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Marché : Moody's critique les garanties demandées pour l'aide à la grèce

Moody's critique les garanties demandées pour l'aide à la grèceMoody's critique les garanties demandées pour l'aide à la grèce

par George Georgiopoulos

LONDRES (Reuters) - Les pays de la zone euro qui veulent convaincre la Grèce de leur fournir une garantie en cash en échange d'une aide risquent de retarder le versement de la prochaine tranche du programme de renflouement et de placer le pays en situation de défaut, estime Moody's.

La Grèce a conclu avec ses bailleurs de fonds internationaux un nouvel accord de renflouement en juillet, qui couvre ses besoins de financement jusqu'à la mi-2014.

Elle a par la suite, dans le cadre d'un accord bilatéral, accepter de fournir une garantie (collatéral) à la Finlande en échange de prêts, amenant l'Autriche, la Slovaquie et les Pays-Bas à formuler la même exigence la semaine passée.

Toutefois, les Pays-Bas ont changé d'attitude lundi, leur ministre des Finances Jan Kees de Jager ayant rejeté la proposition autrichienne d'extension du principe des collatéraux.

L'agence de notation a dit lundi que la multiplication de tels accords bilatéraux avec octroi de garantie serait négative pour la note de crédit de la Grèce, actuellement Ca, soit un cran seulement au-dessus du défaut.

"L'accord entre la Grèce et la Finlande, en lui-même de faible ampleur, n'en est pas moins très significatif. Persévérer dans cette voie pourrait retarder la prochaine tranche d'aide financière à la Grèce et donc précipiter un défaut de paiement", explique-t-elle.

La Grèce doit percevoir en septembre une tranche de huit milliards d'euros de son premier programme d'aide internationale.

Moody's pense que d'autres pays de la zone euro en viendront à faire obstacle à l'accord passé avec la Finlande.

"Une chose en entraîne une autre et on peut en arriver à des difficultés dans la mise en oeuvre du plan de renflouement. C'était peut-être une erreur de passer cet accord avec la Finlande", estime un économiste grec.

La Grèce, dont l'activité sur le marché est limitée à des adjudications mensuelles de dette à court terme, doit refinancer 4,0 milliards d'euros de bons à trois et six mois en septembre.

Pour l'agence, exiger des collatéraux atteste d'un manque d'engagement de la part de certains pays de la zone euro, ce qui accroît d'autant la charge sur la France et l'Allemagne, qui doivent prendre des engagements extrêmement fermes afin de consolider la zone euro.

"La fracture profonde, en dépit d'une unité de façade des pays de la zone euro, mise en évidence par de telles exigences, et ce dans le contexte même des nouvelles propositions franco-allemandes destinées à renforcer les institutions européennes, est source de nouveaux soucis quant à la nature conditionnelle et évolutive du mécanisme actuel de soutien financier", observe encore Moody's.

Elle estime enfin que la prolifération d'accords de collatéraux restreindrait également la masse de fonds disponible pour de futurs programmes de renflouement.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Matthieu Protard

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