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Marché : Shire propose d'acquérir Baxalta pour 30 milliards de dollars

Marché : Shire annonce une offre non sollicitée sur BaxaltaMarché : Shire annonce une offre non sollicitée sur Baxalta

LONDRES (Reuters) - Le groupe pharmaceutique Shire a annoncé mardi proposer de racheter le laboratoire américain Baxalta pour 30 milliards de dollars (27,3 milliards d'euros) avec l'objectif de devenir le leader mondial des traitements de maladies rares.

Shire, coté à Londres, précise dans un communiqué avoir rendu public son projet après avoir été éconduit par le conseil d'administration de sa cible, qui a refusé l'ouverture de négociations.

Baxalta a rejeté cette proposition mardi, expliquant qu'elle le sous-évaluait grandement.

Le groupe britannique propose 0,1687 ADR Shire pour chaque action Baxalta, soit une valeur de 45,23 dollars par titre et une prime de 36% par rapport au cours de Bourse de lundi soir.

L'action Baxalta, réservée à la hausse après avoir gagné plus de 15%, a terminé en hausse de 12% à 37,1 dollars à Wall Street, alors que l'ADR de Shire a perdu autour de 6%.

Baxalta, basé dans l'Illinois, a été scindé de Baxter International le mois dernier. L'entreprise spécialisée dans l'hématologie et l'immunologie emploie quelque 16.000 personnes et a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires proforma de six milliards de dollars.

Shire, qui a son siège en Irlande, précise que le nouveau groupe, détenu à 37% par les actionnaires de Baxalta, pourra viser un chiffre d'affaires de 20 milliards de dollars à l'horizon de 2020.

"Nous pensons que le rapprochement proposé de Shire et de Baxalta serait stratégiquement et financièrement pertinent pour nos deux entreprises, (...) créant le leader mondial des biotechs dans les maladies rares", déclare Flemming Ornskov, le directeur général de Shire, dans un communiqué.

"Notre préférence va clairement à une transaction négociée qui permettrait d'évaluer le potentiel de ce rapprochement et de finaliser les termes d'un accord."

Lors d'une conférence téléphonique, il a promis que Shire récompenserait ses actionnaires après la fusion en rachetant 118 millions d'actions sur deux ans, d'une valeur actuelle de quelque 10 milliards de dollars.

A la question de savoir si cette opération était défensive, Flemming Ornskov a répondu qu'elle s'inscrivait dans la stratégie de Shire visant à devenir le leader mondial des traitements de maladies orphelines.

Il a révélé avoir tenté d'établir le contact avec le président-directeur général de Baxalta, Ludwig Hantson, depuis le début juillet mais n'avoir pu décrocher qu'un "bref entretien cordial" le 10 juillet, au cours duquel le courant n'est pas passé.

"De ce fait, vous ne nous laissez d'autre choix que d'informer vos actionnaires de notre proposition. Nous pensons qu'ils méritent de pouvoir l'étudier", a-t-il écrit dans un courrier adressé le 4 août à Ludwig Hantson.

Baxalta s'est borné à confirmer avoir reçu une "proposition non sollicitée et conditionnelle."

AVANTAGE FISCAL

Shire, très actif sur le front des fusions et acquisitions, a annoncé pas plus tard que lundi le rachat d'un autre laboratoire américain, Foresight Biotherapeutics, pour 300 millions de dollars, après l'acquisition en janvier de NPS Pharmaceuticals pour 5,2 milliards de dollars.

Le groupe basé en Irlande a aussi été cité comme acquéreur possible du suisse Actelion, principale société biotechnologique indépendante en Europe, et il a lui-même fait l'objet l'an dernier d'une tentative d'OPA de 50 milliards de dollars d'AbbVie, un projet finalement abandonné par ce dernier après le vote aux Etats-Unis d'une nouvelle législation rendant les acquisitions à l'étranger moins avantageuses fiscalement pour les sociétés américaines.

Shire a aussi dégainé l'argument fiscal pour Baxalta, affirmant que le groupe issu de la fusion serait imposé à hauteur de 16-17% alors que Baxalta a actuellement un taux d'imposition de l'ordre de 21-24%.

Mais Flemming Ornskov a assuré que l'intérêt de la fusion était avant tout stratégique, pour le bénéfice des deux entreprises, et non fiscal. "La fiscalité est un aspect mais pas le principal aspect", a-t-il dit aux journalistes.

Pour Jason Gerberry, analyste chez Leerink, une fusion ferait sens car les deux groupes ont des portefeuilles de produits complémentaires, mais rien ne garantit que Shire arrivera à ses fins. "Shire risque de devoir lancer une offre hostile et le taux de réussite des OPA hostiles dans le secteur pharmaceutique est assez bas", remarque-t-il.

(Paul Sandle, Véronique Tison pour le service français)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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