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Wall street : Relativise la menace de s&p, veut encore monter

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(CercleFinance.com) - Wall Street a relativisé la menace de dégradation de la note des 6 pays européens bénéficiant encore d'un 'AAA' que brandirait Standard & Poors (il est question d'une mise sous surveillance négative imminente selon le Financial Times).

Les marchés savaient la France et l'Autriche sur la sellette mais que faut-il penser du risque de dégradation qui pèserait désormais sur le Luxembourg l'Allemagne et la Finlande ?

De nombreux observateurs n'y croient pas mais le message de 'S&P' est certainement plus 'politique': il s'agit de l'expression de sérieux doutes sur la capacité de la zone Euro à se sortir de la crise.

Et si les partenaires de l'Allemagne ont des problèmes, alors l'Allemagne aura un problème... et ce ne sont pas de nouveaux Traités qui vont remplir les caisses des états en déficit, ni l'austérité -qui rassure 'intellectuellement' les marchés- mais qui engendre concrètement encore plus de récession, et à terme encore plus de déficits et d'instabilité sociale.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel affectent de parler d'une même voix depuis le mini-sommet tripartite du 1er décembre mais les deux leaders ne se jettent pas un regard lorsqu'ils se retrouvent côte à côte : c'était déjà frappant à Bruxelles, c'était encore plus saisissant ce lundi après-midi à l'Elysée. Pas l'ombre d'un sourire complice -même un peu forcé- visant à 'donner le change' devant les caméras: jamais le Président français n'a jamais donné autant l'impression de lire un texte presqu'intégralement rédigé par la Chancelière (et ses conseillers économiques qui ont réduit Bercy et Matignon au silence).

Sa seule touche personnelle consiste à rappeler les grands principes historiques d'amitié entre les deux peuples si longtemps ennemis, mais rassemblés pour porter l'idéal européen (vers quel avenir ?).

Angela Merkel n'y fait même pas allusion et se borne à rappeler que préserver l'existence de l'Euro est nécessaire, que la BCE n'agit pas et n'agira jamais comme la FED... et que la résolution des problèmes prendra du temps. Elle ne semble même pas partager l'idée qu'il faut avancer rapidement sur la refonte des traités européens (elle ne fixe aucune date): il est vrai que les prochaines échéances électorales (2013 en Allemagne) lui laissent plus de marge de manoeuvre qu'à Nicolas Sarkozy.

Wall Street n'a probablement pas analysé la conférence de presse de l'Elysée avec un tel souci du détail et avait l'intention de monter quoi qu'il arrive, pourvu que le sommet accouche d'un engagement à plus de discipline budgétaire de la part des européens, ce qui fut le cas.

S'interroger sur comment l'Europe va résoudre ses énormes disparités structurelles (qui ont conduit à la crise actuelle), cela viendra plus tard, après avoir mené à son terme le 'rallye de fin d'année'.

L'Euro (1,3380 ce soir contre 1,3460$ vers 19H) a été bien plus affecté au final par la menace de Standard & Poors que le Dow Jones: l'indice phare a repris +0,5% au cours de la dernière demi-heure et affiche +0,65% en clôture à tout près de 12.100Pts. Le 'S&P' et le Nasdaq conservent une avance de +1,05% en moyenne contre +1,8% vers 19H45, juste avant la publication du flash relatif à Standard & Poors dans le Financial Times: c'est suffisant pour rester en territoire positif sur l'année 2011.

La volonté d'ignorer les mauvaises nouvelles fait peu de doute à Wall Street: les indices US grimpaient de +1,6% en moyenne après la publication d'indicateurs économiques américains qui ne sont guère encourageants: l'ISM non-manufacturier s'établit à 52 (il était attendu en hausse à 54 en novembre) et les commandes à l'industrie se sont contractées de -0,4% en octobre. Tout comme vendredi, les banques US ont soutenu la tendance avec +2,6% sur Bank of America et Goldman Sachs, +3,65% sur JP-Morgan puis +5,9% sur Citigroup: la plupart des ces établissements publient des études qui font fi des prévisions de ralentissement économique en 2012 dans le monde et aux Etats Unis. Une nouvelle forme de 'découplage' en quelque sorte qui ferait de l'Amérique un nouveau moteur de la croissance mondiale alors que les dernières enquêtes conjoncturelles en Chine font état d'un net ralentissement de la production industrielle et de l'activité dans le secteur tertiaire (même sombre tableau en Europe lundi matin).

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