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Marché : Sarkozy promet une solution après la liquidation de seafrance

Sarkozy promet une solution après la liquidation de seafranceSarkozy promet une solution après la liquidation de seafrance

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a promis lundi qu'une solution serait trouvée pour la reprise de la compagnie maritime transmanche SeaFrance après la liquidation définitive prononcée par le tribunal de commerce de Paris, qui ouvre la voie à plusieurs scénarios.

Les magistrats ont rejeté à la fois le délai d'une semaine réclamé par la Société ouvrière et coopérative (Scop) créée par des salariés et le plan de cession qu'ils avaient présenté.

"Il n'existe aucune offre de reprise valable, l'activité ne peut être poursuivie, le tribunal met fin à la période de maintien de l'activité de SeaFrance", selon l'exposé de la décision des juges.

Le président français a cependant affirmé lors d'une conférence de presse à Berlin que le ministre des Transports tiendrait une réunion dès mardi afin de trouver "une solution crédible pour tous les salariés de Sea France".

Deux solutions sont selon lui encore possibles.

"L'une, c'est la Scop, c'est à dire que les salariés de SeaFrance réinvestissent leurs indemnités pour assurer la prolongation de l'activité", a-t-il expliqué.

"L'autre, c'est qu'un partenaire puisse faire des propositions de reprise au personnel de SeaFrance", a-t-il ajouté, précisant que deux repreneurs potentiels existaient.

Une centaine de salariés venus de Calais avaient auparavant manifesté leur colère devant le tribunal, dans l'île de la Cité, à l'annonce du rejet de leur projet de cession, qui leur aurait évité d'engager leurs indemnités de licenciement.

Les syndicalistes de la Scop, qui voulaient à tout prix éviter une liquidation les obligeant à repartir de zéro, ne désespèrent pas de trouver des partenaires pour relancer l'activité, même si la cessation d'activité complique la donne.

LA SCOP REGARDE DU CÔTÉ D'EUROTUNEL

Nicolas Sarkozy s'était dit prêt la semaine dernière à soutenir le projet de Scop à condition d'en passer par une liquidation définitive, moyen pour la SNCF, dont SeaFrance est une filiale, de verser aux salariés des indemnités de licenciement destinées à financer leur projet.

Mais les syndicalistes de la CFDT Maritime, qui portent le projet de Scop regroupant 576 salariés, ont jugé jusqu'à présent trop aléatoire l'option consistant à redémarrer la société avec leurs indemnités.

Selon eux, l'Etat aurait mieux fait d'engager dans le projet de cession les 60 millions d'euros d'indemnités évoqués, selon eux, par la SNCF au lieu de se situer d'emblée "dans l'après liquidation."

La compagnie s'est déclarée prête lundi à verser 36 millions d'euros d'indemnités supplémentaires.

Pour Fouad Barbouch, l'avocat de la Scop, le plan des salariés devient plus compliqué car "tous les actifs vont être vendus au plus offrant", mais la Scop n'est pas morte.

"Le projet Eurotunnel rentre ainsi dans le projet que nous avions", a-t-il dit à Reuters.

Eurotunnel a annoncé lundi vouloir soutenir le projet de reprise de la compagnie par ses salariés en prenant des parts dans une société qui rachèterait ses navires.

Les salariés soutenant le projet coopératif soupçonnent le ministre des Transports, Thierry Mariani, d'avoir milité en faveur d'une liquidation dans le but d'écarter la Scop, contrairement à ses déclarations, pour favoriser Louis Dreyfus Armateurs (LDA) associé à DFDS, une société danoise.

"On peut se demander si les dés n'étaient pas pipés depuis le début, si on n'a pas été liquidés au profit d'un armateur", a lancé Didier Cappelle, secrétaire général de la CFDT Maritime, alors que plusieurs salariés conspuaient le nom de Nicolas Sarkozy devant le tribunal.

Certains opposants à la solution de Scop préféraient une proposition de sociétés privées, dont celle de LDA, qui avait retiré un premier projet de reprise.

En outre, François Chérèque, patron national de la CFDT, a solennellement pris ses distances avec la CFDT Maritime de SeaFrance, dont la probité a été mise en cause ces derniers jours par d'autres syndicats.

"J'ai un peu honte ce matin sur le comportement de ces militants qui n'ont pas un comportement honorable", a-t-il dit Il condamne ce qu'il voit comme "l'entêtement" de la CFDT de SeaFrance qui selon lui menace l'emploi et menace d'exclure ses dirigeants.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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