Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Russell investments croit au rattrapage du marché européen

Marché : Russell investments croit au rattrapage du marché européen

Russell investments croit au rattrapage du marché européenRussell investments croit au rattrapage du marché européen

par Alexandre Boksenbaum-Granier et Blaise Robinson

PARIS (Reuters) - Russell Investments estime que les Bourses européennes pourraient rattraper les américaines après trois années de sous-performance, la société de gestion jugeant excessif l'écart entre les deux côtés de l'Atlantique.

La société, qui gère 108 milliards d'euros, surpondère les actions, mais avec une exposition prudente, alors que l'action des banques centrales, notamment l'opération de refinancement à trois ans conduite par la Banque centrale européenne fin décembre, a apporté de la liquidité aux agents économiques.

"Un rattrapage des Bourses européennes est possible (...) L'Europe se retrouve à un niveau de valorisation très inférieur à celui des marchés américains sans que la situation économique soit aussi déconnectée", a déclaré Alain Zeitouni, directeur de la gestion multi-stratégies chez Russell Investments, lors d'une interview à Reuters.

Entre fin 2008 et le 17 février 2012, l'indice paneuropéen EuroStoxx 50 a progressé de 3%, contre un gain de plus de 50% pour l'indice américain S&P 500.

"Cet écart nous semble excessif, d'autant que les Etats-Unis connaissent eux aussi des difficultés, comme un déficit budgétaire toujours abyssal, qui sont moins prises en compte qu'en Europe où l'on connait déjà le scénario du pire", a rappelé Alain Zeitouni.

"RESSERREMENT DES SPREADS"

Il s'interroge également sur la capacité des entreprises américaines à poursuivre la progression de leurs bénéfices après huit trimestres consécutifs de hausse.

La société de gestion estime en revanche "correctement valorisés" les marchés émergents.

Si l'exercice 2011 a été difficile pour les Bourses européennes avec un recul de 17% de l'EuroStoxx 50, Russell Investments rappelle qu'il n'en a pas été de même pour tous les marchés au niveau mondial, le S&P 500 notamment finissant inchangé.

"Le spread entre l'Euribor et l'Eonia, qui représente le coût du risque sur le marché interbancaire, s'est considérablement réduit depuis mi-décembre. Il y a également eu un resserrement des spreads français, italiens et espagnols", a noté Alain Zeitouni.

"Pour l'instant, les adjudications très attendues de la France, de l'Espagne et de l'Italie se sont très bien déroulées, avec une très forte demande et des rendements en baisse."

L'Espagne, la France, et l'Italie, a-t-il rappelé, doivent refinancer 450 milliards d'euros sur la première partie de l'année.

Dans le contexte actuel, Russell Investments estime que les actions constitue un investissement plus intéressant que le monétaire ou l'obligataire, et a développé deux thématiques dans ses portefeuilles, celle des dividendes et celle des actifs réels (matières premières, immobilier coté et infrastructures cotées).

LE MONÉTAIRE, C'EST PERDRE DE L'ARGENT

"Investir sur le monétaire, cela revient à perdre de l'argent aujourd'hui avec un rendement à 1% et une inflation à 2%. Quant aux obligations, le 10 ans allemand est à peu près au niveau de l'inflation, ce qui constitue un niveau de rendement très très faible et qui offre peu de perspectives", a relevé Alain Zeitouni.

"Parallèlement, les actions offrent un rendement plus élevé de l'ordre de 3,5% au niveau mondial, et les valorisations ne sont pas désagréables."

Russell Investments s'intéresse en particulier aux valeurs capables de générer un dividende récurrent et en progression d'une année sur l'autre, comme Microsoft, Intel ou Total.

"En matière d'infrastructures, les besoins sont excessivement importants au niveau mondial du fait de la croissance des pays émergents, et dans les pays développés il y a une nécessité de renouvellement alors que les Etats se désengagent", a précisé le gérant citant des sociétés comme TransCanada ou Severn Trent.

La société de gestion sort des obligations souveraines mais s'intéresse à la dette privée classée en catégorie investissement ("Investment Grade") ou haut rendement ("High Yield"), et plus particulièrement aux notations "BB" ou "BBB", ce qui lui permet d'aller chercher des rendements plus attractifs.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...