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Marché : Pas d'effet Trump sur le climat des affaires en Allemagne

Marché : Le climat des affaires n'a pas varié en novembre en AllemagneMarché : Le climat des affaires n'a pas varié en novembre en Allemagne

par Michael Nienaber

BERLIN (Reuters) - Le climat des affaires est resté stable à un niveau élevé en Allemagne en novembre, ce qui laisse penser que les chefs d'entreprise du pays gardent le moral malgré les retombées encore incertaines de la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine du 8 novembre.

Les Etats-Unis sont le premier partenaire commercial de l'Allemagne et le discours protectionniste de Trump n'est pas du goût des exportateurs de la zone euro, qui ont déjà subi le vote des Britanniques pour une sortie l'Union européenne, le 23 juin dernier.

L'indice de l'institut munichois d'études économiques Ifo, calculé à partir d'un échantillon de quelque 7.000 entreprises, est ressorti à 110,4 en novembre comme en octobre. L'indice d'octobre avait été annoncé à 110,5 en première estimation.

Cette modeste révision à la baisse de l'indice d'octobre ne l'empêche pas de se maintenir à son plus haut niveau depuis deux ans et demi.

Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un indice de 109,5, leurs estimations allant de 109,2 à 111,0.

"On dirait que l'économie allemande n'est pas perturbée par l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis", observe Clemens Füst, le président de l'Ifo. "La confiance envers l'économie allemande reste bonne".

Une fois de plus, les entreprises allemandes sont plus satisfaites du présent que de leur avenir immédiat. Le sous-indice mesurant les conditions actuelles a progressé à 115,6 contre 115,1 et 115,0 attendu. Celui mesurant les anticipation a au contraire fléchi à 105,5 contre 105,9 et 106,0 attendu.

Le sentiment s'est nettement amélioré dans le commerce de gros et de détail et il n'a jamais été aussi élevé dans le bâtiment en novembre.

En revanche, le moral s'est dégradé dans l'industrie au vu, estime l'Ifo, de perspectives d'exportation moins propices.

"S'il existe un effet Trump, il pourrait se manifester plus tard comme on l'a vu avec le vote en faveur du Brexit", a dit à Reuters Klaus Wohlrabe, économiste de l'Ifo.

Il a ajouté que l'indice Ifo plaidait pour une croissance de 0,5% au quatrième trimestre, donnant un PIB augmenté de 1,9% sur l'ensemble de l'année.

La croissance s'est réduite de moitié à 0,2% en Allemagne au troisième trimestre, la hausse des dépenses publiques et de consommation n'ayant pu absorber le recul des exportations, a fait savoir l'Office fédéral de la statistique jeudi.

Beaucoup d'économistes ne se laissent pas impressionner par ce dernier chiffre, faisant valoir que d'autres indicateurs, comme l'indice des directeurs d'achats PMI de Markit, laissent prévoir un rebond au dernier trimestre de l'année.

La Bundesbank s'attend à ce que le secteur manufacturier soit le moteur d'un rebond économique au quatrième trimestre et observe que les fondements de la croissance, en l'espèce une économie interne très dynamique, restent en place.

"Depuis le choc initial du Brexit, l'indice Ifo a effectué une remontée impressionnante. On peut en déduire que le ralentissement estival de l'ensemble de l'économie n'est que ponctuel et non pas structurel", dit Carsten Brzeski, économiste d'ING-Diba.

L'indice Ifo avait fléchi en juillet puis en août, à 106,3, avant de remonter en septembre.

Brzeski observe toutefois que la croissance est "artificiellement" gonflée par la politique de taux ultra-bas de la Banque centrale européenne (BCE) et par le coup de pouce aux dépenses publiques donné par l'afflux de réfugiés depuis 2015.

Pour Jack Allen, analyste de Capital Economics, l'indice Ifo montre que l'économie allemande s'est très bien comportée jusqu'à présent au dernier trimestre de l'année.

"Nous pensons cependant que la croissance ralentira l'an prochain, ce qui pourrait obliger la BCE à assouplir encore un peu plus sa politique monétaire", a-t-il dit.

Berlin anticipe une croissance de 1,4% en 2017, année électorale, contre 1,8% cette année, conséquence surtout d'un commerce extérieur en demi-teinte et d'un nombre de jours ouvrés inférieur.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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