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Marché : 'une impression de décalage' (Groupama AM)

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(CercleFinance.com) - Marie-Pierre Peillon, directrice de la recherche chez Groupama AM, a ouvert la conférence de presse de Groupama AM consacrée aux perspectives économiques et des marchés, organisée ce mardi. Elle a dressé en préambule le portrait du monde économique d'aujourd'hui et les défis à relever.

Elle a souligné que la reprise graduelle de la croissance mondiale se confirme mais deux éléments nouveaux sont apparus depuis le début de l'année, à savoir des perspectives de croissance toujours favorables aux Etats-Unis mais plus modérées, avec une révision en baisse des perspectives pour 2014, et un abaissement de la croissance chinoise pénalisant les émergents.

En Europe, la conjoncture constitue un soutien à la stabilisation de la zone. En revanche, selon la spécialiste, 'le désendettement des Etats européens est problématique tant que les croissances nominales sont en-deçà des taux'.

Elle a indiqué que l'assainissement des bilans bancaires doit être un préalable nécessaire à toute reprise de l'offre de crédit et donc d'investissement, tandis que l'endettement des entreprises, surtout celui des PME-PMI, constitue un frein à la demande de crédit et à la croissance.

La zone euro, dont les avancées institutionnelles se caractérisent par 'la politique des petits pas', doit faire face à un triple défi économique : mener à bien le désendettement du secteur privé et public, regagner en compétitivité et réinventer des modèles de croissance.

Christophe Morel, chef économiste chez Groupama AM, a ensuite dépeint la situation aux Etats-Unis, 'maillon fort de la croissance mondiale'. Selon lui, la consommation (via l'effet-richesse grâce à la valorisation du patrimoine) et la construction soutiennent la croissance, alors que la situation sur l'emploi s'est incontestablement améliorée depuis un an.

A ce stade, néanmoins, il ne constate pas d'accélération imminente de l'investissement en raison des fortes incertitudes et du manque de perspectives sur les débouchés.

Groupama AM anticipe une reprise de l'investissement en 2014 mais à des niveaux moins élevés que ceux prévus par la Fed.

Concernant le Japon, l'entreprise d'asset management salue 'les signes d'une véritable sortie de déflation', tandis qu'elle pointe du doigt les risques financiers en Chine, reconnaissant toutefois que le pays a les moyens d'y faire face.

En termes de prévisions, Groupama AM anticipe une croissance mondiale de 3% en 2013 et 3,4% en 2014.

Dans le cadre de cet environnement, il est aujourd'hui 'plus compliqué de comprendre les banques centrales qui disposent de plus d'instruments', estime Christophe Morel. 'L'apprentissage crée de la volatilité', a-t-il ajouté.

Ainsi, auparavant, elles accordaient surtout de l'importance à la stabilité macroéconomique. Désormais, les banques centrales poursuivent trois objectifs -incompatibles- simultanément: la stabilité macroéconomique (croissance/inflation), la stabilité financière et le financement des Etats.

'Si elles privilégient la stabilité macroéconomique et le financement des Etats, le risque est l'occurrence de bulle', a expliqué le chef économiste.

Par conséquent, les marchés ont en ce moment 'une impression de décalage', en raison aussi du timing de l'annonce d'un ralentissement à venir des achats de titres par la Fed, en parallèle d'une révision en baisse des prévisions de croissance et d'inflation pour 2013. D'autre part, ils accordent actuellement plus de poids aux flux (les achats) qu'au stock (le profil de dégonflement du bilan).

'Si la Fed conserve en portefeuille, jusqu'à échéance, ses MBS (créances hypothécaires), cela devrait freiner la remontée des taux', prédit l'équipe de Groupama AM.

Elle a enfin évoqué quelques risques pour son scenario, à la hausse d'abord, avec un policy-mix plus favorable, ou encore une baisse marquée des prix des matières premières industrielles et énergétiques, puis à la baisse, avec un statu quo dans les discussions sur les institutions européennes, un hard-landing chinois (arrivée au bout d'un modèle de croissance), une hausse des prix agro-alimentaires ou des taux de chômage des jeunes qui matérialiseraient les risques politiques et sociaux.

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