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Wall Street : Scepticisme vis-à-vis de la "grande rotation" à Wall Street

Wall Street : Scepticisme vis-à-vis de la Wall Street : Scepticisme vis-à-vis de la

par Edward Krudy

NEW YORK (Reuters) - Une ruée de petits investisseurs provoque une "grande rotation" qui profite aux actions au détriment des obligations et portera la Bourse vers de nouveaux sommets.

C'est le nouveau refrain optimiste en vigueur à Wall Street mais la seule chose qui l'étaye, ce sont quelques semaines de flux financiers qui jouent la Bourse à la hausse, ce qui n'a rien d'anormal en soi à cette époque de l'année.

Les investisseurs ont placé 20,7 milliards de dollars en Bourse durant les quatre premières semaines de l'année, une série inédite depuis avril 2000, selon Lipper.

L'indice S&P-500 a gagné 5% en janvier, son meilleur mois depuis octobre 2011 et son meilleur mois de janvier depuis 1997, alimentant le sentiment que les investisseurs individuels revenaient en masse sur le marché.

Même si un phénomène assimilable à une "grande rotation" a débuté, il n'est pas forcément haussier pour la Bourse et l'arrivée de gros flux de capitaux sur le marché en janvier peut s'expliquer de bien des manières.

Le mois de décembre a vu le versement de beaucoup de dividendes spéciaux qui doivent être réinvestis. D'autres fonds levés pour des raisons fiscales en décembre doivent également être placés à nouveau.

Au plus fort de la bulle technologique, en 2000, le marché boursier avait bénéficié en janvier d'un afflux de capitaux de 42,7 milliards de dollars. Ca ne s'est pas bien terminé. La Bourse a culminé en mars avant de reculer sans cesse dans les deux années suivantes.

PAS UN ARGUMENT BAISSIER

Il semble par ailleurs que l'argent qui s'est déversé en Bourse le mois dernier ne soit pas forcément le résultat d'un mouvement de rotation mais provienne notamment de fonds monétaires qu'avaient abondés en décembre des investisseurs préoccupés par les incertitudes budgétaires à Washington.

Des données d'iMoneyNet montrent que les investisseurs ont placé 123 milliards de dollars dans des fonds monétaires en novembre et décembre 2012. En deux semaines en janvier, ces mêmes investisseurs ont retiré 31,45 milliards de dollars de ces fonds, montant sans précédent depuis mars 2012. Mais l'argent est revenu dans le courant du mois.

Par ailleurs, des flux importants continuent d'alimenter le marché obligataire, même s'il ne s'agit pas de la dette publique à bas rendement. Janvier 2013 a été le deuxième meilleur mois de janvier jamais enregistré pour l'émission de dette américaine de haute qualité, avec un total de 111,725 milliards de dollars, selon International Finance Review.

"Je me garderais d'extrapoler quelques semaines en une tendance plus générale", dit Tobias Levkovich (Citigroup). "On a vu des flux boursiers s'accélérer durant les deux, trois, quatre dernières années lorsque le marché lui-même accélérait. Habituellement, cela ne signalait pas une tendance durable".

Cela étant, douter qu'il y ait effectivement une "grande rotation" à l'oeuvre ne constitue pas en soi un argument baissier contre la Bourse. Wall Street se comporte bien depuis la crise et le S&P-500 a gagné plus de 120% depuis mars 2009, à la faveur d'un redressement lent mais sûr de l'économie et des résultats des sociétés.

Une majorité des sociétés du S&P-500 bat le consensus non seulement pour le bénéfice mais aussi pour le chiffre d'affaires, ce qui tranche avec les deux précédentes "saisons de résultats" où moins de la moitié des entreprises avaient réalisé un chiffre d'affaires supérieur au consensus, selon des données de Thomson Reuters.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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