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Wall Street : Pendant l'orage, l'investissement continue à Wall Street

Wall Street : Pendant l'orage, l'investissement continue à Wall StreetWall Street : Pendant l'orage, l'investissement continue à Wall Street

par Ryan Vlastelica

NEW YORK (Reuters) - Les investisseurs rêvent peut-être de calme à Wall Street, après l'instabilité de cette semaine, mais ils risquent de déchanter car les raisons pour lesquelles le Dow Jones et le S&P-500 ont réalisé en janvier leur pire performance mensuelle depuis mai 2012 sont toujours présentes.

L'indice S&P-500 est en retrait de 3,6% sur son record de clôture et la Réserve fédérale a annoncé mercredi une nouvelle réduction de ses rachats d'actifs, autant de motifs de penser que la correction boursière risque de se poursuivre.

"De mauvaises nouvelles dans quelque région du monde que ce soit risquent de rendre le sentiment moins positif ailleurs. Il ne s'agit pas de contagion mais d'influence", dit John Chisholm (Acadian Asset Management). "Il y a pas mal d'instabilité à venir".

Plus de 80 sociétés de l'indice S&P-500 publieront leurs comptes la semaine prochaine mais ce qui préoccupe surtout les investisseurs ce sont les déconvenues des marchés émergents. Même si des pays comme la Turquie et l'Afrique du Sud ont pris des mesures pour stabiliser leur monnaie, les marchés continuent à ne pas voir les émergents d'un bon oeil.

L'indice de volatilité du CBOE, dit encore indice de la peur, a gagné 34,2% en janvier à 18,41, alors qu'il avait terminé 2013 à 13,72. Il reste toutefois au-dessous de sa moyenne de long terme de 20 et n'a pas dépassé 19 depuis octobre. Le mois de janvier s'est enfin soldé par une baisse de 5,3% pour le Dow, de 3,56% pour le S&P 500 et de 1,74% pour le Nasdaq, plus forte perte de ce dernier depuis octobre 2012.

INCIDENCES PEU CLAIRES

Quand les marchés émergents souffrent, Wall Street aussi mais moins si l'on en croit les analystes de Goldman Sachs qui écrivaient cette semaine que lorsque l'indice des marchés émergents de MSCI perdait au moins 5%, l'indice S&P-500 tendait à rétrograder de la moitié de ce pourcentage. L'indice MSCI a perdu 11% depuis un pic de 1.047,73 inscrit en octobre.

Les incidences sur les entreprises américaines sont malaisées à distinguer. Goldman estimait que les sociétés du S&P-500 tirent 5% de leurs bénéfices des marchés émergents, certains secteurs étant affectés plus que d'autres.

Parmi les sociétés qui doivent publier leurs résultats la semaine prochaine, General Motors et Yum Brands en particulier sont fortement exposés aux pays émergents. Yum réalise plus de la moitié de son chiffre d'affaires parmi les pays composant le "BRIC", soit Brésil, Russie, Inde, Chine. L'action Yum a perdu 11,2% en janvier et l'action GM 11,7%.

Ces deux valeurs, de même que d'autres exposées internationalement, sous-performent l'indice S&P-500 depuis que la Fed a annoncé, le 18 décembre, qu'elle réduirait progressivement son programme de rachat d'actifs.

Mais certains professionnels de la Bourse ne sont pas impressionnés. "Il faudrait qu'être exposé à l'étranger soit source de nouveaux gros coups durs pour que nous commencions à nous dégager de ces valeurs... GM va bien précisément à cause de son exposition aux émergents", affirme John Chisholm.

CE QUI SE FAIT DE MIEUX

La moitié environ des sociétés du S&P-500 ont publié leurs comptes et près de 70% ont battu le consensus, bien au-delà de la moyenne à long terme de 63%, selon les données de Thomson Reuters. Les deux tiers ont aussi dépassé le consensus pour le chiffre d'affaires, au-dessus de la moyenne historique de 61%, encore que les entreprises aient généralement atteint ou dépassé des prévisions revues à la baisse.

Les investisseurs n'en continuent pas moins de mettre de l'argent dans la Bourse; 10,24 milliards de dollars ont été placés dans des fonds actions dans la semaine au 29 janvier, selon le service Lipper de Thomson Reuters. C'est la sixième semaine consécutive d'accroissement net de ces fonds.

L'indice S&P-500 est supérieur de 0,5% environ à sa moyenne mobile de 100 jours, ce qui pourrait constituer un soutien face à de nouvelles pertes. Selon la toute dernière enquête Reuters, l'indice terminerait l'année à 1.925, soit un recul de 8% environ par rapport à ses niveaux actuels.

Pour Jim Dunigan (PNC Wealth Management), la Bourse reste encore ce qui se fait de mieux comme placement surtout en période de taux bas.

"Lorsqu'on regarde les autres possibilités, le taux fixe paraît encore risqué et le cash ne rapporte pas", affirme-t-il. "A la différence d'autres catégories d'actifs, les actions peuvent encore recevoir un coup de pouce d'éléments tels que des rachats (de titres), des fusions ou de l'investissement".

Wilfrid Exbrayat pour le service français

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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