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Marché : Olympus reconnaît un maquillage comptable de plus de 20 ans

Olympus reconnaît un maquillage comptable de plus de 20 ansOlympus reconnaît un maquillage comptable de plus de 20 ans

par Nathan Layne et Isabel Reynolds

TOKYO (Reuters) - Olympus a reconnu que des acquisitions controversées avaient servi à masquer des pertes sur des titres financiers remontant aux années 1980, succombant ainsi à des semaines de pression qui ont fait fondre sa valeur en Bourse de Tokyo.

Le fabricant d'appareils photo et d'instruments d'optique a vu son titre perdre plus de 70% en Bourse depuis le licenciement à la mi-octobre du directeur général Michael Woodford, qui avait jugé douteux des versements de 1,3 milliard de dollars (950 millions d'euros) sur des acquisitions passées.

Olympus a dit mardi avoir découvert que des sommes liées à quatre fusions-acquisitions, dont le rachat en 2008 du groupe britannique Gyrus pour 2,2 milliards de dollars, qui a donné lieu à des honoraires anormalement élevés de 687 millions de dollars, avaient servi à dissimuler des pertes sur des titres financiers.

Le président d'Olympus a estimé au cours d'une conférence de presse que les anciens dirigeants du groupe étaient responsables du maquillage financier et a dit envisager des poursuites pénales à leur encontre.

"Je n'avais aucune idée des faits que je vous explique aujourd'hui, a dit Shuichi Takayama, qui avait fermement défendu les acquisitions lorsqu'il a succédé à Tsuyoshi Kikukawa le mois dernier.

Olympus, fondé en 1919, a annoncé le licenciement de son vice-président, Hisashi Mori, tandis que son auditeur interne Hideo Yamada a proposé de démissionner.

LA CAPITALISATION BOURSIÈRE A FONDU DE 6 MILLIARDS DE DOLLARS

L'action Olympus a terminé mardi en baisse de 29%, à son plus bas niveau depuis 16 ans. La valeur boursière du groupe a fondu de six milliards de dollars depuis la mi-octobre.

Le groupe a précisé dans un communiqué que les détails du maquillage financier avaient été découverts avec l'aide d'une commission spéciale instaurée la semaine dernière et chargée d'enquêter sur les irrégularités présumées liées aux acquisitions passées du groupe.

Selon le président d'Olympus, le procédé de dissimulation comptable aurait démarré il y a plus de 20 ans.

Le groupe a reconnu avoir affecté des sommes liées à ses acquisitions dans plusieurs fonds en vue de différer la publication de ses pertes, une pratique devenue courante après l'éclatement de la bulle financière japonaise en 1990.

Le procédé, finalement interdit en 2000, permettait de transférer temporairement les pertes vers les comptes d'une autre société, dans l'espoir qu'entre-temps les titres douteux retrouvent leur valeur.

C'est un ancien banquier japonais - travaillant pour la société de conseil new-yorkaise bénéficiaire des honoraires de 687 millions de dollars versés dans le cadre du rachat de Gyrus - qui aurait aidé Olympus à dissimuler les pertes, a-t-on appris auprès de courtiers japonais.

L'homme, qui n'a pas pu être joint, entretenait des liens professionnels avec Olympus depuis trente ans, ont précisé les sources, qui connaissent bien sa carrière et ses activités.

POSSIBLES POURSUITES PÉNALES ET RETRAIT DE LA COTE

"C'est très sérieux. Olympus a admis avoir procédé à de fausses entrées comptables pour couvrir ses pertes pendant 20 ans. Toutes les personnes impliquées là-dedans sur 20 ans pourraient être responsables", commente Ryosuke Okazaki, chargé des investissements chez ITC Investment Partners.

"Il y a un danger sérieux que le titre Olympus perde sa cotation. L'avenir de la société est extrêmement sombre."

La Bourse de Tokyo aura besoin de plus d'informations avant de décider de placer ou non le titre Olympus sous surveillance, en vue d'un éventuel retrait de la cote, a dit un porte-parole de la place tokyoïte. Il a précisé qu'Olympus devra notamment examiner l'ampleur des pertes maquillées et leur impact éventuel sur les décisions d'investissement des actionnaires.

Nippon Life Insurance, le premier assureur-vie du Japon et principal actionnaire d'Olympus avec 8,2% de son capital, a exhorté le groupe à remplir son devoir de transparence et à expliquer clairement la situation.

D'après des juristes, s'il était établi que Olympus avait en connaissance de cause falsifié ses rapports financiers, ses représentants encourraient dix ans de prison ou une amende pouvant atteindre 10 millions de yens (93.200 euros).

Les auditeurs externes d'Olympus pourraient également être passibles de poursuites pénales. Ernst & Young, qui a succédé à KPMG comme auditeur d'Olympus en mai 2009, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Reuters avait rapporté la semaine dernière qu'Olympus avait mis fin au contrat de KPMG en raison d'un désaccord comptable au sujet des acquisitions. Dans un document confidentiel, Tsuyoshi Kikukawa, alors président d'Olympus, avait écrit à des dirigeants du groupe aux Etats-Unis et en Europe, évoquant un désaccord avec KPMG dont il ne prévoyait pas d'informer la Bourse.

L'affaire Olympus est le plus important scandale de gouvernance d'entreprise au Japon depuis une série de scandales frappant des courtiers dans les années 1990, dont celui qui a fait tomber Yamaichi Securities en 1997.

Avec Chikafumi Hodo et Taro Fuse, Natalie Huet pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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