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Wall Street : Le mur budgétaire va céder le pas aux résultats à Wall Street

Wall Street : Le mur budgétaire va céder le pas aux résultats à Wall StreetWall Street : Le mur budgétaire va céder le pas aux résultats à Wall Street

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK (Reuters) - Après le psychodrame du "mur budgétaire" qui a tenu en haleine Wall Street jusqu'au 1er janvier, les investisseurs s'apprêtent à revenir à des préoccupations plus fondamentales avec le début de la saison des résultats trimestriels, un rituel qui ne s'annonce guère réjouissant cette fois-ci.

Les publications de résultats pour la fin 2012, dont le géant de l'aluminium Alcoa donnera comme d'habitude le coup d'envoi mardi après la clôture des marchés, ne devraient refléter qu'un léger mieux par rapport à celles du troisième trimestre, déjà mitigées.

Les analystes financiers ne se font guère d'illusions puisqu'ils ont nettement réduit leurs estimations de bénéfice depuis octobre.

Si leurs pronostics sombres se révèlent exacts, la volatilité pourrait augmenter à Wall Street après une semaine de hausse soutenue (la plus forte en pourcentage depuis plus d'un an) qui a propulsé vendredi l'indice Standard & Poor's 500 à son plus haut niveau de clôture depuis le 31 décembre 2007.

L'analyse de Reuters montre que l'Europe figure parmi les principaux sujets de préoccupation mis en avant par les entreprises qui ont émis des avertissements sur les résultats du quatrième trimestre: parmi les 25 plus grandes entreprises du S&P qui ont réduit leurs prévisions, plus de la moitié ont évoqué l'incertitude sur le Vieux Continent et ses mauvaises perspectives.

"Il n'y a pas tant de facteurs que cela qui peuvent se détériorer mais c'est l'ampleur de leur détérioration qui est préoccupante", explique Kurt Winters, gérant senior de Whitebox Mutual Funds à Minneapolis.

Au sein du S&P 500, le nombre de prévisions négatives pour le quatrième trimestre est 3,6 fois supérieur à celui des prévisions positives, un niveau sans précédent depuis le troisième trimestre 2001 selon les données Thomson Reuters.

De fait, même si la menace du mur budgétaire est écartée, les motifs d'inquiétude ne manquent pas.

"En Europe, la récession est l'hypothèse la plus probable. L'Europe reste le principal débouché pour bon nombre d'entreprises américaines et elle représente une part importante des investissements en capitaux mondiaux", souligne Adam Parker, responsable de la stratégie américaine de Morgan Stanley à New York.

LE CHIFFRE D'AFFAIRES INQUIÈTE

Pour les investisseurs, l'une des principales interrogations porte sur la capacité des entreprises à augmenter encore leurs bénéfices en dépit de la faiblesse de la croissance de leurs ventes.

Le chiffre d'affaires cumulé du S&P 500 a diminué de 0,8% au troisième trimestre, sa première baisse depuis le troisième trimestre 2009, selon les données Thomson Reuters. Les bénéfices, eux, n'ont progressé que de 0,1%.

De plus, 40% seulement des entreprises de l'indice ont dépassé les attentes du marché en terme de chiffre d'affaires sur la période juillet-septembre, alors que 64,2% faisaient mieux qu'attendu en terme de profits.

Au quatrième trimestre, les bénéfices du S&P 500 devraient avoir augmenté de 2,8% et son chiffre d'affaires de 1,9%. Des chiffres positifs, certes, mais nettement en dessous de ceux qu'espérait Wall Street il y a trois mois: en octobre, le consensus tablait sur une hausse de 9,9% des profits.

Certains analystes estiment néanmoins que les prévisions ont de bonnes chances d'être dépassées.

"On pense généralement qu'il faut que le chiffre d'affaires augmente pour que les bénéfices continuent de croître mais le marché a démontré le contraire par le passé", note ainsi Mike Jackson, fondateur de T3 Equity Labs.

Selon lui, les secteurs de l'énergie, de l'industrie et des produits de loisirs et de divertissement sont davantage susceptibles de réserver de bonnes surprises au marché, tandis que les produits de consommation courante, les matériaux de base et les services aux collectivités réservent le moins d'opportunités de ce point de vue.

Parmi les récentes notes d'espoir, le groupe pharmaceutique Eli Lilly a présenté vendredi des prévisions 2013 supérieures aux attentes des analystes, disant tabler entre autres sur la maîtrise de ses coûts et l'amélioration de sa productivité.

Marc Angrand pour le service français

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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