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Marché : Ubs donne des précisions sur sa perte

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par Emma Thomasson et Silke Koltrowitz

ZURICH (Reuters) - UBS a revu à la hausse dimanche à 2,3 milliards de dollars (1,67 milliards d'euros) une perte due à des transactions non autorisées et expliqué comment le trader indélicat aurait dissimulé son exposition au risque en créant des positions fictives.

UBS avait saisi les marchés jeudi en annonçant avoir perdu dans les deux milliards de dollars du fait de transactions non autorisées. Le trader d'UBS Kweku Adoboli, 31 ans, a comparu vendredi à Londres après son inculpation dans le cadre de l'enquête.

"La perte résulte de transactions spéculatives non autorisées sur divers futures sur les indices S&P-500, Dax et EuroStoxx au cours des trois derniers mois", explique UBS dans un communiqué. "La perte liée à cela est de 2,3 milliards de dollars. Comme il a été dit précédemment, aucune position de la clientèle n'a été affectée".

Cette fraude est catastrophique pour la réputation d'une banque qui commençait tout juste à se remettre de la crise financière et qui avait dû être renflouée par l'Etat. Certains avaient réclamé la démission de ses dirigeants ainsi que la scission de la banque d'investissement.

Le directeur général d'UBS Oswald Grüebel a déclaré, dans un entretien publié dimanche par le journal helvétique Der Sonntag, qu'il n'avait pas l'intention de démissionner après la découverte de cette fraude.

Il ajoute, dans un mémo au personnel obtenu par Reuters, que cet incident est venu entraver les efforts de la banque déployés pour solidifier son capital mais observe qu'UBS reste l'une des banques les mieux capitalisées de la planète.

Il dit aussi que la direction de la banque a fermement l'intention de faire tout son possible pour que ces faits ne se reproduisent plus.

Citant des personnes au fait du dossier, la presse suisse observe que le conseil d'administration de la banque, ainsi que d'importants actionnaires comme le fonds souverain de Singapour continuent de soutenir Grübel, jugeant qu'il y a bien mieux à faire que remanier la direction à l'heure actuelle.

EXPOSITION AU RISQUE FAUSSÉE

UBS a également dit que le conseil d'administration avait mis en place un comité qui sera présidé par l'administrateur indépendant David Sidwell, ex-directeur financier de Morgan Stanley. Ce comité sera chargé de mener une enquête sur les transactions et leur relation aux systèmes de contrôle de la banque.

UBS a dit qu'elle avait couvert le risque qui résultait de la fraude, avec un retour à la normale de ses opérations en Bourse dans la limite des risques précédemment définis.

Elle a expliqué que le trader avait dissimulé le fait que ses transactions sur indices boursiers avaient dépassé les plafonds de risque autorisés en ouvrant semble-t-il des positions fictives sur des fonds indiciels (ETF, exchange-traded funds) au sein même du système de la banque.

Ces fonds traquent les performances des indices et sont moins onéreux que les fonds classiquement gérés. Les régulateurs avaient déjà lancé des avertissements sur les risques de certaines déclinaisons complexes des ETF.

La banque souligne que les positions prises par le trader l'ont été dans le cadre normal de l'activité et suivant les conditions d'un portefeuille correctement couvert. Mais, ajoute-t-elle, la teneur réelle de l'exposition au risque a été faussée parce que ces positions ont été compensées par d'autres, fictives, prises sur des ETF.

Citant des sources anonymes, le Sunday Times écrit que le trader avait ouvert des positions représentant 10 milliards de dollars avant que ses pertes n'eurent été détectées.

Christoph Blocher, vice-président du Parti populaire suisse (SVP), première formation politique du pays, a réclamé une fois de plus la scission de la banque d'investissement.

"Il faut sérieusement examiner une interdiction relative à la banque d'investissement pour les banques commerciales", a-t-il lancé, dans un entretien au SonntagsZeitung, ajoutant que son parti pourrait faire équipe avec les sociaux-démocrates à cette fin.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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