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Marché : Standard & poor's prive la france de son précieux aaa

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PARIS (Reuters) - La note souveraine de la France a été abaissée d'un cran à AA+ par l'agence de notation Standard & Poor's, a annoncé vendredi le ministre des Finances, François Baroin.

La gestion du gouvernement n'est pas en cause et cette dégradation, la première depuis que le pays est noté, s'explique par la crise dans la zone euro, a-t-il ajouté.

Il n'y aura "pas de nouveau plan de rigueur, puisque ce n'est pas une question de rigueur budgétaire", a-t-il dit sur France 2.

Une source européenne a dit à Reuters que l'Autriche, un autre pays noté AAA, avait été dégradée d'un cran. L'Allemagne et les Pays-Bas devraient en revanche conserver cette note maximale.

Avant la confirmation de la dégradation, des spécialistes avaient souligné qu'une baisse d'un cran de la note française était déjà anticipée par les marchés.

"Si c'est le cas, ce serait un moindre mal et le marché pourrait rebondir lundi", a dit Alexandre Baradez, analyste de marché chez Saxo Banque. "Les craintes du marché résident dans le nombre de crans de la dégradation."

Une réunion s'est tenue en début de soirée autour du président Nicolas Sarkozy, avec le Premier ministre François Fillon, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer et les ministres des Finances et du Budget.

François Fillon s'exprimera samedi à 10h30 lors d'un point de presse, ont annoncé ses services.

La ministre du Budget, Valérie Pécresse, s'était auparavant montrée rassurante : "La France est une valeur sûre, elle peut rembourser sa dette", a-t-elle dit sur BFM TV.

"Nous ne changerons pas de cap. Notre cap, c'est le désendettement, c'est la compétitivité de la France et c'est soutenir la croissance."

UNE DÉCISION ATTENDUE

Le rendement sur la dette française à 10 ans a légèrement monté après la publication de l'information sur les éventuelles décisions de S&P, passant d'environ 3,0% à 3,13% avant de redescendre autour de 3,08%.

L'écart de rendement avec la dette allemande à 10 ans (le spread) s'est écarté, passant d'environ 123 à 136 points avant de retomber à environ 132 points.

La dégradation de la note française était attendue après le placement sous surveillance avec implication négative des notes souveraines de 15 pays de la zone euro par S&P début décembre.

Mais la hausse des coûts d'emprunts du pays que pourrait provoquer la dégradation de sa note augmenterait la charge d'intérêts qu'il doit verser, forçant le gouvernement à prendre d'autres mesures budgétaire, qui risquent de peser sur l'activité économique.

"Une dégradation de la France est de nature à entraîner une hausse du taux de la France sur les marchés. On estime qu'une hausse de 100 points de base se traduit par un surcoût pour la France de 2 milliards d'euros par an", a dit Benoît Peloille, stratégiste chez Natixis.

"Néanmoins, l'impact pourrait être limité dans la mesure où le taux 10 ans de la France s'est déjà considérablement écarté de celui de l'Allemagne."

La dégradation devrait aussi fragiliser la note de crédit du Fonds européen de stabilisation financière (FESF) censé venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté.

Une source haut placée a dit à Reuters que des abaissements de note de plusieurs pays seraient annoncés, ce qui a fait chuter les Bourses et l'euro vendredi.

L'agence Moody's a pour sa part annoncé le 12 décembre qu'elle réexaminerait les notes des pays de l'Union européenne au cours du premier trimestre.

Un responsable de Fitch Ratings, la troisième grande agence de notation mondiale, a dit mardi à Reuters que la note AAA de la France ne devrait pas être abaissée en 2012.

UN "ÉCHEC" DE SARKOZY, DIT LE PS

"La France fait partie des pays qui n'ont pas pu annoncer un plan crédible de redressement des finances publiques à moyen terme en raison de l'élection présidentielle", a dit un responsable d'une importante société de gestion.

"En tendance de fond, il y a des doutes sur capacité de la France à augmenter son potentiel de croissance à moyen terme", a-t-il ajouté, en soulignant que "son déficit extérieur et sa balance des paiements n'arrêtent pas de se dégrader".

Pour l'opposition socialiste, cette dégradation signe un "échec" de Nicolas Sarkozy, à 100 jours de la présidentielle.

"M. Sarkozy restera le président de la dégradation de la France", a dit Martine Aubry, première secrétaire du PS, dans un communiqué.

Pour Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS de l'Assemblée, "la dégradation de la note (...) est la rançon d'un quinquennat calamiteux". "Elle est la faillite d'une gestion erratique qui a fait exploser la dette et conduit à la récession."

Parmi les AAA placés sous surveillance négative par S&P, seule la France était menacée d'une baisse de deux crans.

L'avenir du AAA français se décidera sur quatre fronts, avait alors dit l'agence : la réponse européenne à la crise - jusqu'ici laborieuse -, des promesses de baisse du déficit probablement trop belles, des banques sous pression et une BCE qui n'aidera peut-être pas la France autant qu'elle pourrait en avoir besoin.

Les cinq autres pays AAA de la zone euro avaient également été placés sous surveillance avec implication négative par S&P. Mais le critère strictement budgétaire n'avait pas été retenu dans leur cas.

Les autorités françaises ont annoncé que le déficit public de 2011 serait inférieur à sa prévision - proche de 5,5% du produit intérieur brut au lieu de 5,7% - mais le ralentissement économique devrait mettre le gouvernement sous pression.

La France s'est engagée à réduire son déficit public à 4,5% du PIB fin 2012, 3% fin 2013, 2% fin 2014, 1% fin 2015 et de revenir à l'équilibre en 2016.

Le candidat du PS à la présidentielle, François Hollande, a promis de respecter l'objectif d'un retour à 3% fin 2013 et de rééquilibrer les comptes publics en 2017.

Il doit s'exprimer samedi à 08h30.

Jean-Baptiste Vey, Yann Le Guernigou, Emmanuel Jarry, Alexandre Boksenbaum-Granier et Raoul Sachs, édité par Yves Clarisse

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