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Marché : Nicolas sarkozy insiste sur la régulation des matières premières

Nicolas sarkozy insiste sur la régulation des matières premièresNicolas sarkozy insiste sur la régulation des matières premières

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Nicolas Sarkozy a à nouveau plaidé mardi pour une régulation plus étroite des marchés des matières premières, sur lesquels il a appelé à faire le ménage.

A une semaine de la réunion des ministres de l'Agriculture du G20, qui planchera sur cette question sous l'égide du ministre français Bruno Le Maire, il s'agissait pour le chef de l'Etat de jeter tout son poids dans la bataille afin de faire aboutir l'une des priorités de la présidence française du G20.

Invité par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso à s'exprimer, lors d'une conférence sur les matières premières réunissant responsables politiques et régulateurs, le président de la République a insisté à plusieurs reprises sur le lien entre les pratiques spéculatives et la volatilité constatée sur ces marchés.

Ce lien entre spéculation et volatilité est une pomme de discorde récurrente entre Paris et Bruxelles, qui s'est jusqu'à maintenant refusé à établir un lien de cause à effet.

Afin de combattre ce phénomène, Nicolas Sarkozy a appuyé la création au niveau international d'un système d'information sur les marchés agricoles mais aussi du gaz et du charbon, sur le modèle de ce qui existe déjà pour le pétrole.

Il a également soutenu la création d'un registre des transactions sur les marchés des dérivés, y compris des matières premières, ainsi que l'introduction de limites de positions sur ces marchés et de limites à l'effet de levier, en imposant un dépôt minimal en cash pour chaque transaction.

Il a enfin dit souhaiter que les pays du G20 publient dans les prochains mois un rapport détaillé sur l'avancement de leurs travaux en matière de transparence.

"Il ne s'agit pas d'interdire (la) financiarisation, ni d'intervenir sur le niveau des prix, mais de s'assurer que le processus de formation des prix fonctionne correctement", a-t-il insisté lors de son allocution.

FAIRE LE MÉNAGE, COMBATTRE LES MAFIAS

L'idée selon laquelle le marché peut fonctionner sans règles est une idée fausse et un marché qui n'est pas transparent n'en est pas un, a-t-il encore dit.

Il est à l'heure actuelle pratiquement impossible pour un régulateur de connaître l'état des stocks sur un marché, d'identifier les donneurs d'ordre ou de tracer des transactions qui, sur le marché des produits dérivés, atteignent 600.000 milliards de dollars.

Afin de remédier à cette situation et de tirer les leçons de la crise, les autorités européennes et américaines ont engagé un vaste chantier de re-régulation du secteur financier, qu'elles essaient de relayer tant bien que mal au sein du G20.

Mais elles doivent aujourd'hui faire face à un essoufflement de la dynamique créée après la crise financière de 2008 et à une vive opposition des acteurs de marchés ainsi que, sur certains sujets comme les matières premières, des grands pays émergents comme la Chine, l'Inde et la Brésil.

Nicolas Sarkozy, qui a jusqu'à maintenant recueilli peu de succès sur l'agenda de la régulation de sa présidence du G20, a appelé mardi à réagir.

"Nous n'avons pas le choix. Nous devons agir, et agir tout de suite (...) Nous devons faire le ménage dans le monde tel qu'il fonctionne aujourd'hui", a-t-il dit au sujet de ce qu'il a dit être une "caricature de marché".

Il s'en est également pris à l'argument selon lequel l'Europe devait prendre garde à ne pas trop réguler afin d'éviter tout "arbitrage" réglementaire avec des pays dont les régulateurs et superviseurs seraient mois regardants.

"Je connais cet argument mais je pose une question: si un pays ne combat pas les mafias, doit-on renoncer à combattre les mafias ?", a-t-il dit devant une assistance de professionnels des marchés médusée.

Julien Toyer, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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