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Marché : Sarkozy et merkel au chevet de l'euro sous l'oeil des marchés

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par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se réunissent ce mardi pour évoquer les moyens de renforcer la gouvernance de la zone euro au moment où les marchés font pression pour une plus grande intégration budgétaire afin d'éviter une désintégration de la monnaie unique.

La tempête qui ébranle les places financières sur fond de crainte de contagion de la crise des dettes grecque, portugaise et irlandaise à l'Espagne, l'Italie et même la France, a donné un caractère d'urgence à ce sommet programmé depuis fin juillet.

Le président français et la chancelière Angela Merkel, dont c'est la troisième rencontre en l'espace de deux mois, doivent en outre affronter un environnement économique dégradé.

Après la France en fin de semaine passée, l'Allemagne a annoncé mardi que son économie avait quasiment stagné au deuxième trimestre, affichant une croissance de 0,1%, et les craintes de ralentissement généralisé viennent renforcer les doutes des marchés sur la capacité des Etats à lutter contre les déficits.

Avant de recevoir Angela Merkel, Nicolas Sarkozy devait déjeuner avec son Premier ministre François Fillon pour discuter du cadrage du projet de budget 2012, dont la préparation s'annonce délicate.

La presse spécule sur des coupes d'une dizaine de milliards d'euros nécessaires au respect des objectifs de déficits publics, que le gouvernement s'est engagé à atteindre quelle que soit la conjoncture, et ce alors que la prévision de croissance 2012 devra sans doute être revue à la baisse.

Dans ce contexte, Français et Allemands doivent montrer qu'ils sont sur la même longueur d'ondes en proposant des mesures pour restaurer la confiance dans la zone euro, mise à mal par le sentiment que l'accord conclu fin juillet sur un nouveau mécanisme de gestion des crises ne va pas assez loin.

LES "EUROBONDS" PAS D'ACTUALITE

Avec les craintes entretenues aujourd'hui sur les grandes économies, le débat se focalise sur une mutualisation des dettes de ses pays membres, seule solution aux yeux de nombreux économistes pour sortir de la crise actuelle, via l'émission d'obligations communes aux membres de la zone.

Mais Berlin et Paris ont démenti lundi que cette question des "Eurobonds", qui suscite des débats houleux en Allemagne, serait à l'ordre du jour du sommet de l'Elysée.

Citée dans Le Figaro, une source proche de la présidence française déclare qu'"émettre des euro-obligations communes nécessite un degré d'intégration économique et budgétaire entre les pays que nous n'avons pas".

Une autre solution envisagée, un renforcement de la force de frappe du Fonds européen de stabilité financière (FESF) actuellement doté de 440 milliards d'euros, n'est pas plus d'actualité à ce jour.

La France et l'Allemagne s'en tiennent à l'ordre du jour officiel annoncé, à savoir la préparation de propositions de réforme de la gouvernance de la zone euro qu'ils se sont engagés à présenter à leurs partenaires avant la fin de l'été.

Parmi les solutions évoquées figure la tenue de sommets réguliers de la zone euro, souhaitée de longue date par la France, ou la mise en place d'un système de surveillance renforcé des politiques budgétaires pour éviter tout dérapage.

A défaut de la création d'un ministère des Finances européen, une idée avancée par le président de la Banque centrale européenne (BCE) mais rejetée par Nicolas Sarkozy, les pays de zone devront "d'une façon ou d'une autre perdre leur souveraineté, estime l'économiste Jean-Pierre Pollin.

"La monnaie unique implique fatalement une union politique. Cela n'existait pas au moment de la création de l'euro et cela nous revient à la figure aujourd'hui", dit-il dans une interview publiée mardi par Le Parisien.

édité par Yves Clarisse

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