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Marchés de taux : Détente en Espagne,T-Bonds flirtent avec 2%

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(CercleFinance.com) - La BCE a laissé son taux directeur inchangé à 0,75% mais la décision n'a pas été prise à l'unanimité cette fois-ci (la décision a été consensuelle... et l'opposition de la Buba à une détente vers 0,5% est de notoriété publique).

Mario Draghi a délivré peu d'éléments susceptibles d'encourager les marchés (peu importe, ils continuent de grimper quand même): la BCE revoit légèrement à la baisse les perspectives européennes (contraction estimée à -0,5% en 2013 contre -0,3% précédemment et de +1,2% à +1% en 2014).
Mais le patron de la BCE réitère sa conviction que la reprise se manifestera dans l'Eurozone en fin d'année... et invoque à plusieurs reprises la 'confiance' des marchés financiers qui ont renoué avec des niveaux historiques.

Il fait naturellement allusion aux records atteints par Wall Street (il ne se prononce pas sur la possibilité qu'il s'agisse d'une 'bulle') et semble sous entendre que les marchés ne sauraient se tromper.

Et il en veut pour preuve la détente des taux qui se dessine depuis quelques jours en Europe et qui démontrerait que les 'marchés' (totalement sous perfusion des banques centrales) relativisent le danger politique que représente l'Italie.

Il concède cependant que la diffusion des liquidités sous forme de crédit aux petites et moyennes entreprises reste insuffisant mais devrait s'améliorer (cela fait 3 ans que la BCE vit dans cette attente).

A la lumière de ce qui précède, Mario Draghi martèle (à plusieurs reprises également lors de son intervention) que la politique monétaire de la BCE doit -et va- rester très accommodante aussi longtemps que nécessaire.

En ce qui concerne l'Irlande (qui a demandé un étalement de ses remboursements), Mario Draghi estime que les efforts accomplis justifient un soutien à ce pays mais que le programme OMT ne peut être activé que dans le cadre d'une demande en ce sens, accompagnée d'engagements budgétaires précis... auxquels l'Irlande semble se soumettre.

Mais le sauvetage de ses banques demeure un fardeau budgétaire insoutenable, un problème qui inquiète ouvertement Christine Lagarde, et la BCE devrait consentir un étalement des remboursement sur une période allant au-delà des 30 ans à compter de 2013.

La réaction des marchés obligataires (au maintien du 'repo' à 0,75%) est beaucoup moins spectaculaire que celle des marchés des changes (l'euro remonte de +0,65% vers 1,3095$ ce soir).

Les rendements évoluent peu -voir pas du tout- depuis ce matin: la bonne nouvelle, c'est le reflux du '10 ans' espagnol sous les 5% (à 4,890%) après une adjudication de 3,5MdsE qui a reçu un bon accueil ce matin.

Autre 'bonne nouvelle', le relèvement de la perspective de la note portugaise (de 'négative' à 'stable') par Standard & Poors qui occasionne une détente de 22Pts de base à 5,900% (contre 6,12% la veille).

Le retour de l'appétit pour le risque s'exerce au détriment des 'Bunds' qui voient leur rendement remonter de 1,46 vers 1,49%.
Les 'guilts' britanniques se dégradent également avec un rendement de 2,02% contre 1,97% et les T-Bonds US chutent symétriquement avec un taux qui se rapproche des 2% (à 1,984%).
Attention au franchissement du seuil des 2% car le leitmotiv des investisseurs est que les actions sont le seul choix possible puisque les T-Bonds US ne rapportent rien.

Les chiffres US ne sont pas bons puisque le déficit commercial de janvier s'établit à 44,4Mds$, soit +16,5% par rapport à décembre (43Mds attendu).
On note un net recul des exportations (de -1,2% à 184,5Mds$) alors que les importations ont progressé de +1,8%).
La chute de la productivité au 4ème trimestre est bien confirmée (à -1,9% contre -2% en première estimation) et les revenus des salariés -net d'inflation- a encore reculé de -0,6% en 2012 (même score qu'en 2011).

Le chômage US hebdo recule à 340.000 et cette embellie semble bien être le seul chiffre dont les marchés se préoccupent à la veille des chiffres de l'emploi (un chômage proche de 8% serait une bonne nouvelle car la FED devrait continuer d'injecter de l'argent pendant encore de nombreux trimestres).
Globalement cela se confirme: les 'mauvaises nouvelles' ne comptent pas !



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