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Marché : Sans réformes santé, s&p pourrait dégrader des pays du g20

Sans réformes santé, s&p pourrait dégrader des  pays du g20Sans réformes santé, s&p pourrait dégrader des  pays du g20

par Walter Brandimarte et Stanley White

NEW YORK (Reuters) - Standard & Poor's a averti qu'elle pourrait déclasser plusieurs pays du G20 ayant "des notes élevées" à partir de 2015 si leurs gouvernements ne parviennent pas à contenir l'envolée des dépenses de santé et des coûts liés au vieillissement de la population.

Les pays développés comme le Japon, les Etats-Unis ou les pays d'Europe risquent de subir une forte détérioration de leurs finances publiques au cours des 40 prochaines années à mesure que les dépenses liées au vieillissement des populations pèseront sur les comptes sociaux, écrit S&P dans un rapport.

"La hausse progressive des dépenses de santé pèsera lourdement sur les cordons de la bourse publique dans les décennies à venir", souligne Marko Mrsnik, analyste de l'agence américaine.

Si les gouvernements ne modifient pas leurs systèmes de protection sociale, prévient S&P, la situation risque de devenir intenable.

Si aucune réforme n'est menée à bien, des abaissements de notes liées au système de santé interviendront probablement d'ici trois ans, ce qui pourrait conduire à une hausse du nombre de pays placés en catégorie spéculative à partir de 2020, précise le rapport.

La santé s'annonce comme le poste de dépenses à plus forte croissance pour les pays développés, qui affichent déjà un haut niveau de protection sociale et une dégradation rapide de leur pyramide des âges.

Par exemple, la population du Japon devrait chuter de 30% d'ici 2060, avec deux cinquièmes des Japonais qui auront plus de 65 ans, selon les prévisions officielles.

PLUS DE MARGE DE MANOEUVRE EN ASIE

Les pays émergents, en particulier en Asie du Sud-Est, ont un peu plus de marge de manoeuvre en raison de dynamiques démographiques plus favorables et de leur croissance économique, relève S&P.

En outre, l'Asie devrait moins souffrir que les pays occidentaux parce que la protection sociale y est beaucoup moins étendue, souligne de son côté Adrian Foster, directeur de l'analyse financière chez Rabobank International à Hong Kong.

"Le fait que la plupart des pays asiatiques n'aient pas un système de droit (à la couverture sociale) comme celui mis en place en Occident signifie que la bombe à retardement démographique ne sera pas d'aussi grande portée", juge-t-il.

La démographie ne sera pas le seul facteur à l'origine de la hausse des dépenses de santé. S&P cite un rapport du Fonds monétaire international (FMI) selon lequel l'apparition de technologies médicales plus onéreuses et la généralisation des traitements à une partie plus large de la population pourraient représenter les deux tiers de cette augmentation.

Par ailleurs, Standard & Poor's explique qu'une réforme du système de retraites qui n'irait pas de pair avec une modification du régime de santé serait insuffisante pour les pays du G20.

Si la législation était modifiée pour contenir une éventuelle flambée des dépenses liées au vieillissement, mais sans s'attaquer aux dépenses de santé en général, le problème serait seulement un peu moins grave que dans un scénario sans aucune réforme.

A l'inverse, des réformes visant à faire face au vieillissement, couplées avec un retour à l'équilibre budgétaire d'ici 2016, devraient suffire à contenir l'augmentation des dépenses de santé d'ici 2050, prévoit l'agence.

"Les résultats de ce scénario tendent vers une stabilisation globale de nos hypothèses de notes souveraines", poursuit-elle, notant toutefois que le nombre de pays situés dans le bas de la catégorie "investissement" augmenterait malgré tout.

Jean Décotte pour le service français

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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