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Marché : Softbank montre les dents pour le contrôle de Sprint Nextel

Marché : Softbank montre les dents pour le contrôle de Sprint NextelMarché : Softbank montre les dents pour le contrôle de Sprint Nextel

par Soyoung Kim et Olivia Oran

NEW YORK (Reuters) - Le groupe japonais Softbank hausse le ton dans la bataille qui l'oppose à Dish Network pour le contrôle de Sprint Nextel, le troisième opérateur de téléphonie mobile aux Etats-Unis.

L'offre de 20,1 milliards de dollars (15,5 milliards d'euros) de l'opérateur télécoms japonais sur Sprint est contestée par Dish, qui propose 25,5 milliards pour garder la société sous contrôle américain.

Softbank a invité les banques d'investissement à ne pas participer au financement de la contre-offre de Dish sous peine d'être exclues du processus d'introduction en Bourse d'Alibaba Group Holding, dont le groupe japonais est actionnaire à hauteur de 33%, a-t-on appris auprès de deux sources au fait de la situation.

Alibaba, géant chinois du commerce électronique, planche sur un projet d'IPO qui serait l'une des plus importantes introductions en Bourse dans le secteur des hautes technologies depuis celle de Facebook l'an dernier. L'IPO de Facebook, pour un montant total de 16 milliards de dollars, avait généré quelque 176 millions de dollars de commissions pour les banques mandatées par le réseau social.

Softbank, Dish et Sprint n'ont pas souhaité commenter l'information. Une source proche d'Alibaba a indiqué que Softbank, tout en étant un actionnaire important de l'entreprise, n'y avait pas de pouvoir de décision. Alibaba n'a pas encore fixé d'échéancier ni mandaté de banques pour son IPO, a-t-elle ajouté.

Selon les sources, au moins une banque s'est retirée du pool de financement de Dish à la suite des menaces de Softbank. L'opérateur de télévision par satellite a besoin de neuf milliards de dollars pour mener à bien sa contre-offre.

"AMATEUR"

Le groupe de Masayoshi Son avait annoncé en octobre une OPA amicale de 20,1 milliards de dollars sur 70% de Sprint, à laquelle s'est ajoutée en décembre une offre sur l'opérateur de réseaux Clearwire que Sprint cherchait à reprendre.

Dish a contrarié les visées de l'entrepreneur japonais en lançant d'abord une contre-offre sur Clearwire, en janvier, puis en s'attaquant à Sprint en avril.

La bataille pour le contrôle de Sprint est depuis en train de virer en affrontement personnel entre Masayoshi Son et son vis-à-vis de Dish, Charlie Ergen.

Dans une interview le mois dernier, le fondateur de Softbank a traité Charlie Ergen - un vétéran du secteur des médias aux Etats-Unis - d'"amateur" en téléphonie mobile. "Charlie n'a aucune expertise dans cette industrie", a-t-il dit.

Barclays, banque conseil de Dish, est pressentie pour être l'une des banques qui participeront au financement de la contre-offre, avec Jefferies Group.

Plusieurs grandes banques, dont Bank of America, Citigroup, UBS et Deutsche Bank, sont déjà hors course du fait de leur rôle dans d'autres aspects de l'affaire.

Bank of America conseille le comité spécial mis sur pied par Sprint pour évaluer les deux offres, tandis que Citigroup, UBS et Rothschild sont déjà conseils de Sprint. Deutsche Bank, quant à elle, finance l'offre de Softbank.

Charlie Egen a reconnu jeudi que le comité spécial de Sprint n'avait pas encore autorisé Dish à accéder aux comptes de la société, en partie parce qu'il n'a pas encore sécurisé les fonds nécessaires pour mener à bien sa contre-offre.

Véronique Tison pour la version française

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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