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Marché : La zone euro en route vers la “normalité budgétaire”

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(CercleFinance.com) - Ce matin à Paris, CPR Asset Management (AM) a présenté sa vision de la conjoncture pour l'année 2013 qui vient de commencer. Du côté des Etats-Unis, première économie de la planète, les dernières enquêtes de conjoncture sont “compatibles avec une croissance du PIB de l'ordre de 2%” en tendance, estime CPR AM, chiffre sensiblement inférieur aux dernières prévisions de la Fed. Dans la zone euro, même si la récession persiste, des progrès ont été accomplis et “un retour à une certaine forme de normalité en matière de déficit, sinon de dette, est envisageable d'ici 2014”.

Tout d'abord Philippe Weber, responsable des études et de la stratégie de CPR AM, a fait le point sur les perspectives des Etats-Unis. Il a souligné la nette amélioration du marché du logement, “qui avait été frein à la reprise” : les mises en chantiers sont reparties de l'avant et leur rythme de leur reprise accélère toujours. Idem du côté des stocks de logements anciens, revenus au niveau d'avant-crise, et des stocks de logements neufs, au plus bas depuis que l'indicateur existe. “Les saisies immobilières alimentent le stock à un rythme beaucoup moins soutenue”, note CPR AM.

Reste un point encore en souffrance : à 7,8% en décembre, selon le Bureau of Labor Statistics, le taux de chômage “diminue beaucoup plus lentement que lors des précédents cycles”. Pire : le nombre de chômeurs de longue durée (de plus de six mois) est toujours à son plus haut niveau depuis la Seconde guerre mondiale, ce qui constitue d'ailleurs “l'un des sujets de préoccupation de la Réserve fédérale”.

Enfin, Philippe Weber prend aussi en compte l'accord budgétaire conclu in extremis par le Congrès dans la nuit de la Saint-Sylvestre. Outre une imposition supplémentaires pour les revenus les plus élevés, le texte comprend - ce qui n'était pas prévu - une prolongation des allocations chômage, une bonne nouvelle pour la demande alors que la propension marginale à consommer des bas revenus est la plus forte. Mais cet accord n'en reste pas moins “un compromis à mi-chemin” car d'ici le 1er mars, le plafond de la dette publique fédérale, déjà atteint, devra être relevé. Le “choc budgétaire” tant redouté s'annonce donc limité, mais les conditions dans lesquelles cette hypothèque a été levée pèsent malgré tout sur les projections.

En conséquence et dans le cadre de son scénario central, Philippe Weber estime que le PIB des Etats-Unis connaîtra, en 2013, une croissance de 2%. Ce chiffre serait inférieur si d'aventure ce qui reste de la “falaise budgétaire” venait à être “mal négocié”, avertit le spécialiste.

A titre de comparaison, rappelons que le FMI, dans sa dernière revue prospective trimestrielle remontant à octobre, tablait sur 2,1% de croissance aux Etats-Unis en 2013, après 2,2% en 2012. Surtout, les prévisions mises à jour (et abaissées) par la Fed le 12 décembre dernier prévoyaient, elles, de 2,3 à 3% de croissance en 2013, soit 2,65% en moyenne. Au titre de 2012, la Fed attend 1,7-1,8%.

Quid de la zone euro, actuellement en récession ? “Pas de retournement imminent en vue”, prévient l'économiste. Parmi les grands pays, la France “résiste tant bien que mal” quand l'Allemagne, “confrontée à la morosité de plusieurs de ses marchés d'exportation, ralentit”.

A l'intérieur de l'union monétaire, Philippe Weber souligne la divergence nette et croissante des taux d'intérêt pratiqués pour les crédits aux entreprises non financières à moins d'un an : de l'ordre de 3,2% en Allemagne, en Autriche et en Finlande, il est plus proche de 4% en France et culmine même à près de 7% au Portugal, ce qui impacte les croissances respectives de ces différents pays.

Reste qu'après les déclarations et la décision de Mario Draghi qui, depuis septembre 2012 a rendu possible l'assouplissement quantitatif de la part de la BCE (les fameux OMT, qui n'ont pas encore commencé), la situation de l'Eurozone tend à se stabiliser. Des améliorations sont même à noter du côté des parts de marché et des dépôts bancaires des pays périphériques de la zone euro. En effet, les coûts salariaux unitaires ont, depuis 2010, commencé à baiser en Grèce, en Espagne et au Portugal, ce qui accroît la compétitivité de ces pays.

Après 802 milliards de refinancements en 2012, les Etats de la zone euro auront encore fort à faire sur les marchés obligataires en 2013, leurs besoins étant estimés au total à 752 milliards d'euros, selon CPR AM. L'Italie (185 milliards attendus en 2013, après 220 milliards en 2012), la France (172 milliards, contre 185 milliards), l'Allemagne (154 milliards contre 185) et l'Espagne (117 milliards contre 86) seront les premiers concernés. Il s'agira essentiellement du refinancement de dettes existantes.

Globalement, la trajectoire budgétaire des Etats de la zone euro traduit une amélioration de leurs finances publiques, aussi lente soit-elle. Et ce bien que la France demeure à la traîne en terme de déficit structurel. Dans l'ensemble, “un retour à une certaine forme de normalité (en matière de déficit, sinon de dette), est envisageable d'ici 2014”, indique Philippe Weber.

CPR Asset Management (AM), qui gérait plus de 20 milliards d'euros d'actifs à fin septembre 2012, est une filiale d'Amundi, lui-même contrôlé par le Crédit Agricole à hauteur de 75%, la Société Générale détenant le solde.


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