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Marché : Recul du chômage en août, le gouvernement prudent

Marché : 50.000 chômeurs de moins, premier recul depuis avril 2011Marché : 50.000 chômeurs de moins, premier recul depuis avril 2011

PARIS (Reuters) - Le nombre de demandeurs d'emploi a nettement reculé en août en France mais le gouvernement se veut prudent, tout en réaffirmant son objectif d'une inversion durable de la courbe du chômage à l'horizon de la fin de l'année.

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans emploi) a diminué de 1,5% en août, soit de 50.000, pour s'établir à 3.235.700 en France, enregistrant son premier recul depuis avril 2011, selon les données publiées mercredi par le ministère du Travail.

Cette baisse, la plus forte en ampleur depuis l'automne 2000, intervient à la suite d'un ralentissement du rythme de hausse constaté depuis le mois de mai.

En tenant compte des personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de 1,3% pour s'établir à 4.789.200, soit 62.700 personnes de moins qu'en juillet. En incluant l'Outre-mer, il atteint 5.085.800 contre 5.148.200 le mois précédent.

"Ces chiffres sont encourageants, mais doivent encore être interprétés avec prudence", souligne le ministre du Travail Michel Sapin dans ce communiqué.

Les statistiques du mois d'août "peuvent être affectées par une hausse exceptionnellement forte des sorties de Pôle emploi pour défaut d'actualisation", qui correspondent au cas où le demandeur d'emploi n'a pas actualisé sa déclaration de situation mensuelle, relèvent la Dares et Pôle Emploi en charge de la publication de ces données.

Les sorties de Pôle Emploi sous ce motif ressortent à 277.500 contre 200.000 le mois précédent et pour la période correspondante un an auparavant.

NOUVEAU REPLI DU CHÔMAGE DES JEUNES

"Les résultats d'un mois ne font pas un retournement", poursuit le ministère dans son communiqué. "Notre objectif, c'est l'inversion durable de la courbe du chômage, à l'horizon de la fin de l'année."

Le recul des entrées à Pôle emploi (-9,4% sur le mois) concerne tous les motifs d'inscription, les fins de CDD diminuant de 6,9% sur le mois, les fins de missions d'intérim de 9,5% et les licenciements économiques de 1,6%.

Sur un an, la hausse des chômeurs de catégorie A ralentit à 7,3% contre 10,0% un mois plus tôt et celle de chômeurs de catégorie A,B et C à 6,7% (contre 9,0% en juillet).

Le nombre de demandeurs d'emplois de moins de 25 ans a reculé pour le quatrième mois consécutif en août, le rythme de baisse s'accélérant à -3,6% sur le mois contre -0,8% le mois précédent et illustrant la montée en puissance des dispositifs de lutte contre le chômage des jeunes comme les emplois d'avenir et les contrats de génération.

"Le soixante millième emploi d'avenir a été conclu lundi et chaque jour entre 500 et 600 contrats sont signés", précise le ministère qui estime ce rythme en ligne avec l'objectif de 100.000 contrats signés d'ici la fin de l'année.

A l'occasion de la présentation du projet de loi de Finances pour 2014, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a par ailleurs indiqué que le gouvernement prévoyait de financer 340.000 contrats non marchands auxquels s'ajoutent 150.000 emplois d'avenir et 100.000 contrats de génération pour une dépense de 4 milliards d'euros l'année prochaine, dont 1,7 milliard spécifiquement dédié à l'emploi des jeunes.

"UNE BAISSE SOUS PERFUSION"

Le recul du chômage s'inscrit dans un contexte d'amélioration de la situation de l'économie française encore illustrée mercredi par une embellie du climat des affaires pour le cinquième mois consécutif.

"L'amélioration de l'activité permet d'envisager un rythme encore plus dynamique des intentions d'embauche dans les prochains mois", estime le ministère du Travail.

Dans le projet de loi de finances pour 2014, le gouvernement prévoit une hausse de 0,6% de l'emploi total l'année prochaine, une prévision jugée optimiste par le Haut Conseil des finances publiques dans un avis rendu mercredi.

Pour Eric Heyer, économiste à l'OFCE, la prévision de croissance de 0,9% retenue par le gouvernement pour bâtir le budget 2014 ne suffira pas à empêcher des destructions d'emplois.

"Traditionnellement, les entreprises françaises recommencent à créer des emplois lorsque la croissance dépasse 1,5%" a-t-il rappelé lors d'une présentation à la presse.

L'OFCE chiffre à plus de 250.000 les sureffectifs dans les entreprises françaises au sortir de la crise en raison de destructions d'emploi de moindre ampleur que lors des phases de ralentissement précédentes.

"Il faudrait 1,6% de croissance sur 2014, 2015 et 2016 pour faire repartir l'emploi dans le secteur privé", estime-t-il.

Il est possible, selon lui, que le chômage baisse dans les prochains mois, mais cette baisse ne pourra être décrite comme une inversion de la tendance.

"Ce sera une baisse sous perfusion d'emplois aidés", résume-t-il.

Le redressement de l'économie française, qui a enregistré une croissance de 0,5% au deuxième trimestre après deux trimestres d'évolution négative du PIB, est par ailleurs jugé fragile par de nombreux économistes, qui soulignent l'absence de signes de reprise des investissements des entreprises.

Marc Joanny avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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