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Marché : Merkel n'exclut pas de discuter aménagement de la dette grecque

Merkel n'exclut pas de discuter aménagement de la dette grecqueMerkel n'exclut pas de discuter aménagement de la dette grecque

par Michelle Martin

BERLIN (Reuters) - Angela Merkel juge possible de discuter d'un changement des maturités de la dette grecque ou d'une réduction des intérêts versés par Athènes une fois achevé avec succès le premier examen du nouveau projet de renflouement de la Grèce.

"La Grèce a déjà obtenu une aide. Les créanciers privés ont accepté une décote et nous avons allongé les maturités et réduit les taux d'intérêt", a déclaré la chancelière allemande dans une interview à la chaîne ARD, qui a été diffusée dimanche.

"Et nous pourrons reparler de telles possibilités (...) une fois que sera achevé avec succès le premier examen du programme à négocier. Cette question sera alors discutée, pas maintenant, mais à ce moment-là", a-t-elle ajouté.

Athènes a accepté lundi dernier à Bruxelles une série de réformes imposées par ses créanciers en échange de l'ouverture de négociations sur un plan de renflouement, le troisième depuis 2010, qui pourrait atteindre 86 milliards d'euros sur trois ans.

Dans son interview, Angela Merkel souligne qu'une décote classique est exclue tant que la Grèce appartient à la zone euro. "Cela peut se produire hors d'une union monétaire, mais pas dans une union monétaire", dit-elle.

Elle ajoute que le scénario d'une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, élaboré par son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, et qui a provoqué des remous au sein de la coalition au pouvoir à Berlin, a été étudié mais que la zone euro l'a repoussé.

"La seule option est de trouver une voie commune avec la Grèce ou d'aboutir à une situation chaotique (...). Donc, cette option était sur la table mais nous avons choisi une autre option", explique-t-elle.

La question d'un "Grexit" temporaire a suscité des crispations entre conservateurs et sociaux-démocrates, comme l'a souligné le ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, dans un entretien diffusé dimanche par la chaîne ZDF.

"A mon avis, ce n'était pas raisonnable de présenter cette proposition comme une proposition allemande", a dit le numéro deux du gouvernement, également chef de file des sociaux-démocrates.

"Il aurait fallu procéder autrement, en particulier parce qu'il [Schäuble] savait que les sociaux-démocrates ne sont préparés à évoquer une sortie de la Grèce de la zone euro que si les Grecs eux-mêmes le souhaitent", a ajouté Sigmar Gabriel.

Le ministre de l'Economie a fait état d'un "conflit important" entre Angela Merkel et Wolfgang Schäuble sur la question grecque.

BERLIN "NÉGOCIERA DUREMENT"

Depuis l'accord donné par le gouvernement d'Alexis Tsipras aux conditions fixées par les créanciers d'Athènes, et les premières réformes votées dans la foulée par le Parlement grec, au prix d'une fronde au sein de Syriza, le parti de gauche au pouvoir, les institutions européennes ont débloqué des fonds d'urgence qui redonnent un peu d'air au système financier grec.

Les banques hellènes doivent rouvrir lundi après trois semaines de fermeture mais les retraits resteront limités à 420 euros par semaine et les contrôles de capitaux resteront en place. "Ce n'est pas une vie normale et nous devons négocier rapidement", commente Angela Merkel à ce propos.

La chancelière allemande assure que Berlin fera tout pour que les tractations sur un nouveau plan d'aide, le troisième depuis 2010, soient couronnées de succès mais "négociera durement" pour que la Grèce tienne ses engagements.

"Ce ne sera certainement pas facile car il y a des choses dont nous avons discuté avec tous les gouvernements grecs depuis 2010 et qui n'ont jamais été faites mais qui ont été faites dans d'autres pays comme le Portugal ou l'Irlande", dit-elle.

Concernant des rumeurs colportées samedi dans les médias allemands au sujet d'une éventuelle démission de Wolfgang Schäuble en raison de divergences d'opinion avec elle au sujet de la Grèce, Angela Merkel ajoute : "Le ministre des Finances conduira comme moi ces négociations et la seule chose que je puis dire, c'est que personne n'est venu me voir pour me demander d'être relevé de ses fonctions."

(avec Holger Hansen, Jean-Stéphane Brosse et Simon Carraud pour le service français)

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