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Marché : Une restructuration en grèce, scénario de l'horreur selon noyer

Une restructuration en grèce, scénario de l'horreur selon noyerUne restructuration en grèce, scénario de l'horreur selon noyer

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Une restructuration de la dette publique grecque serait le "scénario de l'horreur" et un allongement des maturités de ses emprunts serait probablement assimilé à un défaut, a déclaré mardi Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.

Le gouvernement grec a annoncé lundi de nouvelles mesures d'économies et de privatisations pour permettre le déblocage d'une autre tranche d'aide de 12 milliards d'euros du Fonds monétaire international et de l'Union européenne.

Mais les marchés financiers doutent toujours de la crédibilité du plan d'assainissement d'Athènes, ce qui alimente les spéculations sur la possibilité d'un nouveau plan d'aide et d'une restructuration de la dette publique qui pourrait forcer les prêteurs à renoncer à une partie de leurs créances.

Un tel scénario, "c'est l'effondrement de l'économie grecque, c'est le scénario de l'horreur. C'est la raison pour laquelle nous avons toujours dit: la restructuration n'est pas une solution", a dit Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, à des journalistes.

Interrogé sur l'hypothèse d'un aménagement de la dette, parfois qualifié de "reprofilage", il a répondu : "L'allongement des maturités pose des questions juridiques très compliquées."

"Il y a de fortes chances que ce soit l'équivalent d'un défaut - parce que ça ne peut se faire juridiquement a priori que par échange de titres, et si vous faites un échange de titres forcé, c'est clairement un défaut."

Quant à un échange volontaire, il faudrait obtenir l'accord des prêteurs, ce qui est très compliqué, a-t-il ajouté.

Un quotidien néerlandais rapporte mardi que les pays de la zone euro ont commencé à préparer en secret une extension de la maturité de la dette grecque.

"La restructuration, c'est le scénario de l'horreur et la sortie de la zone euro, c'est un scénario de l'horreur aussi", a insisté Christian Noyer.

UNE PROLONGATION DES AIDES EST POSSIBLE

La Grèce n'a donc d'autre bon choix que d'appliquer le plan de redressement négocié avec les institutions internationales, a-t-il dit. "Tout le programme, rien que le programme et le programme entièrement."

Interrogé sur une éventuelle prolongation des aides, il a répondu que la question était examinée par le FMI et l'Union européenne mais que ceci ne dispenserait la Grèce d'aucun effort.

"Un peu plus de temps, un programme un peu plus long peut être nécessaire pour avoir quelque chose qui se boucle", a-t-il dit.

"Ne pensez pas une seconde que nous sommes contre la restructuration à cause du risque porté par les banques des autres pays", a ajouté le gouverneur de la Banque de France.

"Le fait que les banques françaises, les banques allemandes et d'autres aient des risques grecs dans leurs bilans ne nous arrête pas une seconde. Le problème c'est la Grèce elle-même."

Christian Noyer a détaillé l'enchaînement que provoquerait selon lui une restructuration. "Si l'on restructure la dette grecque, ca veut dire que la Grèce fait défaut", a-t-il dit.

Les banques grecques, qui détiennent le plus de titres grecs, seraient durement touchées et devraient être recapitalisées par l'Etat, qui perdrait du coup tous les gains immédiats liés à la restructuration, a-t-il ajouté.

L'impact sur les assureurs et fonds de pensions grecs pèserait sur la consommation, donc sur la croissance, ce qui jouerait contre le rétablissement de l'économie du pays.

Les Etats européens, qui ont aidé financièrement la Grèce, seraient eux aussi affectés, ce qui provoquerait l'arrêt immédiat des aides européennes.

Quant aux banques centrales, elles ne pourraient plus accepter la dette grecque en contrepartie de prêts aux banques privées, a-t-il ajouté.

Or, a souligné Christian Noyer, dès le lendemain d'un défaut, la Grèce devrait emprunter car elle serait toujours en situation de déficit. Et personne n'accepterait de lui prêter.

Edité par Marc Angrand

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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