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Marché : Nouveaux signes de ralentissement économique en Chine

Marché : La production industrielle en Chine sous le consensusMarché : La production industrielle en Chine sous le consensus

PÉKIN (Reuters) - L'économie chinoise a fortement ralenti au cours des deux premiers mois de l'année, la croissance de l'investissement, des ventes de détail et de la production industrielle étant tombée à son plus bas niveau depuis plusieurs années.

Les statistiques inférieures aux attentes publiées jeudi risquent d'alimenter les craintes d'un atterrissage brutal de la deuxième économie mondiale et les spéculations sur la possibilité d'un prochain assouplissement de la politique monétaire de Pékin.

La production industrielle a augmenté de 8,6% en rythme annuel sur les deux premiers mois de l'année, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une progression de 9,5%. Le chiffre de janvier-février est le plus bas enregistré depuis avril 2009.

"Un assouplissement de la politique devrait être imminent", estime Hao Zhou, économiste chez ANZ Bank à Shanghai, qui ajoute que les chiffres publiés jeudi impliquent un taux de croissance de 7% en Chine pour le premier trimestre.

Plusieurs sources ont indiqué à Reuters mercredi que la banque centrale chinoise était prête à revoir à la baisse le ratio des réserves obligatoires (RRR) en cas de ralentissement trop prononcé de l'activité économique du pays, afin de stimuler le crédit bancaire.

Une telle baisse serait décidée si le rythme de croissance du PIB tombait sous la barre de 7,5% pour s'orienter vers les 7,0%, ont précisé ces sources.

D'autres secteurs de l'économie semblent également avoir perdu leur dynamisme, selon les statistiques publiées jeudi.

Les ventes au détail ont augmenté de 11,8% sur la période par rapport à janvier-février 2013. Les économistes attendaient en moyenne une hausse de 13,5% sur un an.

De même, les investissements en actifs immobilisés, l'un des principaux moteurs de la croissance du pays, ont augmenté de 17,9% sur les deux premiers mois de l'année par rapport à la période janvier-février 2013, alors que les prévisions donnaient en moyenne une croissance de 19,4%.

Les marché boursiers asiatiques et la plupart des devises de la région tels que le yuan chinois et le dollar australien, ont réduit leurs gains après la publication de ces données décevantes, tandis que la Bourse de Tokyo se retournait à la baisse.

Les statistiques officielles de janvier et de février ont été regroupées afin d'éviter les distorsions liées au Nouvel An chinois qui a entraîné la fermeture des usines, des bureaux et des magasins pendant plusieurs jours fin janvier et début février.

L'OBJECTIF EST D'"ENVIRON" 7,5%, RAPPELLE LI KEQIANG

La semaine dernière, les chiffres du commerce extérieur avaient montré une chute inattendue, de 18,1%, des exportations chinoises en février, ce qui a fait basculer la balance commerciale en déficit et déstabilisé les marchés.

Sur janvier-février, la baisse des exportations a été de 1,6%.

De nombreux analystes financiers pensent que Pékin ne va pas envisager de nouvel assouplissement monétaire avant de disposer de davantage de données. Toutefois, même en prenant en compte l'impact des fermetures du Nouvel An chinois, le ralentissement de la croissance depuis le début de l'année semble net.

Le gouvernement a annoncé la semaine qu'il attendait une croissance de 7,5% cette année, mais après les derniers indicateurs, certains économistes s'attendent à ce que, pour la première fois de son histoire, la Chine n'atteigne par son objectif cette année.

Même certains responsables du gouvernement ont commencé à suggérer que l'objectif n'était pas gravé dans le marbre.

"L'objectif de croissance du PIB est d'environ 7,5%", a ainsi expliqué jeudi le Premier ministre, Li Keqiang, dans un discours prononcé à l'occasion de la session annuelle du Parlement.

"'Environ' signifie qu'il existe une certaine flexibilité et que nous avons une certaine tolérance", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, son ministre des Finances, Lou Jiwei, avait déclaré que la Chine pouvait se permettre de rater l'objectif de 7,5% à condition de continuer de créer suffisamment d'emploi. (voir: (Full Story)) Pékin vise 10 millions d'emplois nouveaux cette année, ce qui suppose selon i Keqiang une croissance d'au moins 7,2%.

Dans son discours jeudi, le chef du gouvernement a également relativisé les risques liés aux dettes des entreprises chinoises, moins d'une semaine après le premier défaut d'un emprunteur privé sur une émission obligataire. (Full Story)

"Nous sommes réticents à observer des défauts sur des produits financiers mais certains cas sont difficiles à éviter", a-t-il dit. "Nous devons améliorer la supervision et résoudre les problèmes de manière ordonnée pour éviter tout risque systémique et régional.

(Rédaction de Pékin, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)

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