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Marché : Pas de ruée vers les banques chypriotes à la réouverture

Marché : Pas de ruée vers les banques chypriotes à la réouvertureMarché : Pas de ruée vers les banques chypriotes à la réouverture

par Karolina Tagaris et Michele Kambas

NICOSIE (Reuters) - Des files d'attente se sont formées jeudi devant les banques chypriotes, qui ont rouvert dans des conditions très strictes après douze jours de fermeture, mais la ruée redoutée vers les guichets après l'adoption d'un plan de sauvetage draconien ne s'est pas produite.

Les autorités craignaient des retraits massifs après l'accord conclu dans la nuit de dimanche à lundi à Bruxelles avec les créanciers internationaux, qui met pour la première fois les particuliers à contribution.

Dans le centre de Nicosie, les clients attendaient dans le calme devant les succursales de la Bank of Cyprus et de la Cyprus Popular Bank, dont les portes ont été ouvertes à 10h00, sous l'oeil d'agents de sécurité en uniforme.

D'importants mouvements avaient été effectués récemment via internet. Selon les chiffres publiés jeudi par la Banque centrale chypriote, 18% des sommes déposées par des ressortissants d'autres Etats de la zone euro ont ainsi été retirés en février, alors que le "bail in" prévoyant la mise à contribution des épargnants se dessinait.

En moyenne, le montant total des comptes bancaires gérés par des établissements privés a baissé de 2,2% le mois dernier pour s'établir à 46,4 milliards d'euros. Une baisse équivalente avait déjà été enregistrée en janvier.

Le gouvernement a annoncé la création d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur cette fonte des dépôts bancaires. "Elle va enquêter sur les responsabilités criminelles, civiles et politiques", a indiqué Constantinos Petrides, sous-secrétaire à la présidence.

LENTE AGONIE

Mercredi soir, des camions chargés d'argent liquide sont arrivés à Nicosie dans l'enceinte de la Banque centrale pour préparer la réouverture des banques, a-t-on rapporté au sein de l'institution. Un hélicoptère surveillait le quartier et des agents de police armés montaient la garde autour du bâtiment.

Les responsables chypriotes ont promis de mettre suffisamment de liquidités à disposition pour satisfaire la demande.

Les mesures très strictes adoptées à la veille de la réouverture pour éviter une fuite des capitaux devaient théoriquement rester en vigueur une semaine, mais les économistes doutaient qu'elles puissent être levées tant que la crise ne sera jugulée.

Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Ioannis Kasoulides, a précisé dans l'après-midi qu'elles seraient levées dans leur intégralité dans un délai "d'un mois environ".

Parmi ces mesures de contrôle des capitaux, figurent l'interdiction de l'encaissement des chèques aux guichets et la limitation à 300 euros par jour des retraits en liquide à l'aide de cartes de crédit.

La liste a été affichée sur les vitrines des succursales et le personnel en distribuait des copies aux clients, dont les craintes tournent à la résignation.

"Vous n'imaginez pas à quel point j'attendais ce moment", explique Froso Kokikou, un retraité de 64 ans, interrogé dans une file d'attente.

"J'ai un sentiment de peur et de déception à devoir faire la queue comme ça. On se croirait dans un pays du tiers monde, mais que peut-on faire ? Ils nous l'ont imposé et il faut faire avec", poursuit-il.

Pour Kostas Nikolaou, 60 ans, les deux dernières semaines ont été "comme une lente agonie".

"Comment peuvent-ils nous interdire l'accès à nos propres comptes en banque ? C'est notre argent. On y a droit", s'indigne-t-il. Les retraités, qui utilisent moins les cartes de crédit, étaient nombreux dans les files d'attente.

Le président Nicos Anastasiades s'est félicité de la "maturité et de la responsabilité" des Chypriotes face à la crise".

"Nous avons montré non seulement que nous voulions tirer notre pays de cette situation difficile, mais aussi que nous allions le faire", dit-il dans un communiqué.

Le traitement du chef de l'Etat et de ses ministres a été respectivement amputé de 25 et 20%.

Karolina Tagaris et Michele Kambas, Hélène Duvigneau, Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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