique monétaire étant donné les inconnues liées au Brexit. Certaines grandes banques centrales seront peut-être contraintes d'augmenter leur programme d'assouplissement quantitatif pour relancer l'inflation.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) Mark Carney a fait plonger le rendement des obligations souveraines britanniques à un plus bas record jeudi après avoir déclaré que la BoE devra sans doute prendre des mesures cet été pour stimuler l'économie après le choc provoqué par la décision d'une majorité de Britanniques de quitter l'Union européenne.

Outre les indicateurs macro-économiques, les investisseurs vont commencer à se positionner par rapport à la nouvelle saison des résultats, qui débutera vers la mi-juillet avec notamment les résultats des poids lourds de la banque tels que JP Morgan Chase, Citigroup et Wells Fargo.

Avec un dollar toujours aussi vigoureux et un niveau des cours du pétrole qui reste peu élevé, les analystes anticipent en moyenne un recul de 4% des bénéfices des entreprises composant le S&P 500 au deuxième trimestre, ce qui représenterait un mieux par rapport au repli de 5% du premier.

Les acteurs du marché voient ces bénéfices renouer avec la croissance au troisième trimestre, même s'ils sont nombreux à se montrer moins optimistes en la matière depuis le vote du 23 juin, s'interrogeant sur l'effet que le Brexit aura sur le dollar et sur la croissance économique en Europe.

(Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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