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Marché : Une croissance anémique menace les etats-unis de récession

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par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - L'économie américaine a marqué le pas au premier semestre 2011, frôlant la contraction au cours des trois premiers trimestres, ce qui ravive la crainte d'une nouvelle entrée en récession si la crise budgétaire n'est pas réglée rapidement.

Les données publiées vendredi par le département du Commerce révèlent que le ralentissement économique a débuté bien plus tôt qu'on ne le pensait.

"L'économie a notamment marqué une pause au premier semestre de l'année", commente Ryan Sweet, économiste chez Moody's Analytics.

"Certains facteurs temporaires ont eu un effet désastreux mais ils sont en train de disparaître. Cela soulève toutefois certaines inquiétudes sur la viabilité de la reprise."

Le produit intérieur brut (PIB) de la première puissance économique mondiale n'a augmenté que de 1,3% (taux annuel) au deuxième trimestre, en raison d'une consommation morose affectée notamment par la hausse des prix de l'essence.

Les analystes anticipaient une croissance de 1,8% du PIB américain d'avril à juin.

Les économistes jugent généralement qu'il faut une croissance minimale de 2,5% pour que le taux de chômage connaisse une embellie. Il est actuellement à 9,1%.

Les ventes finales ont progressé de 1,1%, contre +1,8% attendu, tandis que les dépenses des consommateurs ont presque stagné, affichant une hausse de 0,1%, après +2,1% au trimestre précédent.

La consommation, qui représente environ 70% de l'activité économique américaine, a connu là son rythme de croissance le plus faible depuis sa sortie de récession, il y a deux ans.

CRISPATION DES MARCHÉS

La croissance enregistrée sur les trois premiers de l'année a en outre été révisée très fortement pour faire ressortir une hausse limitée à 0,4% contre 1,9% annoncé précédemment.

Les chiffres du quatrième trimestre 2010 ont également été révisés en baisse à +2,3% contre +3,1% estimés lors de précédentes estimations, ce qui montre que l'économie américaine connaissait déjà des signes d'essoufflement avant même que les prix de l'essence ne repartent à la hausse et que ne se fassent sentir les retombées du séisme qui a ébranlé le Japon au mois de mars.

Ces chiffres montrent également que la récession observée entre 2007 et 2009 a été bien plus grave que ne le montraient les précédentes statistiques avec, par exemple un recul de 5,1% de la production au lieu de 4,1%.

Entre 2007 et 2010, l'économie américaine s'est contractée à un rythme annuel moyen de 0,3%.

L'impasse des négociations budgétaires à Washington, qui font peser sur la note souveraine américaine la menace d'un abaissement, contribue à entretenir un climat d'incertitude, peu propice à une reprise solide de l'économie du pays. Républicains et démocrates n'ont pour le moment pas dégagé de compromis en vue d'un relèvement du plafond de l'endettement américain, actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars. (voir

)

Or, le Trésor a dit ne plus être en mesure d'emprunter dès mardi, ce qui entraînerait une situation de défaut de l'Etat américain.

"Il n'y a aucune marge d'erreur et un défaut, quel qu'en soit sa durée, pourrait replonger le pays dans la récession", commente Joel Naroff de Naroff Economic Advisors.

La Maison blanche a réagi à la publication des chiffres de la croissance, estimant qu'ils prouvent la nécessité de résoudre la crise budgétaire et de mettre en place des mesures de soutien à l'économie.

"L'économie mondiale connaît une période de fragilité et nous ne pouvons nous permettre de faire quoi que ce soit qui saperait la reprise par les temps qui courent", a déclaré dans un communiqué Austan Goolsbee, qui dirige le Council of Economic Advisers de la Maison blanche.

Les marchés européens ont réagi de manière négative à l'annonce de cette statistique américaine qui confirme les craintes du marché sur un ralentissement de l'économie américaine.

Les Bourses européennes ont clôturé la séance en net recul, enregistrant leur plus mauvaise performance hebdomadaire depuis mars.

Quant aux marchés américains, ils ont accusé une forte baisse avant d'effacer une partie de leurs pertes à la mi-séance, les marchés se montrant quelque peu rassurés par un appel au compromis sur la question du budget lancé par Barack Obama.

Catherine Monin pour le service français, édité par Nicolas Delame

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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