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Marché : Pour Angela Merkel, Berlin aurait intérêt à une hausse de taux

Marché : Pour Angela Merkel, Berlin aurait intérêt à une hausse de tauxMarché : Pour Angela Merkel, Berlin aurait intérêt à une hausse de taux

par Andreas Rinke

DRESDE, Allemagne (Reuters) - La chancelière allemande, Angela Merkel, a jugé jeudi que la Banque centrale européenne (BCE) devrait relever les taux d'intérêt si elle s'en tenait uniquement à la situation de l'Allemagne, ajoutant que les divergences économiques au sein de la zone euro compliquaient la tâche de l'institution de Francfort.

La chancelière s'est exprimée d'une manière directe, peu habituelle de sa part lorsqu'il s'agit de la BCE, au moment même où les marchés pensent que la banque centrale n'a jamais été aussi près d'abaisser ses taux d'intérêt depuis juillet 2012.

"La BCE se trouve manifestement dans une situation délicate. Pour ce qui concerne l'Allemagne, elle devrait en réalité augmenter les taux, un peu pour le moment, mais pour d'autres pays, il faudrait qu'elle en fasse encore plus pour qu'il y ait encore plus de liquidité à disposition, particulièrement pour que les liquidités aillent au financement des entreprises", a-t-elle expliqué lors d'un colloque sur le secteur bancaire.

"Si nous voulons revenir à un niveau de taux d'intérêt qui soit soutenable, il nous faut surmonter cette division interne à la zone euro".

Une porte-parole de la BCE s'est abstenue de tout commentaire sur les propos de Merkel.

La zone euro est retombée en récession tandis que son inflation est bien inférieure à l'objectif que s'est fixé la BCE, à savoir un peu moins de 2,0%, ce qui donne à l'institut d'émission de la marge pour agir.

Dans certains pays de la zone euro, les PME éprouvent les plus grandes difficultés à se financer auprès de banques peu enclines à augmenter leur risque crédit alors qu'elles doivent faire face à de nouvelles règles prudentielles plus rigoureuses.

PAS DE REMÈDE MIRACLE, DIT ASMUSSEN

La BCE est de plus en plus préoccupée par ce phénomène mais il n'y a pas de consensus au sein de la zone euro sur les moyens de régler le problème.

Plusieurs responsables de la BCE pensent qu'une baisse des taux à elle seule ne suffirait pas en raison d'une transmission défectueuse de la politique monétaire, comme l'a expliqué le vice-président Vitor Constancio mercredi.

"Nous constatons que le mécanisme de transmission continue à être entravé et nous continuons donc à étudier et à réfléchir à ce que nous pourrions faire pour corriger la transmission de la politique monétaire", a-t-il dit au Parlement européen, ajoutant toutefois que la BCE disposait d'une marge de manoeuvre sur les taux en cas de détérioration prolongée de la conjoncture.

Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a quant à lui estimé jeudi que la politique monétaire n'était pas un remède miracle permettant de soigner tous les maux économiques.

"La politique monétaire n'est pas une arme à usage multiplie pour traiter toute sorte de maladies économiques", a-t-il expliqué. "En raison d'une transmission de la politique monétaire perturbée, les répercussions d'une baisse des taux à la périphérie sont limitées, alors même que c'est là qu'elles seraient le plus nécessaires".

Le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunit jeudi prochain à Bratislava, l'une de ses deux réunions de l'année en dehors de Francfort. Il est rare que la BCE touche aux taux lorsqu'elle est de sortie mais la conjoncture économique du moment peut l'amener à rompre avec la tradition.

Avec Eva Kühnen, Wilfrid Exbrayat pour le service français

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