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Marché : S&P prive les Pays-Bas du AAA, la perspective de l'Espagne stable

Marché : S&P prive les Pays-Bas du triple A, l'Espagne notée stableMarché : S&P prive les Pays-Bas du triple A, l'Espagne notée stable

par Sara Webb et Julien Toyer

AMSTERDAM/MADRID (Reuters) - Standard & Poor's a privé vendredi les Pays-Bas de la note suprême AAA - l'une des dernières de la zone euro - en l'abaissant d'un cran à AA+, tout en adressant à l'Espagne un satisfecit pour ses tentatives de réforme des finances publiques en relevant sa perspective de négative à stable.

A la suite de la décision de l'agence de notation, il ne reste plus que trois pays de la zone euro à bénéficier du AAA auprès des trois agences de notation principales : l'Allemagne, le Luxembourg et la Finlande.

S&P estime que les perspectives de croissance de la cinquième puissance économique de la zone euro sont moins favorables que prévu. Fitch et Moody's continuent de noter les Pays-Bas en triple A.

"Le taux de croissance tendanciel du PIB réel par habitant reste décidément inférieur à ceux de pays au développement économique élevé comparable", souligne S&P, qui a par ailleurs confirmé la note à court terme A-1+.

Le sentiment de crise qui entourait l'Espagne et l'Italie s'est quelque peu atténué ces six derniers mois encore que l'Europe ait toutes les peines du monde à créer cette croissance qui lui permettrait de réduire le chômage et d'assainir une dette qui, dans certains pays, dépasse les 100% du PIB.

Les Pays-Bas, qui n'ont cessé de prêcher une orthodoxie budgétaire rigoureuse à l'adresse des pays du sud de la zone euro, ont dû eux-mêmes procéder plusieurs fois à des coupes claires pour respecter le critère fondamental d'un déficit budgétaire ne dépassant pas 3% du PIB.

Cette cure d'austérité infligée à l'Europe provoque la colère des populations et met à mal la croissance. L'économie néerlandaise n'a connu qu'une croissance de 0,1% au troisième trimestre tandis que la zone euro dans son ensemble a stagné, la reprise de la France tournant court et la croissance de l'Allemagne ralentissant.

"La forte contribution des exportations nettes à la croissance n'a pas suffi à compenser une économie intérieure affaiblie", note Standard & Poor's.

"La croissance de l'investissement et de la consommation réelle moyenne s'est contractée sur 2009-2013 (et nous pensons que la consommation privée stagnera encore en 2014 et en 2015) malgré la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne".

S&P anticipe à présent une contraction de 1,2% du PIB néerlandais en 2013, une croissance de 0,5% en 2014, accélérant progressivement pour atteindre 1,5% en 2016.

DEUX AGENCES SUR TROIS ONT RELEVÉ LA PERSPECTIVE

Au contraire, l'Espagne, dont les ratings ont chuté ces deux dernières années en raison du fardeau créé par le renflouement du secteur bancaire et des gouvernements régionaux, a récemment révisé en hausse sa prévision de croissance pour 2014, à 0,7% contre 0,5% précédemment.

L'Espagne est bien sortie d'une récession de deux ans au troisième trimestre, a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Ine), confirmant ainsi des données préliminaires publiées fin octobre.

Il a ajouté que les dépenses des ménages, qui représentent les deux tiers du PIB, commençaient également à se redresser, ce qui paraît de bon augure pour assurer une reprise durable.

S&P est la deuxième des trois grandes agences de notation à relever la perspective de l'Espagne en moins d'un mois, Fitch étant déjà passé de négative à stable dans le courant novembre.

L'agence a confirmé les notes longues et courtes BBB-/A-3, jugeant que la position externe de la quatrième puissance économique de la zone euro s'améliore à mesure que la croissance économique se reprend progressivement.

"D'autres paramètres de crédit se stabilisent, selon nous, du fait des réformes structurelles et budgétaires, combinées avec des politiques de soutien de la zone euro", observe S&P.

Modération salariale et réformes économiques douloureuses ont permis à l'Espagne de regagner ses avantages compétitifs perdus durant une décennie de boom immobilier. Les exportations augmentent et son exposition de crédit nette face au reste du monde devrait devenir positive pour la première fois depuis des décennies.

Moody's, comme S&P, note l'Espagne un cran au-dessus de la catégorie spéculative ("junk"), tandis que Fitch note encore un cran au-dessus.

Enfin, S&P a également annoncé le relèvement de la note de Chypre, de CCC+ à B-, estimant que les risques à court terme associés aux remboursements de dettes ont reflué.

La perspective est stable.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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