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Marché : Nouvelle restructuration à l'étude pour athènes

Nouvelle restructuration à l'étude pour athènesNouvelle restructuration à l'étude pour athènes

BRUXELLES (Reuters) - Des responsables européens ont dit vendredi travailler à un plan "de la dernière chance" pour faire baisser l'endettement de la Grèce et maintenir ainsi le pays dans la zone euro, via une nouvelle restructuration de la dette supposant des pertes importantes pour la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales.

Les créanciers privés ont déjà accepté une décote importante de leurs avoirs obligataires grecs en février, lors de la définition du deuxième plan d'aide pour Athènes, qui semble aujourd'hui à son tour insuffisant pour remettre le pays à flot.

Des responsables européens ont dit à Reuters que l'objectif du plan actuellement en discussion est de réduire l'endettement de la Grèce de 70 à 100 milliards d'euros, le ramenant ainsi à un total représentant quelque 100% du produit intérieur brut.

La BCE et les banques centrales nationales supporteraient le coût de cette restructuration qui pourrait nécessiter de les recapitaliser, ont précisé les responsables européens.

La BCE s'est refusé à tout commentaire sur ce projet qui n'en est qu'à ses débuts et pour lequel aucune discussion formelle n'a été engagée.

Les responsables européens ont estimé qu'une nouvelle restructuration de la dette grecque était l'opération de la dernière chance pour rétablir la solvabilité du pays alors que l'objectif d'un retour de son ratio d'endettement à 120% du PIB à l'horizon 2020 est considéré comme hors d'atteinte.

Le Fonds monétaire international, partie prenante dans les deux plans de restructuration dont Athènes a déjà bénéficié, est favorable à une restructuration des créances des Etats et des organismes supranationaux, un processus connu sous le nom d'implication du secteur officiel (official-secteur involvment ou OSI).

"Si je devais attribuer une probabilité à une implication du secteur officiel dans le cas de la Grèce, je dirais 70%", a déclaré l'un des responsables européens dans les échanges avec Reuters.

UNE DÉCOTE DE 30% ?

L'une des options envisagées consisterait pour la BCE et les banques centrales nationales membres de l'Eurosystème à accepter une décote de 30% sur les obligations de l'Etat grec qu'elles détiennent.

Le montant total des créances du secteur officiel sur la Grèce, qui comprend les prêts bilatéraux consentis à Athènes par les Etats membres, est estimé entre 220 et 230 milliards d'euros.

Une décote de 30% équivaudrait à un allègement de dette d'un peu plus de 70 milliards d'euros, à déclaré l'un des responsables. Un autre a évoqué un montant compris entre 70 et 100 milliards en fonction du montage retenu.

"C'est très compliqué et le montage précis n'a pas encore été décidé car le processus en est encore à son tout début", a dit l'une des sources.

Les responsables européens avaient envisagé une décote sur les créances du secteur officiel l'année dernière lors des négociations sur le deuxième plan de sauvetage, qui a principalement porté sur la restructuration de la dette privée avec une décote de 70%.

La participation du secteur officiel avait alors été considérée comme trop sensible politiquement et l'option avait été rejetée. L'un des responsable interrogés par Reuters a estimé que l'occasion avait été manquée et que cela ne devait pas se reproduire.

"La grosse erreur a été de ne pas avoir obtenu une décote sur les obligations du gouvernement grec qui était dans les portefeuilles d'investissement des banques centrales nationales. Cela a été vraiment, vraiment stupide", a-t-il regretté.

S'il peut sembler plus facile de faire supporter des pertes à la BCE et aux banques centrales nationales plutôt que de les imputer directement aux contribuables des pays créanciers, ce montage n'est pas sans difficultés.

Certaines banques centrales pourraient avoir besoin d'être recapitalisées, ont dit les responsables interrogés par Reuters.

Deux d'entre eux ont précisé que la Banque de France et les banques centrales de Malte et de Chypre étaient les plus exposées à la dette publique grecque, et qu'elles auraient probablement besoin d'être recapitalisées pour compenser les pertes liées à la décote.

Deux autres responsables ont déclaré que la BCE elle-même pourrait aussi avoir besoin d'une injection de capital.

Jan Strupczewski, John O'Donnell et Luke Baker, Benoit Van Overstraeten et Marc Joanny pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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