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Marché : Pour l'UE, la Grèce n'a guère le choix en matière de réformes

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par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - La Grèce peut choisir quelles réformes elle met en oeuvre pour obtenir le déblocage de l'aide financière internationale mais elle aura du mal à éviter des privatisations et une réforme des retraites en raison de leur impact budgétaire, estiment des responsables européens.

Le gouvernement dirigé par Alexis Tsipras doit présenter dans les prochains jours à ses partenaires de la zone euro une liste de réformes censée avoir sur les finances publiques le même impact que les mesures prévues par son prédécesseur.

"Le précédent gouvernement n'avait pas mis en oeuvre les 'mesures préalables' nécessaires pour le dernier versement. Rien n'a changé, les mesures préalables sont les mêmes. Mais les mesures peuvent être modifiées si elles ne remettent pas en cause la soutenabilité de la dette", a déclaré un responsable de la zone euro.

Ces mesures sont au coeur des discussions engagées par Athènes avec les "institutions", c'est-à-dire le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne.

"Ils doivent convaincre les institutions que certaines des mesures ne doivent pas être mises en oeuvre, qu'elles soient abandonnées ou complétées par d'autres", a dit un autre haut responsable de la zone euro.

Les privatisations risquent fort d'être l'un des points d'achoppement des négociations, précisent des responsables, car elles étaient censées rapporter quatre milliards d'euros au budget grec cette année. Or le gouvernement Tsipras a mis un coup d'arrêt au programme de cessions d'actifs publics, en précisant qu'il ne mènerait à terme que les procédures déjà engagées.

La réforme des retraites risque aussi de poser problème, l'Union européenne continuant de réclamer une modification des règles sur les départs anticipés et un ajustement des pensions aux cotisations.

Les créanciers d'Athènes souhaitent aussi la suppression du taux réduit de TVA en vigueur dans les îles grecques et un doublement, à 13%, de celui appliqué à l'hôtellerie. Mais Athènes rétorque que ces mesures pénaliseraient le tourisme, un secteur clé de l'économie.

Plus largement, certains responsables européens estiment que le gouvernement Tsipras doit s'employer à faire rentrer impôts et taxes dans les caisses de l'Etat.

"Je ne vois pas comment les finances publiques peuvent être remises en ordre tant qu'ils n'arrivent pas à améliorer considérablement le système de collecte de l'impôt", dit un troisième responsable européen.

Facile à définir, la tâche est d'autant plus difficile à accomplir que le temps presse.

"Ils ont une semaine, deux au mieux", dit l'un des responsables européens.

(avec Deepa Babington à Athènes; Marc Angrand pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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