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Marché : Un sauvetage de l'espagne, un cadeau empoisonné pour l'italie ?

Un sauvetage de l'espagne, un cadeau empoisonné pour l'italie ?Un sauvetage de l'espagne, un cadeau empoisonné pour l'italie ?

par Ana Nicolaci da Costa

LONDRES (Reuters) - Si l'Espagne se décide finalement à appeler la zone euro à la rescousse, la question de la dette italienne risque de revenir sur le devant de la scène.

En effet, si Madrid est sauvée, même partiellement, le Banque centrale européenne et son plan de rachats d'obligations entreront en action, ce qui fera baisser les coûts d'emprunt de l'Espagne et redonnera aux investisseurs le goût des actifs risqués, et notamment de la dette émise par l'Italie.

Au risque pour le pays de devenir très vite le prochain maillon faible de la zone euro. Avec une crise toujours pas résolue, la tentation pourrait être grande pour les investisseurs d'éprouver la résistance italienne.

"On ne peut pas vendre l'Espagne à découvert parce qu'il y a le programme de la BCE de l'autre côté avec ses montants illimités; aussi, c'est l'Italie qui supportera le gros des ventes", commente David Keeble, responsable de la stratégie sur les produits de taux au Crédit agricole.

"Si l'Espagne devait accepter un sauvetage, je serais long sur l'Espagne et court sur l'Italie, parce que la question sera alors : que va-t-il arriver à l'Italie ? ", confirme Richard McGuire, spécialiste des taux chez Rabobank.

Certes, l'Italie est en meilleure forme financière et budgétaire que l'Espagne, qui est aux prises notamment avec de grosses difficultés bancaires. Mais le gouvernement italien a fait savoir ce mois-ci que l'économie italienne se contracterait deux fois plus que prévu en 2012.

En outre, les élections législatives sont prévues en avril et leur issue est incertaine.

Si la dette italienne devait être vendue - et les coûts d'emprunt de l'Italie monter - cela devrait accroître la pression sur Rome pour demander à son tour une aide financière.

Le ministre de l'Economie Vittorio Grilli a déclaré mercredi que l'Italie n'avait pas l'intention de solliciter l'aide des fonds de sauvetage européens ni de la BCE.

COÛT D'EMPRUNT EN BAISSE

Les tentatives passées de la BCE de faire baisser les coûts d'emprunt ne sont il est vrai pas rassurantes. Les achats d'obligations par la banque centrale via feu son Programme pour les marchés de titres (SMP) n'ont pas réussi à faire baisser durablement les coûts d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie.

Mais cette fois, certains veulent croire que les choses seront différentes compte tenu des propos très fermes tenus par la BCE.

D'ailleurs, pour l'heure, les coûts d'emprunt de l'Espagne sur dix ans ont baissé de 180 points de base depuis que la BCE s'est engagée fin juillet à faire le nécessaire pour préserver l'euro et notamment racheter des obligations d'Etat à trois ans sans montant limite. Les coûts d'emprunts de l'Italie sont eux en baisse de 150 points de base sur la même période.

Si l'Espagne est sauvée, les écarts de taux d'emprunt à dix ans des deux pays par rapport à l'Allemagne devraient se réduire. Pour l'Espagne, l'écart tomberait de 457 à 300 points et pour l'Italie de 372 à 300 points, estime Martin Harvey, gérant de fonds produits de taux chez Threadneedle Investments.

Helen Haworth, responsable de la stratégie de taux en Europe chez Crédit Suisse, reconnaît que la promesse d'une intervention de la BCE a incité le fonds qu'elle gère à reprendre ses investissements dans la dette espagnole à court terme au cours du mois écoulé pour la première fois de l'année 2012.

Pour Helen Haworth, il faut faire en sorte d'éviter que l'Italie ait besoin d'un sauvetage.

"Parce que si on commence à réfléchir sur qui va payer pour ça et qui va le soutenir, alors on va aussi se mettre à regarder qui sera le prochain et alors très vite les regards se tourneront vers la France", dit-elle. "Et personne ne veut ça."

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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