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Marché : Une spécialiste des valeurs us livre ses choix

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(CercleFinance.com) - De retour des Etats-Unis, où elle a rencontré bon nombre de dirigeants de sociétés, Virginie Robert - directrice adjointe de Reyl & Cie France - livre à Cercle Finance ses impressions sur l'état d'esprit actuel des patrons américains. La gestionnaire de portefeuille évoque également les grands enjeux de la première économie mondiale et livre quelques pistes d'investissement.

Cercle Finance: Beaucoup d'économistes s'alarment de ce qu'il est convenu d'appeler le 'mur budgétaire' ('fiscal cliff'). Constitue-t-il le terrible danger décrit par certains pour l'économie américaine?

Virginie Robert: Le 'fiscal cliff', c'est la double menace qui pèse aujourd'hui sur la situation économique et budgétaire des Etats-Unis. Il y a d'une part les allègements fiscaux mis en oeuvre sous la présidence de Bush qui arrivent à leur terme et, d'autre part, les coupes budgétaires attendues dans les dépenses publiques dès janvier 2013 puisque le déficit fédéral n'a pas été maîtrisé. Ce dernier se situe toujours autour de 8% à 9% du PIB. Face à cette situation, on ressent bien évidemment de fortes inquiétudes de la part des investisseurs. Une étude du bureau budgétaire du Congrès américain (CBO) laisse d'ailleurs entendre que les effets de cette 'falaise budgétaire' pourraient déclencher une récession aux Etats-Unis. Pour sa part, Ben Bernanke a également évoqué un impact négatif sur l'économie américaine d'ici fin 2012.

Avec les échéances électorales, ce dossier prend toute son ampleur. Aujourd'hui, chez les démocrates comme chez les républicains, les responsables s'activent pour trouver des solutions, ou à défaut s'entendre sur un compromis. Le 'fiscal cliff' rappelle l'épisode du relèvement du plafond de la dette, qui avait tenu les marchés en haleine l'été passé. Il avait fallu de vifs échanges entre démocrates et républicains pour finalement parvenir à un accord à l'arraché et à un projet de loi ratifié par le Sénat. Souhaitons pour les marchés qu'un accord soit trouvé rapidement pour épargner à l'économie américaine un choc trop brutal.

CF: Les prévisions de croissance des bénéfices des sociétés américaines établies pour 2013 ne sont-elles pas trop optimistes?

VR: Aujourd'hui, les consensus sont devenus une variable qu'il vaut mieux exploiter avec précaution en raison de leur forte volatilité. Les prévisions établies par les professionnels subissent toujours des ajustements, trimestre après trimestre, mais leurs variations prennent aujourd'hui des proportions assez importantes. Sur les trois derniers mois, le consensus pour le deuxième trimestre a ainsi été abaissé de 4%. En date du 13 juillet, le consensus Bloomberg pour les bénéfices 2013 des sociétés du S&P 500 prévoyait une hausse de 12,2% et de 4,7% pour le chiffre d'affaire. En excluant les compagnies financières, ces prévisions atteignent respectivement à 11,7% et 4,8%. A titre de comparaison, le consensus 2012 sur les bénéfices est de +6,4%.

A ses niveaux actuels, le consensus Bloomberg anticipe des résultats satisfaisants pour l'économie américaine, une amélioration de la situation en Europe et un soutien continu de la croissance en Asie. Ce scénario macro-économique comporte de toute évidence de nombreuses incertitudes, qui se reflètent d'ailleurs dans les résultats qui sont publiés actuellement.

Force est de constater que tous les secteurs sont concernés. Si les sociétés américaines devraient globalement réussir à délivrer de la croissance, je pense qu'il est trop tôt et trop difficile aujourd'hui d'avoir une bonne visibilité sur 2013. Sur le moyen et long terme, les consensus ne constituent donc pas des indicateurs majeurs selon moi. Je crois qu'il est préférable de se concentrer sur les fondamentaux des sociétés et sur les consensus propres à chacune d'entre elles. Ils ont l'avantage d'être déterminés avec davantage de précision.

CF: Mitt Ronmey semble emporter l'adhésion des entrepreneurs américains. Est-ce un constat que vous avez pu vérifier auprès des sociétés que vous avez contactées?

VR: Le match Romney-Obama retient toute l'attention des patrons. Ils sont à la fois attentifs et attentistes. Plutôt que de s'étendre sur le programme de Romney, il est intéressant de noter que les deux candidats abordent sous le même angle un thème fondamental, celui de la fiscalité des entreprises. Même si les moyens envisagés diffèrent légèrement, il y a aujourd'hui une volonté commune, aussi bien chez Obama que chez Romney, de soulager les entreprises US du fardeau fiscal qui les affecte. Voilà ce qui retient aujourd'hui l'attention des investisseurs.

A 35%, le taux d'imposition principal pour les sociétés est particulièrement élevé aux Etats-Unis. Barack Obama propose de le ramener à 28%, mais souhaite en parallèle souhaite éliminer certaines déductions fiscales dont bénéficient les entreprises. Quant à Mitt Romney, il évoque un taux de 25% mais il table aussi en retour sur l'abandon de différents allègements fiscaux.

Un des points de divergence dans leur programme est l'impôt sur les bénéfices réalisés à l'étranger par les sociétés américaines dans le cadre du rapatriement de ces bénéfices sur le sol américain. Et dans l'ensemble, la croissance économique reste un point essentiel dans le volet fiscal des deux programmes.

CF: Quelles sont vos valeurs américaines préférées à l'heure actuelle?

VR: Je voudrais mettre en avant trois sociétés qui incarnent parfaitement la capacité de réactivité et d'innovation de l'industrie américaine selon moi. D'abord, la première capitalisation boursière mondiale, Apple, qui reste la société et la marque la plus reconnue au monde. Apple suscite autant d'admiration car ses produits accompagnent notre quotidien en y apportant une innovation permanente. D'un point de vue boursier, c'est l'exemple même de la création de valeur. Et avec un PER de 14,8x pour l'année en cours, la marque à la pomme affiche une valorisation raisonnable. D'autant que ses parts de marchés dans les tablettes ne cessent de progresser.

Dans le domaine de la biopharmacie, Celgene me semble une société particulièrement attrayante. La société développe des molécules innovantes destinées au traitement des cancers et des maladies auto-immunes. Très avancée dans ce domaine, elle affiche d'excellentes perspectives de développement sur le moyen et long terme.

Enfin, une société montante se démarque dans le secteur des équipements sportifs ('sportswear'): il s'agit d'Under Armour, marque avec une bonne technicité misant sur de nouvelles innovations, tel que les capteurs intégrés, les microfibres et les matériaux respirants. Dans un secteur déjà très concurrentiel, Under Armour réussit à innover tant en matière de design que de marketing et de distribution. C'est un bel exemple de modèle économique créateur de valeur.

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