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Marché : Peu de progrès sur le plafonnement des bonus dans la City

Marché : Peu de progrès sur le plafonnement des bonus dans la CityMarché : Peu de progrès sur le plafonnement des bonus dans la City

par Steve Slater

LONDRES (Reuters) - Les grandes banquiers d'affaires et traders travaillant dans la City devraient voir leur mode de rémunération profondément modifié, leur bonus dépassant parfois très largement les limites imposées par la nouvelle réglementation européenne qui entrera en vigueur cette année, selon les dernières données disponibles en la matière.

Les bonus payés par JPMorgan, Goldman Sachs Bank of America, Barclays et Credit Suisse à leur banquiers d'affaires et traders les mieux rémunérés représentaient entre 3,3 et 5,4 fois leur rémunération fixe en 2012, selon les calculs effectués par Reuters.

La nouvelle réglementation adoptée par l'Union européenne plafonne la partie variable soit au montant de la partie fixe, soit au double de ce montant sous réserve de l'accord des actionnaires de la banque.

Les bonus des banquiers d'affaires demeurent un sujet controversé aussi bien au sein d'une grande partie de la classe politique et des opinions publiques, qui estiment qu'ils contribuent à des prises de risques excessives comme celles à l'origine de la crise financière de 2008.

Les banques payent en général les bonus en janvier ou février sur la base des performances réalisées au cours de l'année précédente.

Les nouvelles règles européennes sur les bonus, qui entrent en vigueur ce mois-ci, ne s'appliqueront donc qu'aux bonus 2014 payables début 2015.

Les grandes banques d'investissement ont continué en 2012 à rémunérer leurs collaborateurs les plus susceptibles de prendre des risques en se basant très largement sur la performance, selon les documents réglementaires rendus publics ces dernières semaines.

Goldman Sachs a versé en moyenne 4,67 millions de dollars (3,44 millions d'euros) à ses 115 collaborateurs les mieux rémunérés au titre de l'exercice 2012, un montant en hausse de 75% par rapport à l'année précédente et le plus élevé parmi les grandes banques actives dans la City. La banque d'affaires américaine avait enregistré une hausse de près de 70% de ses résultats nets en 2012 par rapport à 2011, à 7,3 milliards de dollars.

Goldman Sachs a payé environ 350 millions de dollars sous forme de bonus, soit 5,2 fois les sommes correspondant aux salaires fixes, contre un ratio de 2,2 fois en 2011, selon les calculs de Reuters.

FORTE CRÉATIVITÉ

Les banques vont a priori devoir augmenter les rémunérations fixes et réduire les bonus pour se conformer aux nouvelles règles. Mais plusieurs d'entre elles se sont montrées créatives, recourant à des indemnités, gratifications ou distribution d'actions qui tout en ayant les caractéristiques d'une rémunération variable sont susceptibles d'être considérées comme relevant d'un salaire fixe au regard des nouvelles règles.

"Il semble qu'il y ait beaucoup de créativité en ce moment", souligne Peter Hahn, de la Cass Business School.

Environ 10.000 banquiers d'affaires de la City, gagnant plus de 500.000 euros annuels, seraient concernés par les nouvelles règles européennes sur le plafonnement des bonus, qui ont toutefois été assouplies le mois dernier pour exclure ceux d'entre eux qui ne sont pas considérés comme exposant leur employeur à de fortes prises de risques.

Goldman Sachs n'a pas été, loin s'en faut, la seule banque d'investissement à ne pas s'en tenir aux règles à venir en matière de bonus, selon les données publiées pour 2012 par les établissements installés dans la City concernant leurs collaborateurs dits "code staff", une expression qui désigne tous les banquiers d'affaires susceptibles de prendre des risques significatifs sur les marchés (voir tableau ci-dessous).

Le gouvernement britannique a contesté cette nouvelle réglementation devant la Cour de justice européenne et de nombreuses banques installées dans la City y sont opposées, estimant qu'elle entraînera une hausse des rémunérations fixes menaçant la compétitivité de la place financière de Londres et poussant les banquiers d'affaires à s'expatrier aux Etats-Unis ou en Asie.

Un peu plus de 3.500 banquiers d'affaires ou traders ont gagné l'année dernière un million d'euros ou plus, plus des trois quarts d'entre eux travaillant dans la City, selon des données publiées en novembre par l'Autorité bancaire européenne.

Marc Joanny pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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