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Marché : Papandréou en première ligne pour défendre son plan d'austérité

Papandréou en première ligne pour défendre son plan d'austéritéPapandréou en première ligne pour défendre son plan d'austérité

par Georges Georgiopoulos et Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a bon espoir que le Parlement d'Athènes vote la semaine prochaine le nouveau plan d'austérité destiné à assurer la poursuite de l'aide financière internationale et éviter que son pays ne sombre dans la faillite.

Les députés grecs se prononceront le 29 juin sur le plan d'austérité de cinq ans mis au point avec le FMI et l'Union européenne, et le lendemain sur la loi d'application de ce programme.

La Grèce a trouvé jeudi un accord avec les inspecteurs dépêchés à Athènes par le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne sur ce nouveau plan.

Lors d'une conférence de presse au sommet européen vendredi à Bruxelles, Georges Papandréou a dit ne pas douter que malgré la protestation populaire les députés socialistes feront preuve de maturité et voteront le plan. Il a une nouvelle fois souligné que le système fiscal grec lui apparaissait d'une grande injustice et a promis de le réformer.

Le Premier ministre s'attend par ailleurs à ce que le second programme d'aide à la Grèce soit à peu près équivalent en taille aux 110 milliards d'euros du premier. "C'est un prêt gigantesque", a-t-il dit. "Le second prêt - je ne peux donner de chiffre particulier - pourrait être l'équivalent (du premier)".

"PLUS D'INTÉRÊTS À RESTER DANS LA ZONE EURO"

George Papandréou a estimé que la Grèce avait plus à gagner en restant dans la zone euro qu'en renonçant à la monnaie commune en dévaluant sa monnaie pour tenter de stimuler l'économie. "C'est un vieux débat. Mais si on y regarde de près, on constate qu'il y a bien plus d'avantages à rester dans l'euro qu'à en sortir", a-t-il dit.

Selon un sondage publié vendredi, l'opposition conservatrice grecque devance le Parti socialiste (Pasok) de Papandréou de 2,1 points. Cette enquête crédite la Nouvelle Démocratie de 22,9% des intentions de vote, contre 20,8% au Pasok.

Le Pasok dispose de la majorité absolue au Parlement d'Athènes avec 155 députés sur 300.

L'un des députés socialistes, Thomas Robopoulos, a annoncé qu'il voterait contre le plan d'austérité. "Des commerces ferment tous les jours et on veut prendre des mesures qui bloquent la croissance", a-t-il déploré. "Je vais prendre la parole au parlement pour dire qu'il faut faire quelque chose. Il faut former un gouvernement d'unité nationale et Papandréou ne peut pas le faire tout seul", a-t-il dit à Reuters.

La Nouvelle Démocratie a annoncé qu'elle voterait contre le plan mais son chef, Antonis Samaras, a précisé que son parti était favorable à certaines mesures, notamment sur les privatisations.

L'Europe est soucieuse d'épargner aux contribuables la totalité du coût d'un nouveau renflouement de la Grèce et elle presse les institutions financières de prendre leur part du fardeau en participant volontairement à un deuxième plan de sauvetage à la Grèce.

LE RÔLE DES BANQUES

A l'issue du sommet de Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré que les banques et compagnies d'assurance françaises étaient prêtes à souscrire volontairement à de nouvelles obligations publiques grecques.

Ce processus de "rollover" sur une base volontaire est la solution actuellement à l'étude pour permettre aux investisseurs privés de participer au plan de sauvetage financier de la Grèce.

Le gouvernement espagnol a pour sa part demandé aux banques, caisses d'épargne et assurances du pays de maintenir leur détention de dette souveraine grecque sur les cinq prochaines années.

Les ministres des Finances de l'UE ont donné jusqu'au 3 juillet aux autorités grecques pour faire adopter au Parlement les mesures d'austérité demandées par l'Union et le FMI pour débloquer la prochaine tranche d'aide de 12 milliards d'euros et préparer le second plan.

Selon une source européenne de haut rang, Athènes aurait désormais besoin d'un financement public UE/FMI de 55 milliards d'euros jusqu'à 2014. Cette somme s'ajouterait aux 57 milliards devant encore être débloqués dans le cadre du premier plan de soutien de 110 milliards d'euros adopté en mai 2010 et aux plus de 50 milliards d'euros espérés des privatisations et de la participation des créanciers privés au plan.

Le gouvernement grec prévoit notamment d'abaisser le seuil minimum d'imposition sur le revenu à 8.000 euros par an au lieu de 12.000 euros actuellement. Un impôt exceptionnel de solidarité sur les revenus sera instauré. Il sera compris entre 1% à 5% des revenus en fonction de leur montant.

La taxe sur le fioul domestique sera légèrement relevée et un impôt minimum sera institué pour les auto-entrepreneurs. Ce secteur est considéré comme un de ceux où la fraude fiscale est la plus pratiquée.

Guy Kerivel pour le service français, avec les services économiques, édité par Gilles Trequesser

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