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Marché : Yellen et Summers, deux favoris pour présider la Fed

Marché : Yellen et Summers, deux favoris pour présider la FedMarché : Yellen et Summers, deux favoris pour présider la Fed

par Rachelle Younglai

WASHINGTON (Reuters) - Le président Barack Obama risque d'avoir besoin d'un renfort des Républicains s'il choisit à l'automne Lawrence Summers, l'ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, pour diriger la Réserve fédérale américaine.

Summers, l'un des principaux conseillers économiques du chef de l'Etat pendant la crise financière, et la vice-présidente de la Fed Janet Yellen sont considérés comme les deux principaux candidats en lice pour succéder à Ben Bernanke, dont le mandat prend fin le 31 janvier prochain.

La chaîne CNBC, citant l'entourage de Barack Obama, a affirmé lundi que le président porterait son choix sur Lawrence Summers mais la Maison blanche se borne à dire qu'il prendra le temps de la réflexion jusqu'à l'automne.

En tout état de cause, Barack Obama devra compter avec le Sénat qui aura à confirmer la nomination, d'abord en commission puis en session plénière.

Le Parti démocrate y est majoritaire et soutient plutôt Janet Yellen, la candidate du sérail, alors que Lawrence Summers est une figure controversée à qui beaucoup de Démocrates reprochent sa politique de déreglementation de la finance quand il était le secrétaire au Trésor de Bill Clinton à la fin des années 1990, la jugeant en partie responsable de la crise financière de 2007-2008.

Un tiers des sénateurs démocrates ont signé une lettre ouverte demandant à Barack Obama de se prononcer en faveur de la vice-présidente de la Fed. Et au sein de la commission bancaire, où le parti du président dispose d'une majorité de 12-10, deux sénateurs ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne voteraient pas pour Summers.

Outre sa politique de libéralisation du secteur financier, les Démocrates reprochent à Lawrence Summers ses liens avec Wall Street - il a travaillé à Citigroup, au Nasdaq et dans un hedge fund - mais aussi ses sorties très peu politiquement correctes comme lorsqu'il était président de l'université de Harvard et s'était interrogé sur l'aptitude des femmes dans les matières scientifiques.

Ses partisans, à l'inverse, mettent en avant son expérience dans la gestion de crises financières et sa capacité à s'extraire du moule.

Janet Yellen, elle, est créditée d'avoir alerté très tôt sur la menace que constituait la bulle du marché immobilier. Sa nomination ferait d'elle la première femme à diriger la banque centrale d'une grande puissance économique.

RESSENTIMENT

Le processus de confirmation au Sénat tombera à un mauvais moment pour l'exécutif puisque l'épreuve de force entre Républicains et Démocrates sur le budget et le plafond de la dette aura alors repris.

Au sein même de la commission bancaire, deux Démocrates, le sénateur de l'Ohio Sherrod Brown et son collègue de l'Oregon Jeff Merkley sont viscéralement opposés à Lawrence Summers. Le premier est à l'origine de la lettre ouverte des sénateurs démocrates en faveur de Janet Yellen et a dit à Reuters qu'il voterait contre l'ex-chef économiste de la Banque mondiale ; le second a dit avoir de sérieux doutes quant à sa capacité à diriger la Fed.

Une troisième membre de la commission, Elizabeth Warren (Massachusetts), mène une croisade contre Wall Street et tente de réhabiliter la loi Glass-Steagall de 1933 qui obligeait les banques à séparer leurs activités d'investissement de leurs activités de banque commerciale - une disposition que Summers a largement contribué à démanteler quand il était secrétaire au Trésor en 1999.

Si ces voix viennent à manquer dans l'éventualité d'une candidature Summers, la Maison blanche aura besoin du soutien de l'opposition républicaine pour que la confirmation franchisse l'étape de la commission et soit examinée en séance plénière.

Barack Obama pourrait peut-être compter sur Bob Corker (Tennessee) ou Mike Johanns (Nebraska), deux sénateurs républicains qui ont voté en faveur de Bernanke lors de sa difficile confirmation pour un deuxième mandat.

Mais certains membres républicains de la commission bancaire reprochent à la Fed d'avoir outrepassé ses pouvoirs pendant la crise financière et ce ressentiment risque de déteindre sur les auditions à venir.

La route se dégagera pour Lawrence Summers s'il atteint le stade du vote en séance plénière. Les démocrates ont une majorité de 54-46 à la chambre haute et il faudra 51 voix pour confirmer la nomination. Si un sénateur, comme c'est probable, tente de bloquer la procédure, il faudra alors 60 voix mais la Maison blanche devrait les obtenir sans problème grâce à ses relations cordiales avec une poignée de Républicains habitués à travailler avec elle sur les questions budgétaires et d'autres dossiers compliqués comme la réforme de l'immigration.

Mais là encore la politique risque de reprendre ses droits.

Les Républicains partagent certes les idées de Lawrence Summers en matière de politique monétaire et de régulation, mais ils n'oublient pas le rôle politique de premier plan qu'il a joué auprès des administrations Clinton et Obama, sans oublier sa fonction de conseiller d'Obama pendant sa première campagne présidentielle en 2008.

"Même si les sénateurs républicains ont une opinion plutôt positive de la politique monétaire de Summers, ils ont beaucoup d'autres bonnes raisons pour s'opposer à lui", dit Tony Fratto, un ancien responsable de la Maison blanche sous George W. Bush.

Avec la contribution de Jeff Mason, Véronique Tison pour le service français

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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