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Marché : Pierre Moscovici veut que l'Eurogroupe discute de l'euro fort

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par Robin Emmott et Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les pays de la zone euro doivent coopérer plus étroitement en matière de politique de taux de change face à la forte appréciation de la monnaie unique, a déclaré lundi le ministre français des Finances Pierre Moscovici, en vue de la réunion de l'Eurogroupe prévue dans la journée.

"Nous aurons un débat sur les changes", a déclaré Pierre Moscovici à son arrivée à Bruxelles, où il devait rencontrer les autres ministres des Finances de la zone euro. "Nous devons avoir entre nous (...) une approche coordonnée qui nous permette de plaider, notamment dans le cadre du G20, pour la stabilité des changes."

Le président François Hollande a jugé la semaine dernière qu'un objectif à moyen terme devait être fixé pour le niveau de l'euro afin de prévenir des "mouvements irrationnels", mais l'Allemagne a rapidement rejeté cette idée en affirmant que la devise n'était pas surévaluée "à l'heure actuelle".

La monnaie unique a atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis 14 mois face au dollar et son plus haut depuis 30 mois face au yen, la Réserve fédérale des Etats-Unis et la Banque du Japon menant des politiques de rachat d'obligations d'Etat qui favorisent la dépréciation des devises américaine et nippone.

"On sait que l'euro s'est apprécié fortement ces derniers mois pour des raisons qui sont d'abord positives (...) mais aussi des facteurs qui tiennent à des pratiques plus agressives de certains de nos partenaires", a souligné Pierre Moscovici, estimant que les changes ne devaient "pas être soumis aux humeurs ou à la spéculation".

"FRÉNÉSIE INJUSTIFIÉE"

Au cours du week-end, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn s'est déclaré favorable à une coordination plus étroite en matière de taux de change afin d'éviter des perturbations dans le commerce mondial.

Plusieurs ministres des Finances de la zone euro se sont cependant alignés sur l'Allemagne et ont minimisé lundi l'importance que devaient prendre les questions monétaires au cours de la prochaine réunion du G20.

"Je pense qu'un affaiblissement artificiel de l'euro n'est pas nécessaire", a déclaré Maria Fekter, ministre autrichienne des Finances. "A mon avis, la frénésie autour de l'euro n'est pas justifiée pour le moment."

Le Néerlandais Jeroen Djisselbloem, président de l'Eurogroupe, s'est contenté de dire que la politique des taux de change pourrait être évoquée lundi dans le cadre d'un examen général de l'économie européenne, mais s'est abstenu de tout commentaire.

Dans le même temps, deux responsables du G20 ont déclaré lundi que les pays du G7 envisageaient de publier un communiqué réaffirmant leur engagement envers des taux de change "fixés par le marché", en réponse à la perspective d'une "guerre des monnaies".

Le communiqué pourrait être publié simultanément à la réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux du G20 vendredi et samedi à Moscou.

Constance de Cambiaire et Julien Dury pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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