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Marché : Washington appelé à adopter la réforme du FMI avant fin 2014

Marché : Washington appelé à adopter la réforme du FMI avant fin 2014Marché : Washington appelé à adopter la réforme du FMI avant fin 2014

par Louise Egan et Anna Yukhananov

WASHINGTON (Reuters) - Les ministres des Finances des pays membres du G20 ont donné vendredi aux États-Unis jusqu'à la fin de l'année pour ratifier le projet de réforme du Fonds monétaire international et menacé de continuer sans eux dans le cas contraire.

Ce projet de réforme, adopté fin 2010 par le FMI, vise à donner plus de poids aux pays émergents tout en augmentant les ressources du FMI. Cette incapacité à le mener à bien est apparu le sujet le plus difficile de la réunion qui s'est tenue entre les représentants du G20 et des pays du FMI.

Dans leur communiqué final, les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 font part de la "grande déception" que provoque le retard pris dans le processus de ratification.

"Je saisis cette opportunité pour prier les Etats-Unis d'adopter ces réformes de manière urgente", a déclaré Joe Hockey, le ministre australien de l'Economie et des Finances et dont le pays assure la présidence du G20.

La réforme du FMI vise à doubler les ressources du Fonds et à donner davantage de poids aux Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dans la prise de décision.

Le Congrès américain refuse de valider ce schéma. Cette pomme de discorde a même éclipsé la crise en Ukraine dans les discussions sur les effets des politiques monétaires ultra-accommodantes.

Certains parlementaires républicains américains estiment notamment que cette réforme serait trop coûteuse pour les Etats-Unis alors que Washington cherche à réduire ses déficits. Elle est également contestée chez les ultra-conservateurs du Tea Party où les idées isolationnistes ont le vent en poupe.

Parmi les pays du G20 les plus déterminés à aller de l'avant, figurera le Brésil. Selon certaines sources, ce membre de Brics aurait l'intention de demander au FMI de réfléchir à ce qu'il faudrait faire en cas d'inaction des Etats-Unis.

DERNIÈRE LIMITE

"Pour moi, la fin de l'année, c'est la dernière limite", a déclaré le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, via un interprète. "Quatre années d'attente, c'est juste trop."

Le ministre singapourien des Finances, Tharman Shanmugaratnam, qui est aussi le chef du Comité monétaire et financier international (CMFI), a estimé qu'il était trop tôt pour commencer à étudier les alternatives.

"Nous avons toutes les raisons de penser que le réformes de 2010 seront votées par les Etats-Unis", a-t-il dit. Le refus de les voter décrédibiliserait le FMI dans la mesure où celui-ci s'appuie sur l'argent qu'il emprunte.

Dans la journée, le ministre russe de Finances Anton Silouanov avait indiqué que les pays en développement pourraient exiger des changements au mécanisme d'emprunt d'urgence du FMI si les Etats-Unis n'approuvaient pas la réforme.

Donner aux Etats-Unis jusqu'à la fin de l'année, donc après les élections de mi-mandat du mois de novembre, pourra peut-être permettre au Congrès de voter la réforme plus facilement une fois le Congrès renouvelé.

Le secrétaire américain au Trésor Jack Lew a dit que le gouvernement Obama ferait de son mieux pour faire passer la réforme des quotas au Congrès américain cette année.

Le communiqué du G20 n'a pas mentionné explicitement la politique monétaire et a retiré une référence qui figurait dans le communiqué de février qui demandait aux banques centrales de faire preuve de prudence en retirant leurs mesures de soutien à l'économie.

De même, il n'y a pas eu de discussion particulière sur l'Ukraine, a dit Joe Hockey. "Il y a juste eu la reconnaissance dans la discussion générale des risques politiques autour de la planète".

(Nicolas Delame et Danielle Rouquié pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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