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Marché : UniCredit continue d'inquiéter malgré son bénéfice

Marché : UniCredit publie un bénéfice supérieur aux attentesMarché : UniCredit publie un bénéfice supérieur aux attentes

par Silvia Aloisi

MILAN (Reuters) - UniCredit n'est pas parvenue mardi à dissiper les inquiétudes sur sa solidité financière malgré l'annonce d'un bénéfice net supérieur aux attentes au premier trimestre, ce qui a valu au titre une sanction à la Bourse de Milan.

La banque italienne a certes abaissé ses coûts et ses provisions pour créances douteuses sur les trois premiers mois de 2016 mais son résultat a été amputé par des charges de restructuration en Autriche et en Italie et, surtout, elle a affiché un ratio de fonds propres en baisse, ce qui n'a en rien atténué la pression sur les épaules de son administrateur délégué, Federico Ghizzoni.

"Je suis serein, c'est aux actionnaires et au conseil d'administration de décider des changements de dirigeants", a dit ce dernier à la presse après la publication des résultats.

Le mécontentement des investisseurs à l'égard de Federico Ghizzoni se reflète dans la piètre performance boursière d'UniCredit, dont le titre a perdu 53% sur l'année écoulée. Cette chute est alimentée par les inquiétudes relatives à l'ampleur des créances douteuses détenues par l'établissement, qui, à 80 milliards d'euros, sont les plus lourdes parmi les grandes banques européennes, et à ses niveaux de fonds propres, qui nourrissent les craintes d'une augmentation de capital.

Le ratio de fonds propres CET 1 "fully-loaded" (calculé à partir des règles qui entreront en vigueur en 2019) s'est légèrement dégradé au premier trimestre, passant de 10,94% à fin 2015 à 10,85% à fin mars. Son homologue italienne Intesa Sanpaolo affiche pour sa part un ratio de 13,1%.

UniCredit explique cette dégradation par une augmentation du poids de ses actifs pondérés du risque en raison de la hausse des prêts distribués.

Le ratio de fonds propres CET 1 actuellement pris en compte se trouve à 10,5%, soit juste au-dessus du seuil de 10% imposé par la Banque centrale européenne.

La contribution d'UniCredit, à hauteur de 845 millions d'euros, au fonds Atlante de soutien aux banques en difficulté créé le mois dernier en Italie, va encore amputer le ratio de fonds propres de 13 points de base.

"LES MARCHÉS N'ONT AUCUNE PATIENCE"

Pressé de questions par les analystes après la publication de ces résultats, Federico Ghizzoni a déclaré qu'UniCredit avait plusieurs options pour renforcer sa situation financière, notamment des ventes d'actifs, sans passer par une augmentation de capital.

"Nous avons dans notre plan un objectif de ratio CET 1 d'au moins 11,5% à fin 2018. Les marchés n'ont aucune patience mais ils seront rassurés à mesure que nous progresserons vers cet objectif", a-t-il dit.

Un courtier a néanmoins jugé que l'établissement milanais restait perçu comme "la prochaine source de grosse augmentation de capital parmi les financières européennes".

Le bénéfice net de la première banque italienne par les actifs a atteint 406 millions d'euros alors que le consensus des analystes fourni par la banque elle-même le donnait à 379 millions d'euros. Il s'est néanmoins contracté de 21%, l'établissement ayant subi des coûts de restructuration de l'ordre de 260 millions d'euros sur son marché intérieur et en Autriche, où un changement législatif a alourdi le coût du transfert des employés de sa filiale vers le système public de retraites.

La banque a résisté sur le plan des commissions, qui ont progressé de 0,6% malgré les turbulences sur les marchés financiers en début d'année.

A titre de comparaison, Intesa Sanpaolo a subi une contraction de ses commissions de 10% sur la même période, mais son bénéfice net a été le double de celui d'UniCredit.

Le produit net bancaire (PNB) d'UniCredit a diminué de 4,7% à 5,5 milliards d'euros, conséquence d'un environnement macroéconomique défavorable et de taux d'intérêt ultra-bas.

Si le titre a dans un premier temps bien réagi à la publication de ces résultats à la Bourse de Milan, il s'est ensuite retourné et a perdu 1,47% à 2,95 euros alors que l'indice sectoriel des banques européennes a gagné 1,81%.

(Avec Stephen Jewkes et Gianluca Semeraro; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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