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Marché : Rome présente les exigences de la bce et promet de s'y plier

Rome présente les exigences de la bce et promet de s'y plierRome présente les exigences de la bce et promet de s'y plier

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien a présenté jeudi les exigences de la Banque centrale européenne (BCE) pour revenir à l'équilibre budgétaire et s'est dit prêt à s'y conformer.

La BCE a demandé à Rome de libéraliser les services publics locaux, de repousser l'âge de départ à la retraite et de rendre plus flexible le marché du travail, a dit au Parlement le ministre italien des Finances, Giulio Tremonti.

Giulio Tremonti a ajouté que l'Italie avait besoin de nouvelles mesures d'austérité et devait lutter plus efficacement contre l'évasion fiscale et l'abus de contrats à durée déterminée. Il s'est également dit ouvert à des propositions sur une réforme de la fiscalité des revenus financiers.

L'Italie a déjà adopté le mois dernier un plan d'économies de 48 milliards d'euros, qui visait à revenir à l'équilibre budgétaire en 2014.

La BCE a commencé lundi à acheter des obligations italiennes, demandant en échange au chef du gouvernement Silvio Berlusconi de s'engager à éliminer le déficit budgétaire un an plus tôt. L'objectif est de réduire le déficit de 20 milliards d'euros supplémentaires.

Alors que le rendement des titres de dette souveraine italien avaient dépassé les 6%, niveau jugé insupportable par les responsables politiques et économiques, les coûts de financement dont doit s'acquitter Rome sont revenus à un peu plus de 5% suite aux opérations de la BCE.

Malgré les demandes des partenaires sociaux et de l'opposition, Silvio Berlusconi n'a toujours pas annoncé quelles mesures il envisageait pour atteindre cet objectif.

Le gouvernement approuvera d'ici jeudi prochain en urgence un décret prévoyant de nouvelles mesures d'austérité, a dit Silvio Berlusconi mercredi. Une source proche du parti au pouvoir a ensuite dit qu'un conseil des ministres pourrait être réuni dès vendredi.

"Les Bourses européennes, entraînées dans une chute catastrophique, ne peuvent pas attendre le 18 août", écrivait le quotidien Corriere della Sera dans son éditorial jeudi.

Vers 12h15 GMT, la Bourse de Milan plongeait à nouveau de 2,8%, dans le cadre d'un nouveau vent de panique sur les places financières européennes autour des banques, notamment françaises.

DES MESURES INSUFFISANTES SELON LE PATRONAT

Le président de la République Giorgio Napolitano, rentré à Rome pour suivre l'évolution de la crise, devait rencontrer Silvio Berlusconi dans l'après-midi au palais du Quirinale.

L'opposition, les partenaires sociaux et certains alliés de Silvio Berlusconi sont tous, à leur façon, en désaccord avec certaines des propositions du gouvernement ou de la BCE.

Le dirigeant de la Ligue du nord Umberto Bossi, principal partenaire de Berlusconi au sein du gouvernement de coalition, a accusé la BCE de vouloir faire chuter le gouvernement.

"Je crains qu'il n'y ait une tentative de faire tomber le gouvernement", a-t-il dit.

"Je crains que la lettre (de la BCE) ait été écrite à Rome", a-t-il dit en allusion au gouverneur de la Banque d'Italie Mario Draghi, qui doit prendre la succession de Jean-Claude Trichet à la présidence de la BCE.

Le chef de l'opposition, Pierluigi Bersani, a lui clamé son opposition à une "règle d'or" constitutionnelle, envisagée par le gouvernement pour interdire le vote d'un budget en déficit.

"Fixer l'équilibre du budget dans la constitution... Eh bien, nous n'avons pas l'intentison de nous priver pour des siècles de toutes les politiques économiques possibles. Donc, trouvons une solution de flexibilité", a dit Bersani au parlement.

Giulio Tremonti a ensuite déclaré que le gouvernement n'envisageait pas de baisser les salaires des fonctionnaires dans le cadre de nouvelles mesures d'austérité.

L'organisation patronale italienne a quant à elle estimé que les premières ébauches présentées par Giulio Tremonti ne permettraient pas d'atteindre l'objectif fixé.

"Les mesures dévoilées jusqu'ici sont loin de l'objectif de 20 milliards d'euros de mesures budgétaires supplémentaires", a dit à la télévision italienne Giampaolo Galli, directeur général de la Confindustria.

Deepa Babington et James McKenzie, Clément Guillou pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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