Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Pas de paiement au FMI sans horizon d'accord, dit un député grec

Marché : Pas de paiement au FMI sans horizon d'accord, dit un député grec

Marché : Pas de paiement au FMI sans horizon d'accord, dit un député grecMarché : Pas de paiement au FMI sans horizon d'accord, dit un député grec

ATHENES (Reuters) - La Grèce ne versera pas au Fonds monétaire international (FMI) le remboursement prévu le 5 juin s'il n'y a aucune perspective d'entente avec ses bailleurs de fonds, a déclaré mercredi le porte-parole des parlementaires de Syriza, le parti au pouvoir.

Engagée dans des négociations avec ses bailleurs de fonds pour obtenir de leur part le versement d'une nouvelle aide en échange de réformes socio-économiques, Athènes doit rembourser ce mois-ci un total de 1,6 milliard d'euros au FMI.

La première des quatre échéances de juin, d'un montant de 300 millions d'euros, est fixée à vendredi.

Au total, la Grèce doit rembourser environ 320 milliards d'euros, près des deux tiers de cette somme étant dus au FMI et aux pays de la zone euro et 8,7% à la Banque centrale européenne (BCE).

Les créanciers internationaux de la Grèce ont bouclé mardi un projet d'accord qu'ils soumettront au gouvernement d'Alexis Tsipras, dans l'espoir qu'une nouvelle aide puisse être débloquée avant que le pays se retrouve à court de liquidités.

"S'il n'y a aucune perspective d'accord d'ici vendredi ou lundi, je ne sais pas quand exactement, nous ne paierons pas", a dit Nikos Filis à la chaîne Mega TV.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, doit se rendre dans la journée à Bruxelles pour rencontrer le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et poursuivre les discussions visant à débloquer ce qu'il reste à verser de l'aide internationale.

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem participera également à cette réunion, à laquelle assisteront des représentants du FMI et de la BCE.

Alexis Tsipras, porté au pouvoir en janvier sur la promesse de mettre fin à l'austérité, a soumis lundi soir un projet comportant un programme de réformes qu'il a qualifié de "réaliste", dans l'espoir d'éviter d'être mis dos au mur par ses créanciers.

Un eurodéputé Syriza a affiché son optimisme quant aux chances de réussite de ce projet de 47 pages.

"Si les créanciers font preuve du même réalisme que celui affiché par le gouvernement grec et par le Premier ministre grec, alors nous pourrons avoir un accord de principe d'ici vendredi ou avant vendredi", a indiqué Dimitris Papadimoulis à la chaîne télévisée Antenna TV, en précisant que cela pourrait aboutir à un accord définitif la semaine prochaine.

"Mais pour l'instant il n'y a pas d'accord, il y a convergence", a-t-il précisé.

UN "GREXIT" NE PEUT TOUJOURS PAS ÊTRE ÉCARTÉ

Le secrétaire d'Etat grec chargé des Affaires sociales Dimitris Stratoulis a indiqué de son côté que tout accord conclu avec les bailleurs de fonds du pays devrait respecter les engagements du gouvernement.

"Soit l'accord sera compatible avec les promesses politiques de Syriza, l'essentiel, ou alors il n'y aura pas d'accord", a-t-il déclaré à Antenna TV.

Pour le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ce sont justement ces promesses électorales qui posent problème et il accuse Syriza d'avoir induit ses électeurs en erreur, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Wirtschaftswoche et publié mercredi.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte adresse le même reproche aux Grecs, dans des déclarations faites à Reuters mercredi en marge d'une conférence de l'OCDE, et affirme qu'une sortie de la Grèce de la zone euro est une hypothèse qui ne peut toujours pas être exclue.

"Au cours du dernier scrutin (les législatives anticipées du 25 janvier, ndlr), Syriza a réussi à convaincre les Grecs qu'il y avait un moyen plus simple de rester dans (la zone) euro, une approche sans les efforts majeurs de réformes qui sont de fait dans l'intérêt de la Grèce", dit Wolfgang Schäuble.

"Peut-être n'auraient-ils pas dû faire des promesses comme celles-ci", poursuit Wolfgang Schäuble, précisant qu'il n'a eu de cesse de tenter de trouver un moyen pour remettre la Grèce sur pied et restaurer son indépendance financière.

"Je crois vraiment qu'on travaille très dur pour arriver à quelque chose mais dans le même temps ils (les Grecs) ont fait tellement de promesses électorales puis au Parlement... qu'il est difficile de rapprocher" les points de vue des deux parties, a expliqué de son côté Mark Rutte.

"On ne peut jamais dire (qu'un 'Grexit') est hors de question mais ce n'est pas le but. Le but est de trouver un terrain d'entente".

(George Georgiopoulos et Angeliki Koutantou; Myriam Rivet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...