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Marché : Nouveau record du déficit commercial à 7,1 milliards d'euros

Nouveau record du déficit commercial à 7,1 milliards d'eurosNouveau record du déficit commercial à 7,1 milliards d'euros

PARIS (Reuters) - Le déficit commercial de la France a inscrit un niveau record en avril, creusé par l'effet conjugué de la baisse des exportations et de la hausse des importations sur fond d'appréciation de l'euro.

Le solde de la balance commerciale a atteint 7,144 milliards d'euros après 5,906 milliards (révisé) en mars, selon les données CVS/CJO publiées mercredi par les Douanes.

Les précédents records du déficit commercial français dataient de février, à 6,4 milliards, et d'octobre 2008 (6,38 milliards), avant la récession.

Quant au taux de couverture, le rapport entre exportations et importations, qui gomme l'impact de la croissance des volumes d'échanges, il continue de se dégrader à 82,8% en avril contre 88,4% en moyenne en 2010.

Une dégradation qui découle d'un double mouvement de hausse des importations (+1,4% en avril à 41,5 milliards) et de baisse des exportations (-2% à 34,4 milliards).

Le détail des chiffres mensuels fait notamment ressortir un repli de 1,5% des exportations industrielles, qui avaient progressé le mois précédent, conséquence de la baisse des ventes de machines et d'équipements automobiles.

Parallèlement, les achats à l'étranger de produits raffinés ont augmenté de plus de 650 millions d'euros, pour compenser la baisse de production des raffineries françaises. Un bond qui occulte le recul des importations de brut malgré la hausse du prix, notent les Douanes.

Autre particularité du mois d'avril: la reprise ponctuelle des importations aéronautiques due à l'achat de deux Boeing, conjuguée à un recul du produit des ventes d'Airbus.

Ainsi "l'excédent des équipements de transport a nettement diminué, de 480 millions d'euros, ce qui explique 40% du creusement du déficit commercial", explique Michel Martinez, économiste de Société Générale.

"A ce stade, il ne faut pas sur-interpréter cette évolution décevante", poursuit-il dans une note en précisant que l'évolution de la facture pétrolière a pesé pour 20% du déficit supplémentaire.

Il table sur un déficit commercial proche de six milliards d'euros en mai et juin et sur un impact négatif de 0,2 point du commerce extérieur sur la croissance du deuxième trimestre.

CONTRASTE

Le déficit commercial cumulé depuis le 1er janvier s'établit à -25,7 milliards d'euros, soit dix milliards de plus que sur les quatre premiers mois de l'an dernier. Et sur les 12 derniers mois, la balance commerciale accuse un solde négatif de 61,3 milliards d'euros.

Le contraste reste donc particulièrement marqué entre la France et son premier partenaire commercial, l'Allemagne: malgré une baisse des exportations (la plus marquée depuis près de deux ans), cette dernière a enregistré en avril un excédent commercial de 12,0 milliards d'euros.

Un écart qui relativise l'impact de la vigueur de l'euro sur la balance commerciale aux yeux de certains observateurs, comme François David, le président de l'assureur crédit Coface.

"Les exportations vers la zone euro représentent pratiquement 60% de nos exportations, il n'y donc pas de risque de change", a-t-il déclaré à Reuters. "À cela, vous pouvez ajouter les marchés sur lesquels les entreprises françaises sont en concurrence avec des entreprises de la zone euro et où, par conséquent, la question du taux de change ne se pose pas."

"Donc, finalement, l'impact de l'euro ne concerne qu'un quart de nos exportations; c'est important mais ce n'est pas essentiel, sauf bien sûr pour quelques secteurs comme l'aéronautique."

La monnaie unique européenne s'est appréciée de 4,5% face au dollar en avril, passant de 1,4160 à près de 1,48 dollar entre le début et la fin du mois.

Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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