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Wall Street : Wall Street au milieu du gué après les chiffres de l'emploi

Wall Street : Wall Street au milieu du gué après les chiffres de l'emploiWall Street : Wall Street au milieu du gué après les chiffres de l'emploi

par Ryan Vlastelica et Alison Griswold

NEW YORK (Reuters) - Ni trop forts ni trop faibles, les chiffres des créations d'emplois aux Etats-Unis en mai ont satisfait les optimistes comme les pessimistes et Wall Street ne sait trop où aller à partir de là.

L'indice Standard & Poor's 500 n'est qu'à 1,5% de son record en clôture mais, après plusieurs semaines d'incertitude, la statistique de vendredi laisse le marché boursier américain au milieu du gué.

Les 175.000 créations d'emplois en mai, un peu plus qu'attendu, ne dénotent pas pour autant d'accélération forte et la Réserve fédérale devrait donc maintenir en place pendant quelques mois encore sa politique de soutien à l'économie.

Certains craignaient un chiffre bien supérieur aux attentes qui aurait pu pousser la banque centrale à lever le pied dès cet été, tandis que d'autres redoutaient un mauvais chiffre, fondamentalement inquiétant pour l'état du marché du travail. La statistique a rassuré les uns et les autres.

"Au bout du compte, tout le monde en a eu pour son argent et cela pourrait induire un biais plus positif pour le marché actions dans les prochains jours", veut croire Mark Luschini, stratège chez Janney Montgomery Scott à Philadelphie.

Lancé en septembre 2011, le programme de rachats d'actifs de la Fed a été l'un des principaux moteurs de la hausse du S&P cette année. L'indice de référence des gérants américains a gagné 15,2% depuis le 1er janvier, alignant une série de records, mais sa belle série s'est arrêtée le 22 mai quand Ben Bernanke, le président de la Fed, a évoqué la possibilité d'une modération du programme d'assouplissement quantitatif (QE) en cas d'amélioration significative de l'économie.

Depuis, l'incertitude s'est accompagnée d'une volatilité accrue. Le S&P multiplie les retournements de tendance en séance, avec des écarts fréquents de 1% ou plus, et l'indice CBOE de la volatilité - aussi appelé le "baromètre de la peur" - a pris plus de 20% en trois semaines. Son niveau actuel de 15,14 continue toutefois de traduire un environnement relativement calme.

SEMAINE CALME EN PERSPECTIVE

"Les marchés actions traversent une période d'ajustement", estime Anastasia Amoroso, chez J.P. Morgan Funds à New York. "Si la politique monétaire venait à changer sans que les marchés y aient été préparés, le choc pourrait être terrible."

Jeudi, le S&P-500 a brièvement enfoncé sa moyenne mobile de 50 jours (à 1.604 points) et le seuil psychologique des 1.600, mais il s'est ensuite repris et a clôturé vendredi à 1.643 points, en hausse de 1,28% sur la séance.

Tous les secteurs ayant progressé cette année, il est difficile de dire lequel serait le plus vulnérable à une correction. Parmi les dix indices sectoriels du S&P-500, celui de la santé affiche la meilleure performance avec une hausse de 20% alors que celui des télécoms est à la traîne avec un gain limité à 8,6%. Or tous deux comportent des valeurs dites défensives.

Les valeurs cycliques, liées au rythme de croissance de l'économie et sensibles par définition à tout changement de cap de la Fed, ont surperformé, ce qui les rend théoriquement vulnérables.

Mais pour certains analystes, les valeurs les plus en danger sont celles qui payent de gros dividendes, puisque la remontée des taux d'intérêt à long terme les rendrait moins attractives.

"Les investisseurs vendent les valeurs à fort dividende, ce qui est inhabituel en période de baisse. C'est d'ailleurs plutôt le contraire qui se produit avec la recherche de valeurs sûres", écrit la société de Bourse Bespoke Investment Group dans une note à ses clients.

Sur la semaine, le Dow Jones a pris 0,9%, le S&P 500 0,8% et le Nasdaq Composite 0,4%.

La semaine à venir apportera peu de catalyseurs. La période des résultats est terminée et seuls deux indicateurs majeurs sont à l'agenda, les ventes au détail jeudi et le lendemain l'indice de confiance du consommateur calculé par Reuters et l'Université du Michigan.

A l'exception des valeurs liées à la consommation, qui pourraient être impactées par les ventes au détail, "il ne faut pas attendre grand chose de Wall Street cette semaine", prévient Frank Davis, chez LEK Securities à New York.

Véronique Tison pour le service français, édité par Pascal Liétout

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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