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Marché : Stanchart trouve un accord amiable avec l'etat de new york

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par Karen Freifeld

NEW YORK (Reuters) - La banque britannique Standard Chartered a convenu de débourser 340 millions de dollars (276 millions d'euros) pour mettre fin aux poursuites du département des services financiers (DFS) de l'Etat de New York dans une affaire de transactions occultes présumées avec l'Iran.

L'accord amiable survient après une semaine de tensions transatlantiques et à moins de 24 heures d'une audition à haut risque pour Standard Chartered, menacé de se voir retirer sa licence bancaire à New York.

Le directeur du DFS, Benjamin Lawsky, affirmait le 6 août dernier que la banque avait dissimulé des transactions avec l'Iran et l'avait sommée de venir s'expliquer ce mercredi.

L'entretien est ajourné, a fait savoir le DFS en annonçant la conclusion de l'accord, qui survient alors que le directeur général de StanChart s'est rendu à New York pour prendre en main les négociations en ce sens.

Outre le règlement de l'amende, la banque s'engage à mettre en place pendant au moins deux ans un mécanisme de surveillance chargé d'évaluer ses contrôles en matière de risques de blanchiment de capitaux dans sa branche new-yorkaise, a précisé le DFS dans un communiqué.

"Les parties se sont accordées sur le fait que le comportement visé a porté sur des transactions d'au moins 250 milliards de dollars", a déclaré le DFS.

Standard Chartered avait jusqu'à présent vivement contesté ce montant mis en avant par le régulateur, estimant que les sommes incriminées étaient inférieures à 14 millions de dollars.

La banque a néanmoins salué l'accord, "une décision pragmatique dans l'intérêt optimal des actionnaires et des clients", selon un porte-parole joint par Reuters.

Les actionnaires pressaient en effet la banque de parvenir rapidement à un compromis pour s'épargner un passage devant les tribunaux, dommageable tant financièrement qu'en termes de réputation.

AMENDE "STANDARD"

Dans son injonction, Benjamin Lawsky avait qualifié Standard Chartered d'établissement "voyou", estimant que ses agissements avaient laissé le système financier américain en proie à des terroristes, des marchands d'armes, des barons de la drogue et des régimes corrompus.

La véhémence du régulateur new-yorkais a certes donné une plus grande visibilité à sa fonction, quelques mois seulement après la création du DFS. Mais elle a provoqué la surprise et la colère des autorités fédérales américaines, qui enquêtaient depuis plus de deux ans sur les agissements de la banque et négociaient déjà à l'amiable avec elle.

L'affaire a également pris une dimension politique et certains parlementaires britanniques y ont vu une manoeuvre des Etats-Unis pour ébranler la place financière londonienne.

Le Trésor comme la Réserve fédérale ont indiqué mardi qu'ils poursuivraient leurs propres discussions avec la banque.

Au final, la somme que devra verser StanChart aux services du régulateur new-yorkais est proche de celle qu'ont dû régler une poignée d'autres grandes banques accusées de transactions illicites avec des régimes faisant l'objet de sanctions de la part des Etats-Unis, tels l'Iran ou Cuba.

En 2010, Barclays avait ainsi consenti à verser 298 millions de dollars à la justice américaine pour avoir commercé avec Cuba, l'Iran, la Libye, le Soudan et la Birmanie. Lloyds Banking Group et Credit Suisse ont de leur côté conclu des accords amiables de 350 millions et 536 millions de dollars respectivement.

HSBC, accusée par un rapport de la commission du Sénat américain d'avoir facilité le blanchiment de capitaux, notamment au Mexique, fait actuellement l'objet d'une enquête des autorités américaines, selon des documents transmis aux autorités boursières.

Natalie Huet pour le service français

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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