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Wall Street : Les financières font leur come-back à Wall Street

Wall Street : Les financières font leur come-back à Wall StreetWall Street : Les financières font leur come-back à Wall Street

par Alison Griswold

NEW YORK (Reuters) - Tombé en disgrâce avec la crise de 2007-2008, le secteur financier est sur le point de retrouver les premiers rôles à Wall Street aux côtés des valeurs technologiques.

A leur pic du 1er juin 2007, les valeurs de l'indice sectoriel de la finance du Standard & Poor's 500 avaient une capitalisation boursière cumulée de 2.900 milliards de dollars (2.175 milliards d'euros), soit 30% de plus que le deuxième groupe le plus important, celui des techs.

La crise des subprimes a fait chuter leur valeur boursière de 2.400 milliards de dollars, 83% au total -à comparer à un plongeon de 58% pour l'indice S&P-500- et le secteur technologique est devenue la première pondération du S&P en mai 2008.

A son plus bas en mars 2009, la capitalisation boursière du secteur financier n'était plus que de 510 milliards de dollars, l'équivalent de la valeur boursière combinée des seuls groupes JPMorgan Chase & Co. et Citigroup avant la crise. Son poids dans le S&P était alors tombé à 8,9%, au plus bas depuis 1991, à l'époque de la crise des caisses d'épargne américaines (Savings & Loan).

L'ampleur de la chute rend ce come-back d'autant plus remarquable. Aujourd'hui, le secteur financier a retrouvé un poids de 16,6% dans le S&P, soit un petit point de pourcentage de moins que le secteur technologique, montrent les données de S&P Dow Jones Indices. Au début de cette année, l'écart entre les deux était encore de 3,5 points.

"Le sentiment envers le secteur bancaire était tellement négatif que personne, à commencer par les grands gourous de la finance, n'a vu venir son redressement", observe Dick Bove, analyste bancaire chez Rafferty Capital Markets à Tampa en Florida. "Depuis quelques semaines, ils s'y sont enfin mis et tous saluent le grand retour en force des bancaires."

Depuis le début de l'année, le compartiment financier a progressé de près de 25%, dépassé seulement par la santé et les biens de consommation.

Le mouvement est tiré pour l'essentiel par les grands noms du secteur. JPMorgan Chase, Citigroup et Bank of America ont gagné au moins 24% depuis le début de l'année ; Wells Fargo, devenue la première banque américaine par la capitalisation boursière, a pris pas loin de 27%, avec à la clé un record fin juillet.

ENCORE DU POTENTIEL?

Selon une enquête de StarMine, le secteur a encore un potentiel de hausse.

Cette filiale de Thomson Reuters a établi que le compartiment bancaire se traite à environ 76% de sa valeur intrinsèque, calculée à partir d'estimations des analystes et des prévisions des banques elles-mêmes. A cette aune, les valeurs technologiques sont au contraire survalorisées de 8%.

Des poids lourds du secteur comme Citigroup, Bank of America et AIG ont une valorisation plus attrayante que plus de 90% du marché. La valeur intrinsèque de Citigroup ressort ainsi à 88,57 dollars, soit 70% au-dessus de son cours actuel de 51,32 dollars. De même, StarMine a calculé une valeur intrinsèque de 25,62 dollars pour Bank of America, qui a clôturé vendredi à 14,45.

Traditionnellement, la bonne santé des valeurs financières à la Bourse est un signe encourageant pour l'économie, synonyme de hausse des prêts aux ménages et aux entreprises et donc de consommation, d'investissement et de création d'emplois.

Aujourd'hui cependant, leur retour en grâce s'opère dans un contexte réglementaire plus sévère, tandis que la justice continue d'enquêter sur les dérives à l'origine de la dernière crise avec, notamment, Bank of America et JPMorgan dans le collimateur.

Beaucoup d'analystes jugent néanmoins sain que le secteur financier retrouve les premiers rôles à Wall Street, à condition que sa valeur boursière n'enfle plus à des niveaux intenables.

"Le problème de la refinanciarisation de l'économie américaine est qu'elle augmente le risque d'une nouvelle crise financière", avertit Barry Ritholtz, directeur de recherche chez Fusion IQ à New York.

"La crise a lancé le processus de définanciarisation, et maintenant on en revient à une refinanciarisation."

Le précédent des technologiques reste dans tous les esprits. Juste avant l'éclatement de la bulle de la "nouvelle économie" en 2000, l'indice sectoriel des techs représentait 34,5% du S&P -un record qui n'a jamais été approché depuis, selon les données de S&P Dow Jones.

"Les financières et les technologiques ont à peu près le même niveau, c'est le signe que le marché est équilibré", se félicite Doug Cote, stratège chez ING U.S. Investment Management à New York. "Ce sont traditionnellement les deux plus gros secteurs de la cote."

Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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